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VIDEO BRESIL # Les secrets de la mandarine biodynamique chez ECOCITRUS, coopérative de producteurs de mandarines/oranges bio et équitable

VIDEO BRESIL # Les secrets de la mandarine biodynamique chez ECOCITRUS, coopérative de producteurs de mandarines/oranges bio et équitable

Hola,
Début avril 2019, la Permaculture Family était en visite chez ECOCITRUS, une coopérative de producteurs d’oranges et de mandarines créée il y a plus de 20 ans. Grâce au développement des marchés biologique et commerce équitable, ECOCITRUS compte désormais 100 producteurs autour de la ville de Montenegro, à 70 km au nord ouest de Porto Alegre, dans la région de Rio Grande do Sul, Sud Brésil.

Nous avons eu la chance de participer aux activités du moment:
récolte des mandarines vertes avec Ernesto,
– découverte du fonctionnement de la maison bioclimatique de Ignacio,
– élaboration de mixtures biodynamiques avec João et sa femme,
– visite du site agrotouristique de la ferme Casa do Atofona de Martín et pour finir
– visite de l’usine de fabrication des huiles essentielles de mandarines vertes.

De bons moments à partager. Pour plus d’infos sur Ecocitrus : http://ecocitrus.com.br/
Merci à toute l’équipe de Ecocitrus pour son accueil chaleureux.

Bon visionnage
N’hésitez pas à laisser un commentaire.

La Permaculture Family

#21# BRESIL, des chutes d’Iguazu à São Paulo en passant par la région des mandarines biodynamiques !

#21# BRESIL, des chutes d’Iguazu à São Paulo en passant par la région des mandarines biodynamiques !

Le 10 avril 2019

#21# BRESIL, des chutes d’Iguazu à Sao Paulo en passant par la région des mandarines biodynamiques !

Nous arrivons en bus à Ciudad del Este au Paraguay dernière ville avant de passer au Brésil. La ville grouille d’agitation et les véhicules se croisent dans tous les sens. Nous montons dans un bus qui indique Foz do Iguazu, la ville située de l’autre côté du pont au Brésil…A priori ici pas besoin de tamponner son passeport pour passer, on peut entrer et sortir librement !?! c’est bien la première fois depuis notre départ du tour du monde. Toutefois au moment d’entrée sur le pont de l’amitié, une petite guitoune indique « migración » alors on hésite, puis on fait stopper le bus de force ! Le chauffeur n’est pas content car on lui fait perdre du temps et aussi aux passagers !!! Sitôt descendus, le bus part en trombe. Nous nous retrouvons seuls au poste. Le douanier salut notre honnêteté car pour sortir du Brésil en avion, il faut effectivement un tampon d’entrée du Brésil et donc de sortie du Paraguay ! Ensuite, il faudra attendre 45 minutes pour qu’un bus veuille bien nous faire traverser le pont qui fait la frontière avec le Brésil. Arrivés au poste frontière, idem, on doit négocier avec le chauffeur du bus pour un arrêt. Il nous « jette » sur le trottoir et repart bruyamment…Un tampon à l’immigration brésilienne et nous voilà enfin au Brésil 😉 !

La frontière fourmille de véhicules…mais là, comble de tout, pas de bus, pas de taxi au poste ! Alors nous sommes à pied avec nos 45 kg de bagages sur le dos ! Parfois le voyage prend des allures de défi. En effet 2 km de marche nous attendent pour trouver notre petite maison brésilienne. La chaleur et la fatigue nous assaillent ! Pourtant, il nous faut chercher notre logis ! Le tour monde est parfois harassant ! Une fois arrivés dans notre gîte à Foz de Iguazu, il nous faut repartir faire des courses dans cette ville que nous ne connaissons pas. Bien sûr, nous avons l’habitude : trouver un marché, comparer les prix et les aliments… c’est le quotidien. Mais là, pas de chance, tous les commerces sont fermés à 17h ! Nous ne sommes pas récompensés de notre longue marche. Finalement, à force persévérance, nous trouverons des œufs et une bouteille d’eau ce qui est vital pour nous car en Amérique latine, l’eau du robinet n’est pas potable. Après 2h de marche nous rentrons à notre logis, épuisés mais heureux : nous allons manger et dormir, enfin !

Nous découvrons la force de nos fils dans les moments difficiles, ils avancent et nous aident à trouver le chemin lorsque nous sommes perdus ! Louis et Esteban nous facilitent bien les choses et ici nous les remercions. Nous sommes dans la petite ville de FOZ de IGUAZU (350000 habitants, c’est petit pour le Brésil 😊). Demain, nous allons découvrir les chutes d’eau mythiques de la cité ! L’excitation est à son comble. Ce sont les plus grandes chutes d’eau d’Amérique Latine, cela va être un grand moment du tour du monde !

Foz do Iguazu : les plus grandes chutes d’Amérique !

Situées au Nord-Est de l’Argentine, au cœur de la forêt tropicale à la frontière du Brésil et du Paraguay, “les chutes d’Iguazu” est un des plus beaux sites naturels au monde. Classées par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’Humanité, les cascades forment un demi-cercle de 2500 mètres de long, atteignant jusqu’à 80 mètres de hauteurs où l’eau se déverse dans un rugissement qui s’entend à plusieurs kilomètres.
Le spectacle qui se déploie sous nos yeux médusés est surréaliste. Nous contemplerons plusieurs heures une jungle tropicale verdoyante qui fourmille d’animaux. Nous sommes fascinés !

Enfin, nous escaladons les sentiers et les ponts suspendus qui dominent les chutes. Nous voilà arrosés par les majestueuses cascades !  Certes, nous aurions pu nous protéger avec nos manteaux de pluie mais la rencontre aurait été moins romantique, non ?

Les chutes d’Iguazu sont immanquablement l’un des sites les plus spectaculaires que l’on peut visiter en Argentine et au Brésil ! Tout au long de notre excursion, nous avons contemplé l’Argentine en face, pays qui n’a pu faire partie du programme.
Nous nous sommes imaginés la surprise des indiens Guaranis, lorsqu’ils ont découvert ces chutes au 16ème siècle. Si vous vous rendez un jour au Brésil ou en Argentine, les chutes d’Iguazu sont tout simplement incontournables !

Après quelques recherches, 3 grandes chutes d’eau sont comparables dans le monde. Les chutes d’Iguazu (en Amérique du Sud), les chutes Victoria (en Afrique, entre la Zambie et le Zimbabwe) et les chutes du Niagara (en Amérique du Nord, entre États-Unis et Canada). Dans un vote planétaire organisé par l’UNESCO, seules les chutes d’Iguazu ont été retenues. Les chutes d’Iguazu se trouvent ainsi dans le même classement final des 7 merveilles du monde version nature avec la Baie d’Halong (Viêtnam), l’Amazone (brésil), l’île Jeju de Komodo (Indonésie), la montagne de Table (Afrique du Sud). Il nous reste de nombreux lieux à découvrir !

Nous rentrons époustouflés par ce ballet de cascades et commençons déjà à préparer notre voyage vers Porto Alegre.

Porto Alegre: 1er forum social mondial en 2001 et ça continue 😊

Tout le monde a entendu parler de cette ville mythique qui a reçu le 1er forum social mondial à partir de 2001. Ce forum international réunit les organisations du monde entier sensibles à la cause altermondialiste (« Un autre monde est possible »). Traitant des principaux sujets de préoccupation de la société civile en rapport avec la mondialisation, cet événement se présente comme une alternative sociale au Forum économique mondial qui se déroule chaque année en janvier à Davos en Suisse. Avec 1,6 million d’habitants, c’est aussi la capitale de l’Etat de Rio Grande do Sul, grand comme plus de la moitié de la France.

