PERMACULTURE FAMILY  —   SOIGNER LA TERRE SOIGNER LES HOMMES
#14# EQUATEUR, Quito et les Andes

#14# EQUATEUR, Quito et les Andes

Le 07 février 2019

#14# EQUATEUR, Quito et les Andes

Le 27 janvier, nous quittons le Costa Rica par la capitale San José. Le premier vol nous emporte à Panama City, juste le temps d’admirer le canal de Panama depuis le hublot puis l’impressionnante série de gratte-ciels de la capitale du Panama.

Quito, la capitale de l’Equateur
Bienvenue en Amérique du Sud !!! C’est le choc des températures, ici c’est l’hiver : 15°C de moins qu’au Costa Rica. On passe d’un pays à l’autre et en quelques heures on change de saison. C’est aussi l’altitude! Quito est perchée à 2800 mètres : un peu mal à la tête les premiers jours et du mal à respirer, après on s’habitue 😊.

Nous sommes accueillis à l’aéroport par le collègue de Stéphane, Nicolas, également Agronome, basé à Quito et qui travaille aussi pour la Scop Ethiquable. Merci à Nicolas, sa femme Renata, et leurs deux filles Amélia et Manuela pour leur accueil durant une semaine dans leur grande maison au milieu de la forêt d’eucalyptus sans oublier botas, le petit chat aux pattes blanches !!!! Louis et Esteban vont beaucoup jouer avec Manuela qui est du même âge. Il est important pour nos fils de rencontrer des enfants pendant notre tour du monde et de tisser des liens d’amitié, ce qui fût le cas avec Manuela.

Nous avons décidé de dédier notre séjour à Quito à la culture. Nous visitons tout d’abord le magnifique centre historique : Plaza Grande, le Centro Cultural Metropolitano, Plaza San Fransisco, la Cathédrale de Quito,…vestiges de la colonisation !

Musée Guayasamín : le plus célèbre peintre d’Equateur

Nous découvrons avec émotion l’un des plus grands peintres et artistes équatoriens Oswaldo Guayasamín (1919-1999). C’est dans la fondation, son ancienne demeure, qu’une partie de ses œuvres sont exposées. Guayasamín a milité contre la violence et pour la paix. Il condamne les régimes totalitaristes qui ont massacré leur peuple. Ses toiles expressionnistes montrent la souffrance humaine sous des traits appuyés et amplifiés. Les mains sont bien présentes dans ses peintures : elles traduisent la douleur endurée par le peuple équatorien ainsi que la révolte. Ses œuvres dénoncent la situation déplorable des peuples indigènes d’Amérique du Sud ! Ses tableaux sont une lutte poignante contre le racisme. Un des plus imposants travaux de l’artiste est la série de peintures dédiées aux mains, intitulée « Las Manos » qui fait partie de la collection « La edad de la Ira » (l’Age de la colère). « Douze peintures à l’huile représentent des portraits torturés où les mains, longues, sont dessinées pour représenter un sentiment bien précis comme la terreur, le silence, la protestation ou la prière. » extrait du site de l’Unesco.
Chacun de nous a ressenti une vive émotion en parcourant les salles du musée. Alexa se souvient d’une phrase écrite par le peintre dont la traduction ceci: « Je pleurais parce que je n’avais pas de chaussures jusqu’à ce que je rencontre un enfant qui n’avait pas de pieds ».
Guayasamín est décédé le 10 mars 1999, et comme un hommage à son travail, à ses recherches pour la sauvegarde du patrimoine de son pays, et pour le remercier de l’amour qu’il portait aux autres, le peuple indien se mit en grève et tout le monde pris conscience que le pays venait de perdre un grand homme.
Quelques jours plus tard, notre choix se porte sur le musée des arts précolombiens Casa del Alabado. Pourquoi ? Il est important de noter que l’Amérique existait avant Christophe Colomb ! Ce navigateur a découvert ce continent aux yeux des Européens. Des peuples (les indiens) y vivaient en paix avec leur culture, leur croyance, leur artisanat, avant d’être massacrés. Ce musée de l’art précolombien est une reconnaissance de l’œuvre des indiens. Louis et Esteban ont bien compris le message du musée : la culture et l’art de ces peuples regorgent de richesses, de beauté, de magie et elles ont toute légitimité à être exposée aux yeux du public !

Apuela, Intag Café

Nous partons 2 jours dans le petit village d’Apuela au Nord de Quito pour rendre visite aux producteurs de café de Intag Café. Cette coopérative est déjà bien avancée dans la maitrise des biofertilisants à base des microorganismes de montagnes (MM) que nous avons rencontrés dans tous les pays d’Amérique Centrale ! Les résultats sont très satisfaisants puisque les rendements sont en constante augmentation suite à l’utilisation des précieuses potions magiques 😊. Comme d’habitude, la visite se termine par une dégustation de café : après la chemex, cette fois-ci, c’est le siphon japonais ! Sous l’œil ébahi des enfants, le catador prépare la mixture avec le matériel spécifique venu du Japon. Impressionnant ! Un pur délice 😉.

Mitad del Mundo / la moitié du monde

La mitad del mundo marque la fin de notre séjour à Quito. Il s’agit du célèbre monument construit à 13 km de Quito qui matérialise la ligne imaginaire de l’équateur. Ainsi, nous avons pu mettre un pied dans chaque hémisphère en se plaçant sur la grande ligne jaune qui traverse tout le site.
Quito n’est pas la seule ville au monde traversée par la ligne de l’équateur, mais elle en est l’exemple le plus célèbre. Le site a été précisément construit sur le site historique où la première mission géodésique française calcula la position de la ligne en 1736. Pour information, les nouvelles technologies ont permis de situer la ligne de l’équateur de façon plus précise à 240 mètres au nord de la ligne actuelle, mais le monument est unique et nous avons passé un moment magique ! A son sommet : vue panoramique sur la région avec, de part et d’autre, les hémisphères nord et sud de la planète bleue.
Dans le bâtiment principal, les enfants ont découvert la série d’expériences ainsi que le musée d’ethnographie. Ils ont appris davantage sur l’histoire des peuples indigènes de la région et la colonisation du pays, thème important de notre voyage !! Louis et Esteban vivent l’Histoire de l’Amérique Latine. En parcourant les musées, ils apprennent tellement, chaque jour un peu plus ! C’est une expérience unique, nous le savons. Ainsi avec eux, nous avons médité devant le petit sépulcre commémoratif érigé en l’honneur des soldats équatoriens qui ont perdu la vie durant la guerre.
Cette dernière sortie à la capitale est l’occasion pour nous de remercier Nicolas pour son investissement et pour l’intérêt qu’il a porté à notre projet ! Cette halte à Quito nous a permis de nous ressourcer dans une vraie maison au calme, loin de l’agitation des bus, des hôtels, des avions, de se cultiver, échanger, écrire, bien manger et travailler la scolarité avec nos fils. Merci à Nicolas et à sa famille d’avoir pris le temps.

Otavalo, le plus grand marché d’Equateur

Otavalo est une petite ville coloniale à 1 heure au Nord de Quito à 2500 mètres d’altitude, situé sur la route la moins en altitude de cette partie des Andes permettant une communication plus facile entre la côte pacifique et l’Amazonie. Otavalo, c’est aussi le nom d’un des peuples indigènes d’Equateur appartement à la nationalité Quechua. L’économie des Otavalenos repose sur le commerce des produits artisanaux, la musique et le tourisme. Nous avons visité la ville et plus particulièrement la plaza de los ponchos qui est le plus grand marché d’Equateur. Traditionnellement, tous les producteurs des environs se réunissaient sur cette place pour échanger leurs biens et plus que tout, les habits tissés dont les célèbres ponchos ! De nombreux ateliers artisanaux ainsi que de petites usines produisent des vêtements qu’ils exportent partout dans le monde. Les Otavalenos sont passées maitre dans l’art.

San Fransisco de Cunuhuachay !

Mais d’où peut bien sortir ce nom ? c’est un très petit village à 20 minutes de la ville de Riobamba situé au milieu de la cordillère des Andes à 6h de bus au Sud de Quito. Nous passerons 3 jours dans une maison communautaire Ahuana créé par le père français Pierrick il y a 30 ans. Nous dormons dans des petites chaumières bien aménagées mais sans isolation et sans chauffage. Avec une température de 5°C la nuit, les 3 couvertures sont les bienvenues 😊. C’est aussi l’occasion de rencontrer les habitants sur la route accompagnés de leurs troupeaux de lamas, ânes, moutons et vaches ! A la nuit tombante, la communauté se réunie pour manger tous ensemble le bon repas chaud préparée par Lucy qui habite le village. La soirée se termine par des parties de Uno autour du feu dans le salon où toutes les générations sont réunies !

Nous aurons l’occasion de déguster le succulent plat typique : le cuy autrement dit le cochon d’inde grillé ! Mummmm, les enfants ont été assez surpris au début surtout lorsqu’ils ont vu les bêtes rôtir à la broche devant le restaurant 😊. Ça change du poulet mais bon le succès n’est pas vraiment au rendez-vous. C’est Papa et Maman qui finiront l’animal sauf la tête évidemment 😊.

Le paysage est magnifique pour réaliser les photos des garçons en action. Quelle joie de vivre, pour le bonheur de tous 😊.

Ascencion du volcan Chimborazo (6263 m), le sommet le plus proche du soleil

Depuis San Fransisco de Cunuhuachay, un taxi nous emmène au pied du plus haut sommet d’Equateur, le volcan éteint du Chimborazo qui culmine à 6263 mètres d’altitude. C’est aussi le somment le plus proche du soleil de par la forme ellipsoïde de la Terre (…). Papa Chimborazo, c’est ainsi que les Quechuas surnommaient le volcan. Toute une mythologie entoure les volcans équatoriens, et le Chimborazo est le plus vénérable de tous. Nos hôtes nous expliquent d’ailleurs très sérieusement que le volcan mérite un profond respect et qu’il faut se montrer respectueux de sa force et de sa suprématie sur ses flancs ! De notre petite auberge, nous l’apercevons à peine tant il y a de brouillard ! Allons-nous parvenir à l’approcher ? Le froid est saisissant alors nous hésitons ! Les résidents de l’auberge nous déconseillent l’ascension : « Il fait bien trop froid, la pluie est glacée, et il a même neigé hier, la vue ne sera pas dégagée ! »

Le lendemain 😊, le taxi nous dépose à l’entrée du parc national, à 4100m d’altitude et là le miracle se produit, le temps est dégagé, le ciel est bleu et on aperçoit même les neiges éternelles tout en haut du volcan, la chance serait-elle de notre côté 😉. Nous peinons déjà à respirer, mais nous sommes bien décidés alors nous nous élançons !
Nous entamons l’ascension du Chimborazo, très lentement. À cette altitude, la plus haute de toutes nos randonnées en famille, la pente douce nous semble insurmontable. Pourtant nous avançons facilement, mais notre cœur s’emballe et nos poumons tournent à plein régime. Emmitouflés sous nos 6 couches de vêtements, nous avons l’impression de nous déconnecter de la réalité ! Le paysage est lunaire, sublime… à couper le souffle ! Tels des explorateurs, nous foulons une autre planète. Premier pallier 5000 mètres, on s’arrête, la pause s’avère nécessaire pour tous les marcheurs. Chacun reprend son souffle, s’assoit et finalement repart ! Nous voilà tous à 5100 mètres autour de la laguna Condor Cocha: exploit réussi 😊!

Le froid est saisissant maintenant, Estéban, Louis et Alexa préfèrent redescendre au pas de course dans la brume qui s’abat sur le petit chemin de randonnée. Quant à Stéphane, il poursuit plus haut une bonne demi-heure pour tenter de toucher la neige à 5500 mètres. Inquiets, nous l’attendons en bas au refuge plus d’une heure… Soudain, nous l’apercevons, il nous a ramené un cadeau : un peu de neiges éternelles, juste de quoi faire une bataille de neige qu’Estéban n’avait pas pu réaliser depuis 4 ans lorsque nous vivions à Madagascar 😊!

Visite des producteurs de quinoa : coopérative COPROBICH

A quelques kilomètres du Chimborazo, nous rencontrons les producteurs de quinoa de la coopérative COPROBICH qui vend une partie de son quinoa certifié biologique et commerce équitable SPP à la Scop Ethiquable où travaille Stéphane. Nous sommes bien accueillis par l’équipe notamment par Manuel, le président et Daniel, le gérant commercial.

Nous avons d’abord visité l’usine qui réceptionne le quinoa des producteurs, le lave à l’eau puis le sèche, le tri dans différentes machines avant de l’emballer dans les boîtes en carton étiquetées à la marque Ethiquable. Les enfants sont impressionnés de voir ce produit fabriqué entièrement ici au fin fond de l’Equateur puis de le voir resurgir dans les rayons des supermarchés en France !!! Ensuite, on passe à la séance vidéo et photos pour le label de commerce équitable SPP (Simbolo Pequenos Productores ou Symbole Producteur Paysan) avec les deux Manuels et Fransisca avec qui nous avons bien rigolé 😊.

La suite dans le prochain épisode de la Permaculture Family en Amazonie…
N’hésitez pas à laisser vos commentaires,
Saludos

La Permaculture Family

VIDEO COSTA RICA # FINCA TIERRA, ferme 100% autosuffisante et design, Puerto Viejo, Jungle Caraïbes

VIDEO COSTA RICA # FINCA TIERRA, ferme 100% autosuffisante et design, Puerto Viejo, Jungle Caraïbes

Hola

Comme promis, voici la VIDEO de FINCA TIERRA, une ferme permaculturelle, 100% autosuffisante située dans la jungle des Caraïbes près de Puerto Viejo au Costa Rica. Stéphane (Permaculture Family) y a passé 15 jours pour obtenir le Permaculture Design Certificate (PDC) basé sur le cours de 72 heures de théorie et de pratique imaginé par le père fondateur de la permaculture, l’Australien Bill Mollison (1928-2016).