Nous avons déambulé dans la ville sous un soleil radieux sur la corniche au bord du Rio Jacui. Un petit tour dans différents musées dont le musée d’art moderne et le mémorial de Rio Grande do Sul qui raconte l’histoire de la région. Le processus de création de Porto Alegre est le fait de l’installation successive d’éleveurs de bétail  (XIII siècle), de colons portugais des Açores (1752), d’esclaves africains, d’aventuriers et d’immigrants allemands, italiens et polonais (entre 1820 et 1890), entre autres nombreuses nationalités présentes, qui se sont appropriées les terres indigènes. Ce sont leurs croyances, légendes, habitudes, coutumes et technologies qui ont formé la mosaïque culturelle qui fait la Porto Alegre du XXI siècle.

Après quelques jours de repos, nous quittons la ville pour la campagne à Montenegro à 1 heure à l’intérieur des terres.

ECOCITRUS : le paradis des mandarines bio, biodynamiques et équitables

A Montenegro, tout le monde connaît Ecocitrus. Ce n’est pas seulement une coopérative de producteurs d’oranges et de mandarines, c’est une aventure humaine qui dure depuis plus de 20 ans autour de l’agriculture biologique et surtout biodynamique. C’est la seule coopérative au Brésil qui propose des jus d’orange et de mandarines biologiques versus les grandes exploitations d’agrumes du pays systématiquement traitées aux produits chimiques. Quel bonheur de goûter un bon pur jus de mandarine bio 😊. Les enfants ont beaucoup apprécié les visites !

Nous avons donc passé quelques jours avec les pionniers brésiliens dans le domaine.

Nous avons commencé par la récolte des mandarines vertes chez Ignacio. Pourquoi récolte-t-on des mandarines avant maturité (normalement mûres en juin) ? car Ecocitrus produit aussi dans son usine des huiles essentielles à partir du zest. Les enfants remarquent qu’ici contrairement aux producteurs du Guatemala ou du Honduras, ceux du Brésil possèdent des petits tracteurs pour les aider dans leurs activités ! et qu’ici 10 ha de terre, c’est le minimum pour survivre au Sud du Brésil. C’est avec entrain que nous cueillons une à une les mandarines, c’est ce qu’on appelle la cueillette sélective contrairement aux cueillettes intégrales des grandes exploitations. Chez Ecocitrus plutôt que le profit, on recherche donc bien la qualité du produit dans le respect le plus total de la nature.

Ignacio nous fait ensuite visiter sa maison pas comme les autres. C’est une sorte de maison bioclimatique en pierre naturelle intérieure et extérieure sans revêtement. Mais le plus intelligent, c’est le toit végétalisé. Toute la toiture est recouverte de 14 cm de terre en pelouse et fleurs. C’est comme une terrasse, on s’y installe pour boire notre jus de mandarine pendant un petit survol de l’édifice en drone.

Nous irons aussi visiter le site de Juao qui travaille en biodynamie depuis 25 ans. Dès l’entrée de la ferme, on observe les mixtures en préparation et le matériel. Les enfants posent beaucoup de questions car ce n’est pas courant. Ici, en soulevant le couvercle des bassines, on découvre les macérations : tiges et fleurs de prêles dans l’eau depuis 6 mois pour développer les champignons bénéfiques, plus loin mélange de terre, poudre de roches et bouses de vache. Puis on rentre dans une autre salle pour une séance de bio dynamisation. A l’aide d’un bâton suspendu à une poutre, Esteban malaxe de longues minutes. Ensuite, nous aiderons la femme de Juao à appliquer la mixture à l’aide d’un pinceau sur le bout des branches de mandariniers fraichement coupées pour éviter le développement de champignons indésirables au niveau de la partie découverte suite à l’élagage. Ils nous donneront beaucoup d’autres conseils pour la conduite en arboriculture 😊.

Dans des caisses, des os de têtes de vaches et des cornes attendent d’être employés lors de la prochaine séance collective qui se tient une fois par mois avec le groupe composé des producteurs des alentours. En effet, la biodynamie requiert de solides connaissances et de longues heures de préparations des mixtures. Aussi le groupe est essentiel et indispensable.

On a aussi beaucoup parlé avec Daniel, l’agronome de Ecocitrus passionné de biodynamie. C’est lui qui anime le groupe une fois par mois. Il nous a expliqué les actions à réaliser ou non en fonction des lunes ascendantes ou descendantes. Beaucoup d’informations donc mais à mettre en pratique surtout 😊.

Nous passerons du temps avec Martín, à la Casa do Atafona, à parler de l’histoire de la région. L’arbre généalogique est complet avec tous les descendants allemands. Ici, dans cette ferme permaculturelle, c’est l’agrotourisme et tout est fait pour accueillir le public pour les fins de semaines ou les mariages. Une vraie ferme d’autrefois avec toutes les installations rénovées dont la roue à eau qui alimente encore en électricité la ferme, les toboggans à eau sur bâches, la pêche, l’atelier de fabrication des fromages de vaches, le pressoir à canne à sucre,… La ferme est inscrite dans le circuit des saveurs et des savoirs de la région.

On finira le séjour par la visite de l’usine de production d’huiles essentielles de mandarines de Ecocitrus. Un grand tambour racle la peau des mandarines (zeste) entrainée par de l’eau froide traitée. Puis une centrifugeuse sépare l’huile essentielle de l’eau. Tout simplement ! Tout le processus est réalisé à froid. L’odeur agréable et enivrante est extrêmement prenante au nez et aux yeux. On repartira avec des échantillons de concentré à utiliser avec parcimonie en aromathérapie.

Une vidéo de notre expérience chez Ecocitrus sera bientôt en ligne !!!

Itapema, la station balnéaire pour un peu de repos

Bertin, l’ami et collègue de Stéphane a eu la gentillesse de nous prêter la maison de sa belle-famille située sur la plage d’Itapema avec vue sur l’océan Atlantique. Nous y avons passé un super moment et nous remercions chaleureusement Bertin !

Itapema est la municipalité de la région de Santa Catarina. La population y a connu la plus forte croissance entre 2001 et 2006. Et la croissance de la population est bien visible !! Des centaines et des centaines d’immeubles sont en construction partout. Lorsque nous sommes arrivés dans la nuit, on se croyait à New York. Une large avenue avec des milliers de grattes ciel éclairés, nous nous sommes sentis bien loin de nos campagnes adorées. Pour autant cette ville du littoral nord brésilien vaut le détour. Nous avons retrouvé enchanté l’océan que nous n’avions pas vu depuis le Costa Rica ! La localité d’Itapéma se situe sur une baie entourée des ramifications de la serra do Mar. Non loin subsistent encore des petits villages de pêcheurs qui maintiennent vivantes les traditions des colons açoriens qui peuplèrent la région. La culture açorienne reste présente dans le mode de vie des habitants de la localité, comme la pêche au filet selon la tradition (pesca-de-arrastão), moyen de subsistance d’une partie de la population.

Pour nous, Itapema sera aussi le temps de l’école pour Louis et Esteban. Quatre jours de devoirs et de révisions. Nous parlons peu de cette école à distance que nos enfants vivent depuis plusieurs mois. Pourtant cela occupe beaucoup de notre temps : leçon à réviser, devoir à réaliser, évaluations toutes les 3 semaines, évaluations que nous devons envoyer en France au professeur chargé de superviser la scolarité de nos fils. Nous avons dû nous improviser professeurs, exercice que nous trouvons bien difficile ! Certes nous suivons le programme scolaire classique, mais l’instruction de Louis et Esteban est largement guidée par leur curiosité, curiosité que nous tentons tant bien que mal d’exploiter via les musées, la culture et l’aventure !!

Nous étudions les sciences, l’art, l’histoire, la littérature et les mathématiques tant par nos expériences que par l’école à distance. Ainsi, le cursus scolaire avance aussi selon les destinations visitées. Par exemple en Amérique latine et plus précisément en Equateur, nous avons beaucoup exploré la thématique de la colonisation amérindienne. Certes Esteban avait une leçon sur Christophe Colomb mais il nous a semblé important de compléter cette leçon par un documentaire sur les invasions espagnole et portugaise si peu explorées par nos livres d’Histoire. Beaucoup d’expositions sur l’art pré-colombien lui ont permis de comprendre à quoi ressemblait la vie des indiens avant l’arrivée des colons. Finalement, l’école sur la route s’accorde bien avec le voyage. L’apprentissage repose sur le mouvement. Sans mouvement, la source d’apprentissage se tarit et enfants comme parents n’ont plus rien à faire. Cela demande par contre de ne pas voyager trop vite pour avoir le temps de découvrir, chercher, comprendre, rédiger et approfondir.

Avant de quittez la ville, nous avons fêté dignement les 42 ans d’Alexa dans un petit restaurant local en comité restreint :-).

São Paulo, mégalopole de 17 millions d’habitants

Voilà déjà que la fin de ce sublime voyage en Amérique latine se profile !! Sept mois de rencontres de découvertes, de joie, de peur, d’émotion, de contemplation. Nous avons vécu nos derniers moments sur le continent américain dans la sublime ville de São Paulo, la capitale économique du Brésil.

São Paulo est la plus grande ville du Brésil et de l’hémisphère sud. Elle est le centre financier et industriel du pays. La région métropolitaine de la ville compte près de 17 millions d’habitants ! Pour nous, la ville est incontournable par son envergure mais aussi par ses curiosités en grand nombre. Par curiosité, nous entendons que la ville fourmille de musées, certains possèdent des œuvres françaises et italiennes du 18ème siècle, alors évidemment nous avions envie de les découvrir ! La ville de São Paulo possède d’immenses jardins, des bijoux de verdure. Réputée en Amérique latine pour ses églises et sa cathédrale parmi les 5 plus grandes du monde, cette ville à l’occidentale nous a rappelé Paris avec sa célèbre avenue Paulista égale largement aux Champs Elysées ! São Paulo a tout d’une mégalopole occidentale, cela nous ramène doucement vers la France. Heureusement, la langue et l’ambiance latina nous rappellent que notre voyage n’est pas terminé.

Nous avions une journée pour faire le tour de la ville, c’est bien court et pourtant on a adoré ! La cathédrale de la place da Sé se situe dans le centre historique de la ville. Elle a été construite à l’époque coloniale. Imposante voire colossale, elle regroupe plusieurs bâtiments religieux qui accueillent régulièrement des processions. Monumentale, elle est le point central de São Paulo. En entrant dans la cathédrale métropolitaine, nous nous sommes sentis minuscules ! Inaugurée en 1954 à l’occasion de la commémoration du quadri centenaire de la création de la ville, l’achèvement de la cathédrale date de 1970. Les cinq nefs de cet édifice de style néogothique peuvent accueillir plus de 8000 fidèles. Elle mesure 111 mètres de long, comporte deux tours de 97 mètres de haut, et sa coupole magistrale est soutenue par 12 colonnes. Il est dit que son orgue d’origine italienne est le plus grand de toute l’Amérique Latine.

L’autre temps fort de la journée est la visite tant attendue du Musée d’Art de Sao Paulo ! Aujourd’hui, l’entrée est gratuite pour tous les visiteurs 😊 tant mieux !! sauf que du fait de la gratuité, la ville entière s’est donnée rendez-vous. Après 3 heures de queue à discuter avec la jeunesse brésilienne, cela valait vraiment le détour. Comme nous l’avons écrit plus haut, São Paulo est réputé pour sa scène culturelle. Le musée d’art de São Paulo (MASP) comporte la plus grande collection d’art occidental d’Amérique latine. Nous avons été surpris de retrouver un grand nombre d’œuvres françaises, pour ne pas les citer Degas, Renoir… c’est le plus grand musée que nous ayons visité en Amérique latine…plus de 8000 œuvres d’art d’une dizaine de pays nous attendait. Nous avons trouvé les œuvres d’artistes qui ont marqué leur époque, notamment celles de Goya, Greco et Manet. Nul besoin de plan pour visiter la collection permanente du MASP, étant donné que tout est dans la même salle. On peut se sentir quelque peu perdu dans cette « forêt » de toiles célèbres. Curieusement, être perdu ici semble plus agréable que dérangeant. Cette liberté ludique proposée par le musée nous a bien plu !

Dans la soirée, nous avons déambuler sur l’avenue Paulista sous la pluie. L’avenue qui brillait de 1000 feux était dominée par une immense tour Eiffel !?! Un grand voyage nous attend demain et les 13h de décalage horaire qui se profilent risquent bien de laisser des traces…alors allons nous coucher !

Voilà, fin du chapitre Amérique Latine après 7 mois de voyages et de rencontres autour d’une 20aine de projets de permaculture : 20 000 km de bus, train, bateau et surtout de marche à pied ! Mais ce n’est évidemment pas fini 🙂

Retrouver la suite de vos aventures en Australie dans le prochain épisode,

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La Permaculture Family

#20# PARAGUAY, au paradis du sucre bio et équitable !

#20# PARAGUAY, au paradis du sucre bio et équitable !

Le 25 mars 2019

#20# PARAGUAY, au paradis du sucre bio et équitable !

Santa Cruz de la Sierra : après 2 jours de repos et de divertissements, loin des agitations de cette ville lumière située sur le chemin de la cocaïne, il est temps de reprendre la route et pas n’importe laquelle, la fameuse route du Chaco !