En 2007, le jeune couple Ian Macaulay (USA) et Ana Gaspar (Costaricienne) achètent un ancien pâturage de vaches en pleine jungle. Dans un premier temps, ils construisent des bungalows pour accueillir les touristes. En parallèle, ils plantent des centaines d’arbres, d’arbustes, de plantes et de racines sur des lignes de niveau car le site est très vallonné. Si l’accueil des touristes constitue un revenu certain, là n’est pas vraiment le fondement du jeune couple qui souhaite désormais partager leur expérience avec un public plus averti et passionné comme eux.

Dans cette vidéo, Ian, le fondateur de Finca Tierra il y a 10 ans, nous raconte pourquoi il a mis en place son site permaculturel dans la jungle, quelles activités sont désormais dispensées et quelles sont les pistes de développement pour le futur de la ferme.

Merci à tous les élèves venus des 4 coins du globe pour leur participation à la session PDC de janvier 2019.

Bon visionnage.
N’hésitez pas à partager et à laisser un commentaire.
La Permaculture Family.

La Gazette Centre Morbihan : le rendez-vous mensuel des aventures de la Permaculture Family – le COSTA RICA

La Gazette Centre Morbihan : le rendez-vous mensuel des aventures de la Permaculture Family – le COSTA RICA

Holà,
Le rendez-vous mensuel des aventures de la Permaculture Family dans La Gazette du Centre Morbihan (01.02.19).
Retour sur notre passage au Costa Rica en décembre 18 et janvier 19, des moments forts en émotions !

Hasta pronto,
La Permaculture Family

#13# COSTA RICA, de la péninsule de Nicoya à la jungle des Caraïbes

#13# COSTA RICA, de la péninsule de Nicoya à la jungle des Caraïbes

Le 27 janvier 2019

#13# COSTA RICA, de la péninsule de Nicoya à la jungle des Caraïbes

Nouvel an à Samara
Feliz año nuevo à todos y a todas ¡ Nous avons fêté le passage de la nouvelle année avec nos nouveaux amis de Samara et Louis et Esteban avec leurs nouveaux camarades de la P’tite Ecole. Après la soirée chez Amanda et Ridley, nous nous sommes tous dirigés vers la plage de Samara pour le décompte final !

Sortie dauphins, baleines, tortues
Pour bien démarrer l’année 2019, nous avons organisé une sortie en mer à plusieurs familles avec tous les enfants. Durant la première demi-heure, rien à l’horizon ! Les enfants s’impatientent puis de l’eau jaillit à bâbord ! C’est le souffle d’une baleine à bosse ! On s’approche doucement pour observer le spectacle, puis c’est au tour des dauphins qui sautent à la proue du bateau. Les cris de joie se propagent dans toute la baie. Nous aurons aussi la chance d’observer des accouplements de tortues en pleine mer, des raies, des poissons volants et de nombreux pélicans en pleine séance de pêche. Avant de rejoindre la plage, une baignade en pleine mer avec masque et tuba nous a bien rafraichi 😊. Une très belle sortie donc où les enfants (et les adultes !) ont en eu plein les yeux 😊.

San José, la capitale et la vallée centrale
Durant notre séjour à Samara, nous avons rencontré beaucoup de personnages très intéressants ! C’est le cas de Thomas, un tico descendant allemand, de sa femme tica descendante chinoise et de leurs deux enfants métisses. La famille est en vacances de passage à Samara. En discutant, Thomas me raconte les expérimentations qu’il réalise depuis 15 ans dans sa finca à Cerro de la muerte (le pic de la mort), un sommet à 2500 mètres d’altitude à 1 heure au Sud de la capitale San José. Encore un permaculteur malgré lui !
Ni une ni deux, Stéphane y passera deux jours pour visiter le site 100% autonome qui comporte de nombreuses installations autour de l’élevage de génisses (de 3 à 22 mois) et de chèvres : un biodigesteur (à partir des excréments des animaux) qui produit du gaz transformé en électricité, un lombricompost à partir des résidus du biodigesteur qui produit du terreau de haute qualité vendu dans les jardineries à la capitale ainsi qu’une fabrique de biofertilisants à partir des microorganismes de montagne (MM). Thomas s’est aussi lancé dans l’hydroponie : dans un container fermé, il fait germer des graines d’avoine qui composeront la ration alimentaire des animaux. En 11 jours, 1 tonne de graines sèches donne 7 tonnes de graines germées ! Thomas souhaite désormais ouvrir son site au tourisme pour faire partager son expérience ainsi que le site de 50 ha de forêts pluri centenaires où on peut observer 75% des espèces d’oiseaux du pays.

Finca Tierra : une ferme permaculturelle dans la jungle des Caraïbes
Pendant que Alexa travaille à la P’tite Ecole et que les enfants approfondissent leurs connaissances, Stéphane passera 2 semaines près de Puerto Viejo sur la côte Caraïbes de l’autre côté du pays, à 10h de bus de Samara.

C’est là qu’est située Finca Tierra, un site permaculturelle 100% autosuffisant à 4 km du village de Puerto Viejo. En 2007, le jeune couple Ian (USA) et Ana (Costaricienne) achètent un ancien pâturage de vaches en pleine jungle. Dans un premier temps, ils construisent des bungalows pour accueillir les touristes. En parallèle, ils plantent des centaines d’arbres, d’arbustes, de plantes et de racines sur des lignes de niveau car le site est très vallonné. Si l’accueil des touristes constitue un revenu certain, là n’est pas vraiment le fondement du jeune couple qui souhaite désormais partager leur expérience avec un public plus averti et passionné comme eux. Aussi depuis 2014, Ian et Ana dispensent le Permaculture Design Course autrement dit le cours international de 72 heures de théorie et de pratique imaginé par le père fondateur de la permaculture, l’Australien Bill Mollison (1928-2016). C’est dans ce cadre que Stéphane abordera le concept de design en permaculture avec un groupe de jeunes gens (entre 20 et 40 ans 😊) venus des USA, d’Angleterre et de Belgique.

Stéphane et ses compagnons passeront 15 jours en immersion au cœur de la jungle. Ils dorment sous une simple moustiquaire sur une plateforme en bambou protégée d’un toit pour la rosée du matin. Personne de dort vraiment la première nuit car les bruits des animaux de la jungle sont surprenants : singes hurleurs, toucans, agoutis, criquets et insectes en tout genre et peut être même le fameux jaguar 😉.

Les installations parfois expérimentales sont nombreuses : panneaux solaires, récupération et filtration de l’eau de pluie (2500 mm/an !), biodigesteur pour les toilettes humides, eau de la douche chauffée par un serpentin enroulé dans un bac à compost de feuille dont la température peut monter à 40°C ! Le site dispose de nombreuses bandes potagères (tomates, manioc, courge, hibiscus, patates douces,…), d’arbustes à feuilles et fleurs mangeables comme le moringa, de bananes et de nombreuses espèces aux vertus intéressantes. Des bassins de pisciculture autoalimentés fournissent du poisson chaque semaine. Différents essais de compost sont réalisés en bac ou en fût de 200 litres avec production de larves de mouche que l’on mangera au déjeuner plus tard. Un repas ultra protéiné, mum ! Enfin, le séchoir solaire permet de déshydrater les fruits et légumes coupés en tranche.