La traversée du Chaco en bus : 1400 km en saison des pluies !
18 h : nous avons rendez-vous au terminal de bus de Santa Cruz de la Sierra (en Bolivie) avec la compagnie PYCASU (prononcé Pikachu), un nom qui nous a fait beaucoup rire lors de l’achat du ticket la veille mais on a vite déchanté au moment d’embarquer. Pour ce trajet de 22h, nous avions choisi un bus avec des sièges suffisamment inclinables…enfin c’est ce que nous avait vendu le guichetier…18h30 nous cherchons notre bus, le chef de gare nous indique le fond du parking…surprise 😊 le bus date des années 80 et porte les vestiges du temps comme le lino du couloir central (ou plutôt ce qu’il en reste !) creusé sur près d’un centimètre de profondeur, on voit presque le bitume. On préfère ne pas regarder le tableau de bord (voir photo). Mais le chauffeur et son assistant semblent confiants et portent les traits de l’expérience…alors c’est parti, le moteur gronde, le bolide s’élance…
Mais au fait où va-t-on ? Nous devons rejoindre Asuncion la capitale du Paraguay à 1400 km de là. Le voyage se partage en deux tronçons : 600km jusqu’à la frontière du Paraguay puis 800km côté Paraguay pour traversée le Chaco, un no man’s land de bush hostile.
Le premier tronçon de nuit ne s’est plutôt pas mal passé malgré les sièges inclinables à 10° seulement. 6h du matin, nous descendons au double poste frontière pour les formalités de sortie de Bolivie puis d’entrée au Paraguay dans le guichet d’à côté (c’est pratique 😊). Ça se passe sans encombre après une fouille des sacs plutôt clémente 😉 pour les familles contrairement aux backpackers solitaires qui subissent un interrogatoire en profondeur. Et oui, nous sommes sur la route de la drogue et en particulier de la cocaïne qui passe de la Bolivie au Brésil par des routes peu fréquentées.
C’est à partir de ce moment que le trajet se corse car la route du Paraguay n’est pas dans le même état que celle de la Bolivie…on alterne entre des tronçons tout neufs et d’autres de l’époque coloniale (!?!). On comprend désormais pourquoi les bus -double étages- n’empreintent pas cette voie et on comprendra encore davantage par la suite. On avance doucement mais sûrement. Il est midi, le bus s’arrête brutalement, de grands panneaux indiquent « fin de chantier » « déviation » :-(. La flèche indique une plaine inondée !?! Il pleut dans le Chaco depuis 2 semaines et la route en travaux est désormais entourée d’un lac artificiel sur 7 km !!! Alors le chauffeur du bus hésite de longues minutes…Doit-il s’engager ou pas ? D’autant plus qu’aucun autre véhicule ne nous a rejoint depuis 30 minutes. Finalement au bout de 45 minutes, on voit venir un grand bulldozer qui se fraie un chemin dans le lac…il n’est pas seul, en fait il tracte un gros 4X4 qui surfe derrière ! C’est là que l’on commence à imaginer notre sauvetage !!! Nous avons toutefois des doutes sur la durée car il faut parcourir 7 km dans l’eau boueuse sur un parcours semé d’embuches ! Il faut s’y résoudre, il n’y a pas d’autres solutions 😊.
Notre bus s’attache solidement au bulldozer à l’aide d’un gros câble. Tous les passagers inclus le chauffeur retiennent leur souffle. Allez hop, c’est parti, nous nous engouffrons dans la boue ☹. Le spectacle est insolite, le bus semble suivre les traces laisser par la machine. L’ambiance se détend et tout le monde regarde par les fenêtres….jusqu’à ce que le bulldozer s’arrête net ! Que se passe-t-il ? On ne voit pas bien car le niveau de l’eau dépasse le mètre maintenant. En fait, le bulldozer est prisonnier dans un trou et il vient même de perdre une roue ! Incroyable, on n’y croit pas ! Quel spectacle : les deux véhicules sont immobilisés dans plus d’un mètre d’eau boueuse qui montent dans les escaliers et les soutes du bus…on n’ose pas imaginer l’état de nos sacs à dos à la fin du voyage ☹. Le bus s’enfonce et penche beaucoup maintenant. Esteban commence à prendre peur car on imagine le pire…que le bus se couche sur le côté !!!
30 minutes plus tard, deux autres bulldozers et une grande pelleteuse viennent à notre rescousse. Les machines commencent à aménager une route parallèle avec des canaux de drainage…autant dire que ça a pris un peu de temps !!! Désormais, il faut les gros moyens. Après avoir dégagé le 1er bulldozer qui avait perdu sa roue, c’est maintenant les 2 nouveaux bulldozers qui s’attachent l’un à l’autre puis au bus pour le sortir de l’ornière…impossible ! Il faudra l’aide de la grande pelleteuse qui pousse derrière pour finalement sortir toutes les machines de ce fiasco !!! Nous parcourrons encore plusieurs kilomètres tractés par les deux bulldozers solidaires sans s’arrêter pour rejoindre la route « normale ». Oufff sauvez ! Durée de l’opération de sauvetage : 5h !!!

ici la vidéo du tractage du bus !

Nous atteindrons donc le terminal de bus de Asuncion dans la nuit vers 1h du matin au lieu de 17h ! Nous nous endormons bien éprouvés de cette aventure 😊. Le lendemain, après une courte visite de la capitale, nous partons vers le village de Arroyos y Esteros à 60 km.

Arroyos y Esteros, le paradis du sucre bio ET équitable !
C’est avec beaucoup d’émotions que Stéphane en particulier rentre dans ce village car il y a fait son stage de fin d’étude d’agronome tropicale en 2004, il y a 15 ans. Le village a beaucoup changé : 30 000 habitants au lieu de 5000 à l’époque !
Stéphane y avait accompagné une petite coopérative de 70 producteurs de canne à sucre biologique qui souhaitait obtenir la certification « commerce équitable » pour vendre leur sucre sur des marchés internationaux plus rémunérateurs. Cette coopérative s’appelle Manduvira. Elle existe toujours et se porte très bien. Avec ses 1000 producteurs de canne, Manduvira exporte 15 000 tonnes de sucre bio et équitable dans 27 pays sur les 5 continents ! En 2014, la coopérative réunit même 18 millions dollars pour se construire sa propre sucrerie au village, une première dans l’industrie mondiale du sucre où les producteurs de canne à sucre ne marchent pas sur les plates-bandes des industriels. Un projet osé et un pari réussi 😊.
Luis, le président et Andres, le gérant qui étaient déjà en poste en 2004, étaient très heureux de retrouver Stéphane et l’ont beaucoup remercié pour son appui à l’époque et pour son passage en famille 15 ans plus tard pour constater le succès exemplaire 😊. Manduvira profitera de notre présence pour faire quelques cérémonies d’inaugurations avec les producteurs et leurs enfants.
Lors de la visite de la gigantesque sucrerie qui est la fierté de Manduvira, les enfants ont été impressionnés par les grandes installations notamment la broyeuse à canne à sucre !

Le site s’étend sur 34 ha et Esteban a utilisé le drone pour en visiter une partie notamment l’usine de fabrication de biofertilisants à base de bagasse de canne à sucre et de microorganismes ! Tiens, tiens les revoilà ! Stéphane a beaucoup parlé avec Deiby, le responsable et Ada, l’agronome. La recherche avance et les résultats sont là. Les producteurs obtiennent jusqu’à +30% de rendement en utilisant les biofertilisants plutôt que les produits chimiques ! C’est mieux quand c’est plus sain 😊.

Durant ces quelques jours à Arroyos y Esteros, nous avons rendu visite à plusieurs familles de producteurs de canne à sucre qui cultivent aussi du sésame et des noix de macadamia !

Avant de quitter la ville, nous avons dîné chez Marcial et Lina, le couple chez qui logeait Stéphane pendant son stage en 2004. Deuxième séquence émotions !!!

Ciudad del Este
Après des adieux interminables, nous quittons Arroyos et Esteros pour Ciudad del Este à l’autre bout du pays. 5 heures de bus, un détour par la ville de Caacupé pour admirer sa magnifique basilique et nous voilà dans un autre monde, casi dans un autre pays. Ciudad del Este est une ville très commerciale, un des grands carrefours de l’Amérique du Sud !!! Des grandes tours avec des centaines de centres commerciaux…bien loin de la campagne paisible paraguayenne…

La suite de nos aventures au Brésil dans le prochain épisode,

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La Permaculture Family

La Gazette Centre Morbihan : le rendez-vous mensuel des aventures de la Permaculture Family – le PEROU

La Gazette Centre Morbihan : le rendez-vous mensuel des aventures de la Permaculture Family – le PEROU

Holà,
Le rendez-vous mensuel des aventures de la Permaculture Family dans La Gazette du Centre Morbihan (29.03.19).
Retour sur notre passage au Pérou en février dernier, des retrouvailles familiales au Machu Picchu !

Hasta pronto,
La Permaculture Family

#19# BOLIVIE, du Salar de Uyuni en Amazonie

#19# BOLIVIE, du Salar de Uyuni en Amazonie

Le 19 mars 2019

#19# BOLIVIE, du Salar de Uyuni en Amazonie

Surprise !!! La vidéo du Trek du Salar de Uyuni de la Permaculture Family à la fin de l’article 😉 !!!