Les activités à Finca Tierra
Durant les 2 semaines, outre les cours théoriques du matin, les activités physiques sont nombreuses : aménagement d’un bas fond et d’une mini digue à la pelle, atelier marcottage des citronniers, début de construction d’un bungalow en bambou avec les techniques anciennes, défrichage de parcelles à la machette, aération de la terre à la bèche avant la plantation de moringa, de patates douces et de manioc.

Nous avons aussi passé une journée chez Jony, un indien bri-bri, qui nous a fait découvrir les plantes médicinales et leurs vertus. A plus de 70 ans, cet homme nous a fait partager sa passion pour la forêt dont il est le gardien. C’est une mine de connaissances impressionnantes sur les écosystèmes de la jungle au Costa Rica.

Nous avons participé à un atelier transformation des produits de la ferme : élaboration de rhum, de vins, d’huile essentielle de citronnelle, de savons à base d’huile de coco, de crème pour devenir 100% autonome et maitriser totalement les recettes, sans additif ni conservateur 😊.

Nous passerons les deux derniers jours à « designer » (dessiner) un périmètre réel de 100 mètres par 100 mètres dans une pente sur le site. L’exercice consiste à placer sur une feuille de dessin tous les éléments judicieusement en fonction des pentes, de l’orientation du soleil, des interactions entre les plantes, etc : habitat, atelier, arbres, jardin potager, activités. Suite à une présentation individuelle, nous avons tous reçu notre certificat de « Permaculture Design Course » ! Nous avons fêter cette victoire autour du vin de canne à sucre fait maison 😊.

La Permaculture chez Finca Tierra, c’est aussi bien manger !
Chaque jour, Grizella nous prépare de bons petits plats à base de feuilles, racines, fruits et légumes produits sur la ferme. Au petit déjeuner c’est salade d’ananas, papaye et pastèque avec yaourt de chèvre, graine de chia, pollen et fèves de cacao torréfiées. Au déjeuner c’est salade de feuilles de moringa, d’épinards brésiliens, de physalis, mures sauvages, noix de cajou avec des chips de manioc, taro et patates douces. Au diner, c’est purée de haricot rouge, beignet de banane plantain et empanadas de poulets aux champignons. Un réel délice !
Pour plus d’infos, https://fincatierra.com/

Fin de séjour à Samara
Nous passerons les 3 dernière semaines à Samara dans un cabanon tout près de la plage de Samara. La vie y est très agréable. La cuisine ouverte nous permet de profiter de la magnifique vue sur la mer. Tous les matins, on assiste au lever du soleil avant de courir sur la plage. Le 22 janvier, c’est l’anniversaire de Louis qui le fêtera dignement avec ses camarades de la P’tite Ecole. Le soir, c’est raclette party pour l’occasion, un repas original ici malgré les 35°C permanents !

Alexa termine son expérience à la P’tite Ecole : 6 semaines auprès des enfants qui lui font des dessins comme cadeaux de départ. Beaucoup de jolis souvenirs inoubliables. Merci encore à Marie et Fred pour leur accueil à Samara 😊.

Fin Costa Rica par San José
Avant de quitter le Costa Rica, nous allons embrasser « Mama Tica » qui habite à Heredia dans la banlieue nord de la capitale San José. Un moment plein d’émotion notamment pour Stéphane qui avait logé chez elle en 2004 lors de son stage pendant ses études d’agronomie. Puis nous passons notre dernière nuit chez Emilie, Peter et leurs deux enfants. Stéphane et Emilie avait travaillé ensemble en 2004 en Allemagne. Désormais, installée à San José depuis 10 ans, elle travaille pour un bureau d’étude qui évalue les revenus des petits producteurs en Amérique Latine.

La suite dans le prochain épisode de la Permaculture Family

Saludos

La Permaculture Family

VIDEO COSTA RICA # La P’tite Ecole, éducation alternative & homeschooling, Sámara, NICOYA

VIDEO COSTA RICA # La P’tite Ecole, éducation alternative & homeschooling, Sámara, NICOYA

Hola,
Voila la vidéo tant attendue des activités de la P’tite Ecole de Sámara (péninsule de Nicoya) au Costa Rica créée en 2017 par Marie Manquillet, la cousine d’Alexa. Nous avons passé 7 semaines dans cette école alternative pas comme les autres. Louis et Estéban ont beaucoup apprécié la compagnie des 14 élèves de 6 nationalités différentes. A l’aise dans les 3 langues (Français, Anglais et Espagnol), les enfants s’épanouissent à travers les méthodes douces inspirées de Maria Montessori. Alexa a eu le privilège de travailler les cours de Français, Mathématiques et Histoire pendant 6 semaines. Une excellente expérience pour tous 🙂

Bon visionnage.
N’hésitez pas à partager et à laisser un commentaire.

La Permaculture Family.

#12# COSTA RICA, éducation alternative et conservation de la nature

#12# COSTA RICA, éducation alternative et conservation de la nature

Le 30 décembre 2018

#12# COSTA RICA, éducation alternative et conservation de la nature

Dimanche matin, nous passons la frontière Nicaragua – Costa Rica à Penas Blancas sans encombre malgré un passage au scanner de tous nos bagages…Oufff. Passés le poste frontière, nous sommes à la recherche de la famille française qui est venue nous récupérer pour continuer la suite de nos aventures. Rapidement nous identifions Greg, le papa permaculteur, Amandine, la maman bio énergéticienne et Iliana leur fille. Cinq heures de route dans la péninsule de Nicoya et nous voilà enfin arrivés dans la petite ville de Samara.

La P’tite école : une éducation pas comme les autres
C’est ici que Marie, la cousine d’Alexa, s’est installée avec son mari Fred et leurs deux enfants Paloma (9 ans) et Tiago (6 ans) depuis 2 ans. Elle a mis sur pied une école alternative inspirée Montessori et accueille 14 enfants de 6 à 14 ans de 6 nationalités différentes (Français, Canadien, Italien, Américain, Allemand, Russe) depuis septembre 2017. De multiples intervenants travaillent dans un univers cosmopolite où on alterne entre l’Espagnol, le Français et l’Anglais.

Passée la joie des retrouvailles (cela faisait 4 ans qu’Alexa n’avait pas vu sa cousine), nous visitons le projet. L’école est située à l’avant de la maison privé de Marie. La cour de récréation est dans le jardin. Au Costa Rica, c’est ce que l’on appelle une homeschooling, une école à dimension humaine, un peu comme une maison de poupée : petites tables et tabourets en bois de couleurs douces et chaudes, coussins, jeux inspirés de la pédagogie Montessori et des livres, des livres, des livres et puis surtout, il y a cette jolie phrase pleine d’empathie et d’espoir écrite en grand sur le mur : « Tout le monde peut réussir ». On le ressent tout de suite, dans cette école les élèves se sentent bien ! La pédagogie est basée sur les observations et les découvertes de Maria Montessori, médecin et pédagogue italienne, fin 19ème / début 20éme siècle. Elle a notamment découvert que si les enfants évoluent dans un environnement spécialement adapté, ils sont plus concentrés et ont un meilleur contrôle d’eux-mêmes. C’est le résultat d’observations d’enfants de milieux culturels variés, qui a permis à Maria Montessori de conclure que tous les enfants sont pourvus de capacités universelles leur permettant d’acquérir des connaissances.

Le lundi matin à 8H, nous regardons arriver les élèves de la P’tite Ecole. Bien évidemment, Estéban et Louis intègrent la classe de 14 enfants multi-niveaux de la grande section de maternelle jusqu’à la cinquième. Alexa observe Marie circuler d’un groupe à l’autre. Les plus petits de CP et CE1 apprennent à travailler seuls. Ils peuvent être soutenus par les élèves de CE2 ou CM1. Ils ont un plan de travail à suivre dans la semaine. Alexa observe avec quelle facilité ils s’organisent pour travailler seul. Ils savent aussi solliciter la maitresse lorsqu’ils rencontrent une difficulté. Leur capacité à se montrer mature et indépendant est considérablement stimulée. Force est de constater que cela fonctionne: ils lisent bien, ils écrivent et semblent à l’aise avec les chiffres ! La clef de l’école c’est : « Aide moi à faire seul ».

La maitresse n’utilise pas de notes pour évaluer les compétences des élèves et nous validons ! En effet, il est maintenant su que l’évaluation d’un élève via les notes peut être douloureuse voire humiliante. Ainsi Marie utilise un carnet sur lequel elle écrit chaque jour ce que chaque enfant a fait : les lacunes, les progrès, les forces, les difficultés y sont consignés : « les notes ne me servent pas, autant utiliser les mots, autant communiquer avec l’enfant ». Dans certaines écoles, les enfants sont soumis aux jugements du système scolaire. Nous le savons, des réflexions du type « vous avez 4/20, vous êtes nul » ne permettent pas toujours à l’enfant de progresser. Bien au contraire ce type de parole fige la difficulté. L’enfant va se voir comme un « mauvais ». Jugé négativement, il ne parvient pas forcément à progresser. L’institution scolaire favorise souvent la compétition entre élèves. Nous pensons que cela n’est pas nécessaire. A notre sens, la première vocation de l’école est de pas abimer le désir d’apprendre. La P’tite Ecole de Samara repose sur ce principe fondamental selon lequel l’enfant a en lui le désir d’apprendre. Mais Marie prend garde à ne pas remplir l’enfant de connaissances. A la P’tite Ecole, le savoir est distillé tel une douce infusion dans laquelle le rythme de l’enfant est respecté car nous le savons chaque enfant est unique. Nous avons vu nos fils progresser de façon considérable. La bienveillance de leur maitresse et son observation attentive a permis de dépasser leur difficulté. Louis est bien moins timide et Estéban arrive à se concentrer plus longtemps. Les cours de Yoga y sont sûrement pour quelque chose !

Du yoga pour les enfants ? Pour quoi faire ? peut-être parce que cela permet aux enfants de mieux respirer, la professeure nous explique que cela stimule la mémoire. Et nous constatons en effet que lorsque les enfants sortent de leur leçon, ils sont sereins, calmes, apaisés. Pour Marie, l’objectif principal de cette année est de développer la confiance en soi, la sécurité affective. Durant les leçons, les enfants travaillent la coordination des mouvements et à mieux gérer leur corps. J’assiste à une séance et les résultats sont incroyables, les enfants les plus agités deviennent calmes et attentifs. Le cours de mathématique qui suit n’en est que plus fructueux, non ? Le moment yoga a lieu deux fois par semaine, c’est un moment de détente, d’évacuation des tensions et de jeux au sein desquels les enfants apprennent à prendre la parole et à s’exprimer correctement. Bien évidemment, les postures physiques sont travaillées, l’enfant apprend à se tenir droit et à préserver sa colonne vertébrale. Certains parents constatent que depuis le début des cours, leur enfant dort mieux. Et nous le savons tous, moins stressés, moins fatigués, les enfants apprennent mieux !

C’est la fin de l’année, la veille des vacances a lieu le fameux spectacle qui a été méticuleusement travaillé par Marie et plusieurs intervenants comme Maxime, intermittent du spectacle français qui accompagne les enfants sur l’air de « Le lion est mort ce soir,…dans la jungle,…lalalalalala ». Tous les parents sont très fiers de leurs enfants.

Bientôt la vidéo de la « P’tite Ecole de Samara » en ligne dans les prochains jours

Chaque jeudi, une activité en plein air est prévue pour éveiller les enfants. Cette semaine, c’est la sortie « Tortue » située au refuge de conservation des tortues marines de la plage de Buena Vista à 5 minutes de l’école. Les enfants sont déjà venus il y a 45 jours pour déposer les œufs de tortues dans la nursery. Aujourd’hui c’est le grand jour puisque les bébés tortus viennent de sortir de leur œuf. Tout le monde est impatient de les libérer. Il est 6h30 du matin, les rayons du soleil commencent déjà à chauffer, il est temps de mettre en place le protocole de mise à l’eau des bébés tortues. Sous l’œil attentif du ranger costaricien et de Pauline, la volontaire française, les enfants assistent ébahis au lâcher des bébés tortues olivâtres. Pauline les dépose délicatement sur le sable à environ 10 mètres de l’eau, distance qu’elles devront parcourir seules pour qu’elles puissent s’en rappeler lorsqu’elles reviendront pondre à leur tour à l’âge adulte dans 20 ans sur cette même plage !!! C’est fou, non ? Les plus dynamiques rejoignent la mer en 1 minute, d’autres désorientés s’éloignent du corridor humain réalisé par les enfants. Il faut donc parfois les replacer sur la bonne voie 😉, les plus fatigués mettront plus de 15 minutes à atteindre la première vague. Tous les enfants les encouragent jusqu’à la dernière !
Pauline nous explique l’intérêt du programme de conservation qui à débuter ici il y a 5 ans. Le travail des volontaires est de récupérer les œufs des tortues en patrouillant chaque nuit sur la plage, de les ramener au camp de base et de planter les nids (environ 100 œufs par tortue !) dans le sable dans la nursery pour les protéger de tous les prédateurs : ratons laveurs, rapaces, crabes et surtout les hommes qui pillent les œufs (malgré l’interdiction en vigueur) pour les revendant 1 euro l’unité !
Environ 500 tortues adultes viennent pondre sur cette plage chaque année entre octobre et janvier. Le programme a démontré que le taux de survie à l’âge adulte des tortues olivâtres est ainsi passé de 1% à 5%. Bravo aux volontaires !