LE mythique Salar de Uyuni
Des centaines de touristes sont sur la route du trek ce lundi matin à 6H00 ! Des 4X4 sillonnent ce désert du Far West. Tout le monde dans la voiture retient son souffle…. On attend le désert de sel ! Et puis c’est une explosion de lumière spectaculaire, tout le monde hurle dans la voiture, l’océan de sel déploit toute sa beauté sous nos yeux hallucinés. Les portières des 4X4 claquent toutes en même temps. Le ballet des photos va commencer, c’est un peu cliché, un peu touristique mais nous sommes obligés d’immortaliser le moment.
Nous sommes émus car nous sommes un des seuls groupes à traverser tout le Salar pour accéder au bel hôtel de sel ! L’agence d’Uyuni nous a mis en garde lorsque nous avons fait notre réservation : « Nous pouvons vous emmener jusqu’à Notre hôtel de sel, mais il a beaucoup plu et le niveau des eaux a peut-être monté, si c’est le cas, le 4X4 ne pourra pas passer mais aucun souci, vous ferez demi-tour et prendrez un autre chemin !». Nous décidons de tenter le tout pour le tout, l’aventure c’est l’aventure ! Pas question de reculer.
Premier arrêt : le premier hôtel de sel reconverti en restaurant. L’endroit est majestueux, tous les murs sont en sel, et puis l’on trouve le monument du Dakar (et oui, depuis quelques années le Dakar se déroule en Amérique du Sud). Les touristes ont construit une plateforme sur laquelle ils plantent les drapeaux de leurs pays, oh… surprise, nous avons trouvé celui de la Bretagne ! Esteban a longuement cherché celui de Madagascar, mais celui-ci est resté introuvable :-(.
La route reprend de plus belle à fond dans le Salar. Le paysage est maculé de lumière. Le deuxième arrêt photo se fera les pieds dans l’eau, les cristaux de sel nous piquent mais le moment est inoubliable. Tout le groupe improvise une chorégraphie filmée, on se croit au cinéma et on se prend un peu pour des stars, mais bon … pas pour longtemps ! Nous roulons encore 4H (de 15H à 19H). Le Salar de Uyuni n’en finit plus, une drôle d’impression nous envahit : « plus on roule, plus on s’éloigne ». Au loin, nous apercevons une voiture enlisée dans l’eau. Et oui, l’eau ne cesse de monter, elle arrive maintenant au marche pied de la voiture ! C’est juste dingue, on ne peut même plus ouvrir les portières ! Mais bon, on continue à avancer et le puis le chauffeur n’a pas l’air inquiet, alors pas de soucis…

Mais aussi le cauchemar de Uyuni !!!
Et puis, c’est la panne, le 4X4 s’arrête brutalement, enlisé dans le sel, il a fini par s’embourber ! Certains dans le 4X4 proposent de rejoindre la terre à pied car l’eau nous arrive seulement aux genoux. « Pourquoi quitter la voiture dans laquelle nous sommes en sécurité me direz-vous ? », et bien la nuit tombe ! Dans moins de 20 minutes, l’obscurité sera totale. Sans parler du froid glaçant qui pointe le bout de son nez. On est quand même à plus de 4000 m. d’altitude !!! Flûte, vraiment pas de chance, ce n’est pas croyable. Maintenant que nous écrivons, nous réalisons que nous avons eu peur. Le chauffeur refuse que nous sortions du 4X4. Il nous assure qu’un tracteur va venir nous tracter d’ici 20 minutes, nous sommes alors confiants.

Et puis après 1H d’attente, il faut bien se rendre à l’évidence personne ne viendra tracter la voiture. D’ailleurs, le chauffeur semble prendre conscience que le temps presse, à cause du froid et du vent. Alors, il va prononcer cette phrase dont on se souviendra toute notre vie : « Vamos a caminar !?! » autrement dit : « nous allons marcher !?!». On fait répéter plusieurs fois le chauffeur pour être sûr d’avoir bien compris :-(.

Alors, nous voilà partis dans la nuit et l’eau froide et surtout avec nos 30kg de bagages sur le dos, on réalise à peine ce qu’il se passe… on marche, c’est tout ! Le guide répète plusieurs fois qu’il n’y a aucun danger, mais il dit aussi qu’il faut avancer plus vite car le vent se lève ! Alors nous marchons tête baissée avec la lampe du téléphone pour 4 pour ne pas tomber. 30 minutes, 1 heure, ça n’en fini plus et on ne voit toujours pas la berge. On est perdu tout comme le guide aussi qui nous presse toujours…mais pour aller où ? On aperçoit les phares d’une voiture au loin mais plus on marche, plus on a l’impression qu’elle s’éloigne…Le guide nous avait dit 500 mètres à parcourir mais ça fait plus d’une heure et demi que nous marchons dans l’eau glacée. On ne réfléchit plus…Le silence s’installe dans le groupe, et chacun réalise que l’eau ne cesse de monter, elle nous arrive maintenant aux cuisses ! Esteban commence à pleurer, pas évident de rassurer un enfant lorsque l’on est soi-même très inquiet… pas facile !
Un peu d’espoir quand même, lorsque nous apercevons les secours à moins de cinquante mètres, on a presque gagné !! mais le tronçon d’eau pour rejoindre la fameuse voiture sur la berge est bien trop profond et le courant est trop puissant, nous sommes sidérés. Il faut se rendre à l’évidence, on est bloqué, on ne peut pas traverser. Notre guide ne se décourage pas et il tente le tout pour le tout. Il serre Esteban dans ses bras et décide de traverser malgré tout ! L’eau lui arrive au ventre, il est déséquilibré par le gros sac à dos qui flotte et manque d’être emporté ! Obligé de faire demi-tour, il nous rejoint ! Esteban hurle …nous devons rester calmes pour autant et confiants, malgré la peur. Les secours sur la rive nous font signe d’avancer tout en sachant que traverser serait dangereux. Alexa craque, Louis la serre dans ses bras, et c’est réconfortant ! Stéphane doit maintenir tous les bagages et chaussures hors de l’eau… Notre guide est un homme vaillant et avec Esteban dans les bras, il continue de chercher une issue, il n’abandonne pas. Dans la stupeur générale, il trouve un passage, beaucoup d’eau mais pas de courant, nous sommes sauvés !!! Nous nous engouffrons dans la voiture au pas de course, besoin de chaleur ! L’épreuve est derrière nous et déjà nous sourions, nous sommes tous les 4 ensemble, unis plus que jamais par l’amour que nous nous portons ! Bravo à Louis et Estéban qui ont démontré un courage exemplaire dans cette épreuve !

Nous arrivons vers 23H00 à l’hôtel de sel. Epuisés et heureux, nous avons atteint notre objectif, le fameux hôtel de sel ! Tout est blanc, épuré, les murs scintillent, nous allons dormir dans un décor de rêve ! Avant de s’endormir, le guide vient nous voir : « si vous êtes d’accord pour continuer avec moi, le lever demain matin a lieu à 6H00 ». Il y a eu un temps de silence dans le groupe. Une légère hésitation était palpable et puis finalement on a tous répondu « mais bien sûr, on continue, le trek commence à peine ! on sera tous en forme demain matin ! ».

Pour ceux qui se pose des questions sur cette mésaventure, il est en effet très rare de s’embourber dans le Salar d’Uyuni inondé et si c’est le cas, un autre véhicule vient en sauvetage en moins d’une heure…malheureusement, le véhicule n’était pas disponible de suite et est venu tracter notre 4X4 que vers 2h du matin !!! La marche de nuit dans le Salar est donc une procédure exceptionnelle surtout avec des enfants !!!

Les déserts de pierre
7H du matin, direction le désert pour découvrir un endroit incroyable avec d’impressionnantes formations rocheuses : « on n’a jamais vu ça de notre vie ». Nous escaladons, nous sautons de rocher en rocher. On se balade entre les rochers, avec ce volcan au loin et en quelques instants, on se sent seul au monde. Plus de bruit, personne ne parle, juste le vent au milieu de ce désert hallucinant. Pendant 3 heures, nous avons eu l’impression d’être sur une autre planète.
Le fort vent qui souffle ici a forgé de surprenantes formations rocheuses qui rappellent les tableaux des grands maîtres espagnols. Après avoir parcouru une centaine de kilomètres, nous déjeunons au milieu des rochers qui nous rappellent celles du Grand Canyon.