Bientôt la vidéo de la « Sortie Tortue de la P’tite Ecole » en ligne dans les prochains jours uniquement sur Instagram (permaculture_family)

Prolongation de notre séjour au Costa Rica : le malheur de l’un fait le bonheur de l’autre 🙂
Nous avions prévu de rester 2 semaines à la P’tite Ecole. Mais très vite nos plans ont changé pour deux raisons :

La première, c’est que deux jours après notre arrivée, Esteban s’est cassé le bras gauche (double fracture, aïe aïe aïe) en tombant de la cabane sur pilotis du jardin…heureusement, Fred, le mari de Marie, nous a emmené rapidement en voiture aux urgences de l’hôpital de Nicoya à 40 minutes. Très efficace et compétent, le personnel soignant s’est bien occupé d’Esteban. Une fois la pose de plâtre en plâtre (1kg, c’est lourd!), les larmes ont cessé. Bravo à Esteban qui a été très courageux pour cette dure épreuve ! Il faut désormais attendre 1 mois que les os se resoudent. Une pause s’impose donc !

La deuxième raison est que Marie est à la recherche d’une nouvelle maitresse pour faire face à l’augmentation des activités et la professeure de français vient de démissionner au moment de notre arrivée. Marie propose à Alexa d’assurer le remplacement, ce qu’elle accepte !  Elle sera chargée de mener les cours de Français, Mathématiques et Histoire pendant 6 semaines jusqu’au 25 janvier.

La vie à Samara : rencontres et life style
Samara était un paisible village de pêcheur il y a 20 ans. Désormais c’est une petite cité balnéaire de 25 000 personnes qui vit essentiellement des activités touristiques. De nombreux américains et européens ont élu domicile à Samara et sur la côte Pacifique de la péninsule de Nicoya du Costa Rica, une des 5 zones bleues (www.bluezones.com) où l’espérance de vie est la plus élevée au monde avec la Californie, la Grèce, la Sicile et le Japon. C’est l’une des zones les plus agréables à vivre sur la planète 😊 de part le climat tropical sec de bord de mer, la nourriture saine disponible et des infrastructures suffisantes. Dans la petite ville de Samara, le vélo est le moyen de locomotion le plus utilisé par les locaux et les touristes. Partout dans le village, sur les routes et dans les jardins, on observe la vie des animaux sauvages de très près comme les signes hurleurs, les iguanes et certains scorpions. Au Costa Rica, l’interdiction de maltraiter ou tuer des animaux de tout type est formellement interdite, sous peine d’amendes ou d’incarcération…C’est le pays qui protège le plus au monde sa faune et sa flore avec de nombreuses lois et c’est tant mieux !

Entre 8h et 15h, Louis et Esteban combinent les deux programmes scolaires : celui de l’école par correspondance Kerlann et les activités de la P’tite Ecole (sport, jardinage, apprentissage de l’Espagnol et de l’Anglais, Yoga). Après 15h, tout le monde se donne rendez sur la plage pour surfer ou jouer au foot jusqu’au coucher du soleil vers 17h30. C’est aussi là que les enfants fêtent leur anniversaire avec leurs nouveaux amis. Tous les jours, on passe aussi au Bohémia, le café-bar à smoothies que vient de reprendre Fred, le mari de Marie. Stéphane lui donne un coup de main de temps en temps. C’est l’occasion d’apprendre les recettes de ses délicieux breuvages sains qui sont tendance ici : le « wake up » à base de persil, spiruline, citron, gingembre et agave ou le « minty » à base de concombre, menthe, thé vert et ananas…Mumm. C’est meilleur quand c’est sain 😉. On se régale aussi avec le brownie sans gluten à base de haricots rouges (pour remplacer la farine de blé). Le Bohémia est aussi un lieu de détente où se pratique le yoga et la capoeira.

Chaque semaine, on part visiter un site permaculturelle différent : celui du couple de français, Greg et Amandine qui viennent d’acheter une parcelle de 0,6 ha à 3 km à l’intérieur des terres. Greg défriche le terrain qui possède déjà certaines espèces de fruitiers : pamplemoussier, citronniers, avocatiers, manguiers. Il continuera de planter de nouvelles espèces dans les mois qui viendront. Amandine, bio énergéticienne, mesure l’énergie dégagée par les arbres pour aménager l’espace idéal de ses séances de yoga et Tai-chi. Un autre couple suisse, Philippe et Véro prospecte pour un petit terrain vierge près d’une cascade. En permaculture, l’eau est un point clé notamment dans les régions qui subissent une période sèche de 6 mois comme c’est le cas ici dans la péninsule de Guanacaste. L’eau doit être disponible en utilisant le moins possible de mécanisation. Une chute d’eau permanente est donc idéale.

Davina, une américaine, nous fera visiter sa maison ouverte au milieu de la forêt. Une simple plateforme ingénieusement dessinée en bois lui permet de vivre en communion avec la nature : visite des singes hurleurs, des iguanes, des toucans, et aussi des serpents et scorpions de toutes les couleurs ! Enfin, il y a Don Miguel, le Tico (c’est comme ça qu’on appelle les habitants de Costa Rica 😊) chez qui nous allons acheter nos légumes biologiques chaque dimanche matin. Don Miguel est le président de l’association des producteurs biologiques de la région de Nicoya. C’est un réel plaisir de partager ses secrets de permaculteur avec lui. Il produit une quantité impressionnante de légumes et fruits sur à peine 0,5 ha notamment grâce aux micro-organismes de la montagne (MM) qu’il utilise dans tous ces mélanges pour fertiliser la terre, prévenir des maladies et redonner davantage de vie au sol. Une très belle rencontre 😊.

Volcan Arenal : le plus jeune du Costa Rica, 7000 ans !
Nous sortons de Samara pour 5 jours de visite du pays vers l’Est. Petit à petit, nous grimpons en altitude et les températures fléchissent vers 15°C en comparaison des 32°C quotidiens de Samara en hiver ! Soudain le volcan Arenal se présente devant nous, majestueux avec sa couche de nuage matinale. Les activités autour du volcan sont nombreuses : balade en cheval, marche sur les anciennes coulées de laves de la dernière éruption de 2008, baignade dans les eaux thermales. Nous opterons pour la visite du parc Mistico avec des ponts suspendus dans la canopée qui permettent d’observer le fonctionnement des arbres centenaires. Le soir, nous sommes invités chez Aymeric et Maud, des amis de Marie. Aymeric est passionné de palmiers : il en a planté plus de 100 espèces différentes dans son jardin qui surplombe le lac. Nous profitons de la belle vue au coucher du soleil depuis le jacuzzi naturel. Le matin, ce sont les colibris qui viennent s’abreuver juste devant la fenêtre de notre chambre ! Merci à Aymeric et Maud pour leur accueil chaleureux 😊.

Rancho Margot : ferme 100% autonome
Sur les flancs du volcan Arenal, nous rendons visite à Juan Sostheim, le fondateur de Rancho Margot, un domaine de 150 ha principalement de forêts et 5 ha d’espace exploité en ferme permaculturelle. Environ 24 familles ticas et une 50aine de volontaires vivent en permanence sur le site. Le ferme est 100% autonome sur tous les aspects : l’électricité provient d’une roue entrainée par l’eau de la rivière qui alimente une turbine, l’eau potable directement de la rivière et la nourriture du grand jardin potager, des 35 poules, 15 truies élevées en plein air et des 12 vaches qui donnent du lait biologique pour la fabrication du fromage. Il y a aussi un atelier de lombriculture à partir des excréments des vaches et des cochons, un atelier de fabrication de compost à partir de microorganismes de montagne, un atelier fabrication de savon à partir d’huile de cuisson recyclée. Plusieurs piscines naturelles ont été aménagées sur le site à partir de l’eau de la rivière du volcan qui possède des vertus thérapeutiques.
Les enfants posent beaucoup de questions à Carlos, notre guide qui est très fier de la ferme dont la plupart des toits en tuile ont été végétalisés.
Pour aller plus loin : http://www.ranchomargot.com/sustainable-ranch

Noël à Samara
Déjà 3 mois et demi que nous avons quitté la France : pour être tout beau pour Noël, une coupe de cheveux s’impose pour tous 😊, pour la barbe on verra plus tard 😉. C’est avec les parents de l’école que nous passerons le réveillon de Noël chez Marie et Fred dans le jardin. Le 25 au matin, 5h30, le père Noël a déposé des cadeaux en évitant au maximum les jeux composés de plastique pour le plus grand bonheur de Louis, Esteban, Paloma et Tiago.
Spécial cadeau pour Esteban : nous repartons à l’hôpital pour lui retirer son plâtre. Les os ont l’air d’être consolidés. Après quelques heures de rééducation, Esteban reprend très vite son rythme.

La suite dans le prochain épisode de la Permaculture Family

Saludos

La Permaculture Family

La Gazette Centre Morbihan : le rendez-vous mensuel des aventures de la Permaculture Family – le Honduras

La Gazette Centre Morbihan : le rendez-vous mensuel des aventures de la Permaculture Family – le Honduras

Holà,
Le rendez-vous mensuel des aventures de la Permaculture Family dans La Gazette du Centre Morbihan (04.01.19).
Retour sur notre passage au Honduras en novembre dernier, un moment fort en émotions !

Hasta pronto,
La Permaculture Family

#11# NICARAGUA, permaculture versus guerre civile

#11# NICARAGUA, permaculture versus guerre civile

Le 30 novembre 2018

#11# NICARAGUA, permaculture versus guerre civile

C’est avec émotion que nous quittons nos nouveaux amis du Honduras qui nous emmènent à la capitale Tegucigalpa. Ce matin, c’est la compagnie de bus Ticabus qui doit nous conduire à Managua, la capitale du Nicaragua.

Passage de frontière Honduras – Nicaragua
Depuis avril 2018, il est déconseillé aux voyageurs de rentrer au Nicaragua. En effet, le pays est entré en « guerre civile » depuis la réforme des retraites imposée par le Président Daniel Ortega au pouvoir depuis 2006 (3ème mandat!). Des manifestations ont eu lieu depuis plusieurs mois invitant le Président en place à démissionner car la crise est plus profonde et des milliers de nicaraguayens quittent le pays dans l’espoir d’un meilleur avenir aux Etats Unis ou au Costa Rica, le pays voisin. Les journalistes internationaux ne sont donc pas les bienvenus en ce moment !
Il nous faut donc une autorisation spéciale préalable pour traverser le pays, ce que nous obtiendrons en remplissant sur internet une semaine à l’avance un questionnaire détaillé sur nos intentions. Arrivés à la frontière, nous descendons du bus avec tous nos documents en règle, tout va bien 😊 jusqu’au passage au scanner de tous les bagages. Rapidement les appareils électroniques sont détectés…à commencer par le drone, puis l’enregistreur dictaphone H4n et même l’appareil photo…la douanière confisque tout le matériel. Commence alors l’interrogatoire dans une autre pièce ☹. Les agents commencent par tout ouvrir et récupérer toutes les références des appareils pendant 30 minutes…un peu stressant puis la douanière ne sait pas trop quoi penser…un journaliste qui voyage avec sa famille, ce n’est pas courant ?!? Stéphane joue donc la carte de la famille et explique le projet de la Permaculture Family pendant quelques minutes afin de récupérer tout le matériel, ce qui s’avèrera payant une heure plus tard ! Le chauffeur du Ticabus est très fâché car on a 1h30 de retard, les autres voyageurs sont également un peu agacés mais nous, nous sommes heureux de pouvoir continuer le voyage avec notre matériel essentiel au projet 😊!

De Managua la capitale, à Granada la coloniale
Ticabus nous dépose à la nuit tombante dans un quartier en périphérie de Managua. Le quartier paraît tranquille. Les rues sont désertes. Nous passerons la nuit chez une dame qui tient deux petites chambres. Elle nous raconte que depuis avril les touristes se font rares et la situation est difficile pour elle mais aussi pour les Nicaraguayens qui pâtissent du blocage du pays pour une issue incertaine…
Le lendemain, direction la ville coloniale de Granada plus au Sud sur le lac Nicaragua, un des plus grands lacs du monde avec 8264 km carré. Les touristes se font également rares même dans la rue principale où pourtant tous les bars restaurants et magasins restent ouverts. On en profite pour découvrir cette jolie ville à commencer par le musée du chocolat avec le Nicatella (inspiré d’une pâte à tartiner d’une multinationale) dans la même ligne que le Guatella que nous avions découvert à Antigua au Guatemala. Les noisettes sont remplacées par des arachides, le % de sucre divisé par 3 et sans huile de palme 😉 Mum c’est meilleur quand c’est sain, non ?
On visite les nombreuses églises dont la Iglesia de la Guadalupe, la Iglesia La Merced, style baroque, construite en 1781 et la grande cathédrale construite entre 1880 et 1972 qui trône sur la place de l’Indépendance en face du parc central de Granada.
Une petite marche nous conduit sur les bords du lac. De nombreuses calèches cherchent les touristes. On prendra le temps de discuter avec les vendeurs en tout genre de la situation politique du pays. La plupart n’a pas d’illusion. La situation reviendra à la normale dans les prochains mois dans cette nouvelle dictature…
Le lendemain, on part chercher un peu plus d’optimisme !

Ile d’Ometepe et la finca Zopilote en permaculture
Un bus local nous emmène de Granada à Rivas puis jusqu’à l’embarcadère de San Jorge pour l’Ile d’Ometepe qui se trouve au milieu du lac Nicaragua. Nous embarquons sur un vieux ferry avec les voitures, les camions et les animaux. Cet après-midi, le vent souffle beaucoup et la traversée risque d’être agitée. Alexa appréhende car des vieux souvenirs remontent à la surface comme la traversée de 3h de Tamatave à l’île Sainte Marie sur la côte Est de Madagascar où nous habitions encore jusqu’en juillet dernier ! Plus de peur que de mal cette fois-ci ! Ouff. Cheveux au vent, les enfants commentent les changements de couleurs du volcan Concepción qui est l’un des deux volcans constituant l’Ile. Nous profitons d’une baignade dans la piscine naturelle d’eau chaude au pied du volcan. Partout les crèches en plein air fleurissent dans ce pays très croyant à l’approche de Noël.