Les lagunes de toutes les couleurs
Puis nous reprenons la route en direction les lagunes. Nous débarquons devant la Laguna blanca, une fois encore, le paysage est simplement magnifique. L’eau, les flamants roses, les reflets des volcans et montagnes, tout ça ressemble à une œuvre d’art, un tableau de Flandres, peut-être. Difficile de rester insensible face à ces paysages et le calme qu’il s’en dégage. C’est une ode à la méditation, nous sommes impressionnés devant tant de beauté, alors on regarde encore et encore. Décidément Uyuni et les déserts environnants ont beaucoup à offrir. Nous avons mangé au milieu de ce décor féérique entourés de nouveaux amis, les flamands roses bien paisibles.

Les lagunes ont élu domicile dans le sud du Salar de Uyuni. Ici, débute la région du Sud-Lípez, pratiquement vide de toute présence humaine. Les conditions climatiques (jusqu’à -30°C en hiver) et l’altitude ont découragé toute culture, toute installation. Nous dirions des lagunes que ce sont des sortes d’oasis au milieu de paysages tourmentés. Les lagunes sont les sites les plus marquants de la région. Ces lacs de montagne d’origine volcanique, aux eaux soufrées et salées, ont la particularité d’être colorées.

En fin de journée, nous arrivons à la dernière lagune. Entourée de volcans à plus de 5000 m d’altitude, la Laguna Colorada offre le spectacle d’une étendue liquide, allant du marron au rouge sang, en passant par le rose. Des teintes provoquées par les sédiments de couleur rouge et des algues microscopiques. Un paysage irréel, ponctué de flamants roses qui pataugent dans les eaux basses.
Nous avons dormi dans une auberge rustique au bord de la Laguna Colorada. Il fait moins 5 degrés, on se met dans nos duvets, transis de froid, on ne bouge plus ! La journée qui s’annonce malgré le froid glacial va nous offrir l’autre splendeur de la région, la Laguna Verde dont la couleur est due à la forte concentration en magnésium de l’eau. Un rêve de photographe, à plus de 4 500 m d’altitude, dominé par la silhouette altière du volcan Licancabur. D’ailleurs, la Nasa a immortalisé sa couleur unique depuis la navette spatiale. Nous sommes arrivés au bout de la route : derrière la frontière, voici le Chili et le désert de l’Atacama. C’est sublime !

Les eaux thermales à 0°C !
3ème et dernier jour, levé à 4h30 pour aller observer les geysers dans le cratère d’un volcan à 5300 mètres d’altitude. La température extérieure est de -5°C lorsqu’il faut sortir de la voiture pour aller cheminer entre les jets d’eaux de vapeur et les boues brulantes qui dérobent le sol volcanique. Six minutes d’exposition dans les fumées de souffre nous suffisent pour bien se rendre compte de ce milieu hostile. Nous reprenons la route pour descendre du cratère et reprendre notre souffle. Oufff
Vingt minutes plus tard (6h30), nous nous arrêtons au pied du volcan pour la douche matinale ou plutôt le bain en plein air. On hésite d’abord car la température extérieure matinale à 4300 m. d’altitude ne dépasse toujours pas 0°C mais le soleil radieux nous encourage à tremper les pieds puis tout le corps. Et oui 37°C c’est la température de l’eau. Les enfants sont ravis et il faudra user de ruses pour les déloger de cette piscine providence !

L’après-midi nous remontons jusqu’à Uyuni, à 350 km de là soit environ 6h de piste. Nous traversons la région de Rio Grande qui abrite beaucoup de vigognes et de nandous (cousins de l’autruche) ! Avant d’arriver à Uyuni, nous nous arrêtons dans le village de San Cristobal, connu pour sa riche église coloniale. Voilà fin du trek à 18H !

Dix jours plus tard, nous sommes toujours envahis par le Trek du Salar souvenir génial, enivrant malgré le froid et la peur…

Voici la vidéo du Trek du Salar de Uyuni de la Permaculture Family en ligne 🙂

Cochabamba
Il est temps de mettre le cap vers l’Est désormais, vers le Brésil mais une longue route nous attend pour traverser le continent sud-américain. On le fera donc par étape. A 4 h de bus, nous nous arrêtons quelques jours à Cochabamba (2500 m.) pour souffler de nos aventures uyunesque et pour reprendre les devoirs des enfants. La 3ème plus grande ville bolivienne est vraiment agréable. Après la visite du centre historique et de la cathédrale, on embarque pour le téléphérique qui nous mène sur les hauteurs de la ville, au pied de la plus haute statue du Christ au monde (40 mètres et des poussières). Comme nous, vous pensiez que c’était celle de Rio de Janeiro au Brésil et bien non 😉.

Santa Cruz de la Sierra
Ce soir, nous prenons le bus de nuit pour rejoindre la 2ème plus grande ville bolivienne, Santa Cruz de la Sierra à 350 km mais 10 heures de bus sont nécessaires car la route est composée de centaines de lacets, ça descend, ça monte et ça redescend jusqu’à la destination finale à 420 m. d’altitude. C’est samedi soir, il est 21h dans la gare bondée de Cochabamba qui visiblement est beaucoup trop petite pour accueillir le flux de bus qui se garent les uns derrière les autres jusqu’à 4 rangées. Il faut alors partir à la recherche de son bus dans la pénombre…au bout de 30 minutes d’investigation, notre bus n’est toujours pas là. Finalement on apprend qu’un pont s’est effondré sur la nouvelle route qui mène à Santa Cruz. Bilan : il faut changer d’itinéraire et passer par « l’ancienne route » de la montagne. Mais voilà, les grands bus ne peuvent pas y passer, seulement les petits et ceux qui ont déjà pas mal de kilomètres au compteur…on hésite et puis finalement on monte dans le bus de minuit. C’est parti pour une nuit et une matinée bien secouée. On arrivera à Santa Cruz à 15h bien éprouvés par le voyage. Heureusement notre petite location bien située viendra redonner de l’énergie aux enfants.

La suite de nos aventures en bus dans la traversée du Chaco jusqu’au Paraguay dans le prochain épisode ! Encore de l’agitation en prévision!

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La Permaculture Family

#18# BOLIVIE, voyage sur l’altiplano, de Copacabana à Uyuni

#18# BOLIVIE, voyage sur l’altiplano, de Copacabana à Uyuni

Le 10 mars 2019

#18# BOLIVIE, voyage sur l’altiplano, de Copacabana à Uyuni

Le passage de frontière entre le Pérou et la Bolivie s’est bien passé : simples formalités comme une lettre à la poste 😊. Après quelques photos souvenirs, le bus continue mais voilà que la route s’arrête brutalement juste après Copacabana. Tout le monde descend ! Pendant que nous montons sur une vedette avec d’autres passagers, notre bus s’embarque sur une barge en bois pour quelques minutes de navigation dans les vagues du lac Titicaca. Un spectacle toujours aussi insolite même pour Stéphane qui avait déjà effectué cette traversée en vélo en 2002 ! Rien a changé et c’est tant mieux car la construction d’un pont (plusieurs fois envisagé) mettrait à mal les emplois de centaines de locaux. Après avoir traversés longuement la ville de El Alto perchée à 4150 m. d’altitude, nous plongeons finalement dans La Paz.

La Paz, la capitale de la Bolivie ¿
Et non, La Paz (2,3 millions d’habitants) n’est pas la capitale de la Bolivie ☹. C’est bien Sucre (500 000 habitants), la capitale administrative. C’est le dernier weekend du carnaval dans les rues de La Paz avec de nombreux défilés et danses locales. Difficile de ne pas se faire arroser ☹ à la grande surprise des enfants 😊. Le spectacle est féérique surtout la nuit lorsque la cuvette s’illumine de milles feux. Les enfants profitent de cette halte pour avancer leurs devoirs qu’ils avaient un peu « mis de côté » depuis notre arrivée en Amérique du Sud fin janvier. La Bolivie c’est aussi le pays où Ernesto Guevara (Le Che) réalisa ses dernières activités mais qui finira malheureusement exécuté en 1967…

Oruro, les mines d’argent et le train
Nous reprenons la route de l’altiplano en bus vers Oruro (3710 m alt.) où le 2ème plus grand carnaval d’Amérique du Sud (300 000 visiteurs) vient de se terminer. Il faut comprendre que la ville de Oruro est située en plein milieu du désert en terre hostile et que la ville, fondée en 1606, fût également connue pour ces mines d’argent puis pour ces mines d’étain fin du 19ème siècle. Désormais, les filons sont épuisés et c’est le carnaval, reconnu patrimoine culturel de l’humanité par l’UNESCO, qui redynamise désormais la ville en déclin. N’oublions pas une autre attraction de taille : la plus grande statue de la Vierge Marie (45 mètres de haut) qui se visite en téléphérique !
Oruro, c’est aussi le point de départ du train qui la relie à la fameuse ville de Uyuni plus au Sud à 370 km. On embarque donc pour ce train mythique qui « vole » au-dessus des grandes étendues salées. Insolite, le trajet reste un grand souvenir pour Louis qui a pu continuer ses devoirs jusqu’au coucher du soleil 😊. C’est l’occasion de discuter avec de nombreux backpackers francophones : des tourdumondistes qui réalisent eux aussi leurs rêves à leur manière 😊.

Uyuni, renaissance d’une ville minière
21h, le petit train nous dépose à la magnifique gare de Uyuni. Sortie de la gare, de nombreux hôtels s’offrent à nous mais comble du sort ils sont tous pleins ou bien à des prix exorbitants hors budget 😉. Il nous faudra plus d’une heure à errer dans les rues pour dégoter le bon plan de la ville pour le logis et le couvert ! Oufff
C’est encore le carnaval ici. La journée, les lamas vivent leur dernières heures ☹ ! Les animations de la ville réchauffent l’air glacé des soirées. Séance photos avec les locomotives à vapeur et les géants du carnaval.

CECAOT, coopérative de producteurs de quinoa real
Le lendemain, nous partons à la rencontre de la coopérative CECAOT qui regroupe plus de 350 producteurs de quinoa real de la région de Uyuni à 3670 m. d’altitude et cela depuis 45 ans ! Après la visite de l’usine de préparation de la petite graine et de sa mise en boîte pour la Scop Ethiquable où travaille Stéphane, les producteurs s’adonnent à la séance photos/vidéos de promotion du label de commerce équitable SPP (Simbolo de Pequenos Productores) ! C’est toujours l’occasion d’échanger ses points de vue 😊. Une petite séance de drone nous rappelle également l’aridité de la zone et on se demande bien comment font les producteurs pour faire pousser leur quinoa dans ce désert où il pleut moins de 180 mm/an sous forme de gros orages.
Rappelons que la Bolivie était le premier producteur mondial de quinoa jusqu’en 2013, l’année internationale du quinoa (décrétée par la FAO pour son rôle dans la sécurité alimentaire des peuples andins) qui a fait flamber le prix à la tonne de 1500 euros à 8000 euros !!! Certains producteurs se sont mis à cultiver la « pépite d’or » à grands moyens d’engrais/de tracteurs contaminant et fragilisant les sols de la puna de l’altiplano. Avec la chute des prix deux ans plus tard, les pratiques sont re-devenues raisonnables. C’est désormais le Pérou qui est le premier exportateur mondial de quinoa conventionnel alors que la Bolivie reste la référence en bio avec son quinoa real.

Le cimetière de trains
A la sortie de la ville d’Uyuni, des anciennes locomotives à vapeur témoignent d’une activité minière de longue date. Comme Oruro, Uyuni est aussi une ville minière qui a connu sa période faste.
Le petit village s’est énormément développé. Il accueille désormais depuis 2 décennies le départ en trek 4X4 des touristes venus du monde entier pour découvrir le plus grand désert de sel au monde, le salar de Uyuni, 11 000 km carré de sel et bien d’autres merveilles ! Une aventure à suivre dans le prochain épisode non sans surprise !!!

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La Permaculture Family

VIDEO PEROU # La Permaculture Family chez NORANDINO, coopérative de producteurs de café, cacao et panela bio et équitable

VIDEO PEROU # La Permaculture Family chez NORANDINO, coopérative de producteurs de café, cacao et panela bio et équitable

Hola,

Le mois dernier, la Permaculture Family était en visite chez NORANDINO, une coopérative de producteurs de café, cacao et canne à sucre créée à la fin des années 90. Grâce au développement des marchés biologique et commerce équitable, NORANDINO compte désormais 6500 producteurs autour de la Sierra de Piura au Nord du Pérou.

Nous avons eu la chance de participer aux activités des 3 grandes filières.

CAFE : de la parcelle de Secundo GUERRERO, un des fondateurs de la coopérative, à Montero jusqu’à l’usine de préparation du café de Piura pour la dégustation des meilleures cafés bio et équitable.

CACAO : des cacaoyers de Victor du village de Païmas et du local de Victoria et l’association des femmes entrepreneuses San Lorenzo jusqu’à l’usine de fabrication des pâtes de cacao de Piura pour une dégustation sans sucre (!) à la grande surprise des enfants 😉.

PANELA : des parcelles de canne à sucre de Bonifacia et de son atelier de fabrication du sucre complet artisanal de Montero jusqu’à l’usine d’emballage de la panela à Piura pour la SCOP Ethiquable.

Merci à toutes les équipes de Norandino pour leur accueil chaleureux.

Bon visionnage

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La Permaculture Family

#17# PEROU, du Machu Picchu au lac Titicaca

#17# PEROU, du Machu Picchu au lac Titicaca

Le 2 mars 2019

#17# PEROU, du Machu Picchu au lac Titicaca

Depuis Piura, nous nous envolons via Lima vers Cusco de l’autre côté du Pérou car une surprise nous attend, les parents de Stéphane qui ont fait le voyage depuis la Bretagne pour passer une semaine avec leurs petits enfants qu’ils n’ont pas vus depuis 6 mois !

Cusco, le centre du monde !

Avec près de 500 000 habitants, c’est la ville la plus touristique du Pérou perchée à 3400 mètres d’altitude en pleine cordillère des Andes. Cusco fût la capitale de l’empire Incas et c’est aussi le « centre du monde » que l’on peut admirer dans le musée des Incas. Toute la ville est inscrite au Patrimoine Mondiale de l’UNESCO depuis 1983. Logés non loin de la célèbre place des armes, nous déambulons dans les rues du centre-ville dont la plupart ont gardé les murs originels en pierre taillées imbriquées de l’époque Incas. Impossible d’échapper aux nombreux vendeurs ambulants proposant les fameux portes clés lamas qui amusent beaucoup les enfants. Nous avons visité l’intérieur de la prestigieuse cathédrale Notre Dame de l’Assomption achevée en 1669 après 110 ans de travaux et plusieurs tremblements de terre qui l’ont épargnée. On retrouve un peu partout la statue de Tupac Amaru, un indien qui mena une campagne de rébellion contre les Espagnols dès le début de leur arrivée. Malheureusement, il fût exécuté en 1572 avec sa femme, ses enfants et ces principaux partisans. Il reste néanmoins le premier révolutionnaire, tout un symbole. Cusco est une ville riche sur le plan culturel où les spectacles de danses traditionnelles sont permanents.