Zopilote, c’est le nom du site permaculturel que nous avons visité sur l’île. Situé entre les deux volcans, le site dirigé par un Italien accueille depuis 28 ans des bénévoles qui réalisent les aménagements (potagers, mandalas), les constructions (écoconstruction, séchoirs solaires, douches solaires, four à pain/pizza) et les ateliers (yoga, bibliobus). Le site respire la bonne ambiance qui règne entre toutes les nationalités qui sont venues pour apprendre et échanger. A la cantine/restaurant, toute la nourriture est produite et cuisinée sur place. Tout est 100% bio, végétarien et parfois vegan (non issu des animaux et de leur exploitation). Sont bannies de la carte, les boissons sucrées des multinationales (largement répandues et consommées dans le reste du pays, de l’Amérique Latine et malheureusement du monde !) et encourage plutôt la consommation de smoothies (à base de fruits frais, légumes, fruits secs et plantes) et de Kombucha, une boisson acidulée obtenue grâce à une culture symbiotique de bactéries et de levures en milieu sucré avec du thé vert/noir ou de la tisane.
Nous avons beaucoup discuté avec le fondateur ainsi qu’avec certains volontaires. L’expérience fût enrichissante pour tous. Nous quittons l’île d’Ometepe où nous avons passé un séjour inoubliable. Un modèle de vie en harmonie avec la nature loin des grandes exploitations de bovins et des surpâturages du pays.
Pour aller plus loin, https://ometepezopilote.net/

San Juan del Sur
De retour sur la terre ferme, il nous faut à peine 1 heure de transfert pour rejoindre la côte pacifique et entrer dans la petite cité de San Juan del Sur. Stéphane y était passé en 2004. A l’époque ce n’était qu’un petit village de pécheurs avec quelques gargotes sur le sable. Aujourd’hui, c’est une station balnéaire de plus de 30 000 habitants et touristes ! Très surpris par la découverte de la ville, nous descendons du taxi devant la maison de notre futur hôte que nous avons rencontré sur internet via AirBnB. Seul un chien de grande taille monte la garde, a priori nous ne se sommes pas les bienvenus ! Surprenant…puis une dame vient à la grille en parlant espagnol avec un accent reconnaissable. C’est une française ! mais ce n’est pas notre hôte ! Elle loue la maison depuis plusieurs mois et c’est la propriétaire qui n’a pas retirée l’annonce sur internet :-(. Pas de panique ! Carine mobilise le réseau français de la ville et en quelques minutes à peine, nous nous retrouvons un peu plus loin dans un écolodge principalement construit en bambou. A flanc de montagne, la terrasse de la chambre offre une magnifique vue sur la baie de San Juan del Sur, idéale pour avancer sur les cours par correspondance Kerlann de Louis et Esteban. Le tourisme au Nicaragua s’est considérablement développé en à peine 10 ans et San Juan del Sur également. Le prix des terrains a été multiplié par 10, transformant les espaces agricoles en villas de luxe avec piscine à débordement…un milliardaire a même fait construire un christ de 27 mètres de haut au somment de la falaise qui surplombe la baie.

On apprécie un dernier coucher de soleil avant de continuer notre route vers la frontière du Costa Rica à 30 km. Dimanche matin, nous devons retrouver une famille française qui nous récupère à la frontière…
La suite dans le prochain épisode de la Permaculture Family

Saludos

La Permaculture Family

La Gazette Centre Morbihan : le rendez-vous mensuel des aventures de la Permaculture Family – le Mexique

La Gazette Centre Morbihan : le rendez-vous mensuel des aventures de la Permaculture Family – le Mexique

Holà,

Le rendez-vous mensuel des aventures de la Permaculture Family dans La Gazette du Cenre Morbihan (30.11.18). Retour sur notre passage au Mexique en octobre.

Bonne lecture,

Saludos

La Permaculture Family

 

 

VIDEOS HONDURAS # « Not only a good coffee » avec la coopérative COMSA (en 3 parties)

VIDEOS HONDURAS # « Not only a good coffee » avec la coopérative COMSA (en 3 parties)

Hola,

Voila les vidéos sur la coopérative COMSA (producteurs de café bio/SPP) du Honduras où nous avons passé 10 jours au mois de novembre 2018. Il y avait tellement d’initiatives intéressantes que nous avons divisé le documentaire en 3 parties.

Titre de la série :  » NOT ONLY A GOOD COFFEE  » (« ce n’est pas seulement un bon café »)

Partie 1 : VIDEO HONDURAS # Biodynamie

https://youtu.be/UG7xwAAEuLQ

COMSA est une coopérative de petits producteurs de café certifiée biologique et commerce équitable. Créée en 2001, la coopérative comptait moins de 50 producteurs en 2007. En 2018, 1500 producteurs ont déjà rejoint la philosophie de COMSA, pas comme les autres. COMSA, ce n’est pas seulement l’excellent café de l’appellation d’origine Marcala, c’est aussi une alternative à l’agriculture conventionnelle et ses produits chimiques. Depuis plusieurs années, le centre d’expérimentation COMSA a mis au point des formules d’engrais, d’insecticides, de pesticides, de fongicides 100% naturels basés sur l’utilisation des micro-organismes de montagne (MM). Les producteurs de café ont ainsi accès à cette expertise et bénéficient de formations gratuites pour la reproduction des formules dans leurs parcelles. En quelques années, COMSA est devenue une des références en biodynamie en Amérique Latine.
Bon visionnage. La Permaculture Family.

 

Partie 2 : VIDEO HONDURAS # Education alternative

https://youtu.be/uNzmMBI1DUI

Les producteurs de café de COMSA cultivent selon les principes de l’agriculture biologique et de la biodynamie depuis plusieurs années. Pour la coopérative, ce n’est pas suffisant, il faut aller plus loin. Quel futur pour les enfants des producteurs de café dans un pays où le taux de chômage grimpe chaque année (comme « la marche des Honduriens vers les Etats Unis » en novembre 2018) et le taux d’homicide atteint 70/100 000 habitants ? Un grand projet d’éducation alternative a donc démarré depuis 2016 avec la construction à Marcala d’une école internationale (COMSA International School – CIS -) suivant la méthodologie Glenn Doman (1955). L’école accueille les enfants de 3 à 18 ans. L’idée est de répliquer le concept dans toutes les écoles rurales de la région. Trois écoles de brousse ont déjà vu le jour avec des professeurs formés et payés par la coopérative.
Bon visionnage. La Permaculture Family.

 

Partie 3 : VIDEO HONDURAS # les 5 M, notre proposition de vie

https://youtu.be/ZEqYHT1lCo4

Militons pour un sol vivant !!! Fredy PEREZ, gérant du centre d’expérimentation et de formation en Agroécologie et Permaculture de la Coopérative COMSA, nous explique « LA proposition de vie de la COMSA » pour les producteurs de café versus la proposition des grands fournisseurs d’intrants chimiques qui tuent la vie des sols mais aussi celle de leurs propriétaires et des générations futures…
La proposition des 5 M : Micro-organismes de Montagne (MM), Matière organique, Minéraux, Molécules vivantes et Matière grise.

Bon visionnage. La Permaculture Family.

 

Merci d’avance pour votre suivi,

N’hésitez pas à laisser un commentaire,

Hasta luego

La Permaculture Family