Le riche patrimoine autour de Cusco

Nous partons tous ensemble en bus dans la Vallée Sacrée des Incas. C’est la saison des pluies (heureusement nous n’aurons pas une goutte durant notre séjour !) et les paysages de montagne sont très verdoyants : maïs, quinoa et surtout les pommes de terre en fleurs de toutes les couleurs. Premier stop à Pisac, un site archéologique démontrant le génie des Incas : construction ingénieuse à flanc de montagne, finesse de la taille des blocs de pierre immenses, interminables cultures en terrasse et styles architecturaux des temples et quartiers de la ville. Plus loin, c’est visite de la ville Ollyantaytambo et de sa forteresse militaire impressionnante ainsi que les greniers à pomme de terre et les sculptures gigantesques gravées à même la montagne. Puis sur les hauteurs de Cusco, visite du site de Sacsayhuaman, la forteresse cyclopéenne qui protégeait la ville.

Le programme préparé par les parents de Stéphane est chargé mais très intéressant 😉. On enchaine donc les visites : Tampumachay, les bains des Incas ; Q’enqo, le centre cérémonial dédié à la fertilité ; le village de Maras et ses salines en terrasses encore exploitées qui offrent un spectacle insolite ; Moray et le laboratoire agronomique des Incas -construit dans une cuvette sur des terrasses concentriques atteignant 150 m de profondeur pour faire varier les températures – qui avait pour objectif d’améliorer les céréales et pommes de terre pour obtenir des variétés plus résistantes aux fléaux et au climat. Enfin, à 28 km de Cusco, nous visitons le village de Chinchero, connu pour son église et ses foires aux textiles colorés. C’est l’occasion de discuter avec les dames aux chapeaux typiques de la région. Les ruelles sont jonchées de vendeurs de maïs géant bouilli dont nous nous délectons. Nous terminons la visite par un déjeuner dans un restaurant qui propose du cochon d’inde mais les enfants n’ont pas le courage de voir ces petits animaux naïfs, confortablement installés dans leur château, finir dans leur assiette 😉.

Le Machu Picchu

Pour accéder à la merveille du Machu Picchu, pas d’autres choix pour nous d’emprunter le train mythique INCA RAIL jusqu’au village de Aguas Calientes traversé par le rio Urubamba, celui qui entoure l’imprenable montagne légendaire. Après une courte nuit et 30 minutes de bus en lacet, nous voilà à l’entrée des mégastructures de légende ! Le rêve est là face à nous, sûrement la plus belle merveille de l’histoire (avec les pyramides, évidemment !). Oui, ce sont des constructions qui défient le temps et l’imagination.

Cette visite ultra touristique (désormais limitée à 6000 entrées/jour) nous a permis de revivre l’histoire de ces hommes qui ont défié leur époque. « Le Machu Picchu est une ancienne cité inca du XVe siècle, perchée sur un promontoire rocheux qui unit les monts Machu Picchu et Huayna Picchu sur le versant oriental des Andes centrales ». Cette cité sacrée a été oubliée pendant des siècles ! Aujourd’hui, elle est considérée comme une œuvre maîtresse de l’architecture inca.

Nous avons eu la chance immense d’observer les caractéristiques architecturales du Machu Picchu et un voile de mystère a envahi la visite… Découvert en 1911, le site du Machu Picchu n’a cessé de faire parler de lui depuis. Aujourd’hui encore personne ne saurait dire s’il s’agit d’une forteresse ou d’une ville, toujours pas d’explication définitive. Le guide qui nous accompagne tout au long des 4 heures de visite nous dit avec émotion : « vous avez face à vous le travail d’une civilisation à son apogée ». Beaucoup d’historiens s’accordent à dire qu’il serait pratiquement impossible de reproduire un ouvrage d’une telle envergure, à 2400 mètres d’altitude. Alors une question demeure, et c’est la même que pour celle des pyramides : comment ces hommes ont-ils fait ?

Et c’est vrai, nous avons devant nous une merveille architecturale auréolée de mystère. Cette cité a été abandonnée par les Incas au XVIe siècle juste avant l’arrivée des conquistadores. Ainsi, la ville sacrée tomba dans l’oubli. Elle fut « redécouverte » en juillet 1911 par l’explorateur américain Hiram Bingham et continue d’être étudiée. En 1983, elle est inscrite au Patrimoine Mondial de l UNESCO.

L’histoire raconte que le Machu Picchu aurait été construit sous le règne de l’empereur Pachacutec. Il y aurait d’ailleurs résidé. Le site se compose de quelques 200 constructions et est divisé en deux parties : la haute et la basse ville. On y découvre des terrasses destinées au travail agricole. La cité était traversée de canaux d’irrigation. Les Incas étaient parvenus à acheminer de l’eau à plus de 2000 mètres d’altitude !  Aucune explication à ce jour. L’un des premiers vestiges découverts par Bingham en 1911 est un temple semi-circulaire, dont l’explorateur lui trouvait une ressemblance avec le Temple du Soleil de Cuzco.

Malgré l’architecture imposante, elle s’harmonise pourtant parfaitement avec la nature alentour. On lui compte donc trois fonctions : résidentielle, agricole et religieuse. C’est une construction impressionnante et notre guide nous explique : « rendez-vous compte, les bâtisseurs de l’époque n’ont utilisé ni mortier ni métal. Et pourtant, les pierres sont parfaitement imbriquées les unes avec les autres ! ». Comme pour les pyramides, « on ne pourrait insérer la moindre aiguille entre les monolithes », c’est ce qu’écrivait Hiram Bingham. Il s’agirait d’un sanctuaire inca, mais également de la « principale ville de la province ». Pour l’explorateur, le Machu Picchu serait en fait les vestiges de la cité perdue de Vilcabamba la Vieja, dernière capitale inca.

Laissez-vous porter par nos photos, en espérant que vous ressentirez le moment fabuleux que nous avons vécu !

De Cusco à Puno sur les bords du Lac Titicaca

Six heures de bus séparent Cusco de Puno. Sur la route, au village de Raqchi, nous découvrons le site archéologique composé d’une muraille en pierre de lave avec deux entrées pour le Chemin des Incas qui mène au Machu Picchu. Plus loin, nous avons la chance de visiter l’intérieur de la « Chapelle sixtine des Andes » à Andahuayllilas. Cette église jésuite du 16ème siècle dispose d’une décoration intérieure étonnante avec une explosion d’or, de sculptures et de peintures qui avaient pour but d’impressionner les populations indigènes de l‘époque pour faciliter leur conversion…

Plus loin, un arrêt au col à 4335 m qui sépare la région de Cusco et celle Puno, nous entrons sur l’altiplano péruvien, un immense plateau de verdure entouré de montagnes enneigées pour le bonheur des immenses troupeaux de moutons et de lamas. A la pause déjeuner au milieu de nulle part, le restaurateur nous propose de goûter le café d’un ami de l’Amazonie pour la somme de 2 euros la tasse !?! Mais pourquoi est-il si cher ? en fait c’est un Kopi Luwak, un café récolté dans les excréments de civettes apprivoisées qui digèrent la pulpe de la cerise du café mais pas le noyau 😉 Mummmm, un des meilleurs cafés au monde 😉.

Le lac Titicaca et ses îles Uros, Amantani et Taquile : voguer au gré du vent

Après Cuzco et les merveilles de la Vallée Sacrée, nous voilà en route pour le lac Titicaca. Nous rêvons de ce lac depuis notre arrivée au Pérou : une étendue d’eau mythique perchée à 3812 m au cœur de la cordillère des Andes. Nous avons hâte de découvrir quelques-unes de la quarantaine d’îles dont certaines sont habitées. Certains disent que c’est « le plus haut lac navigable du monde ». Le lac représente pour les indiens des Andes le berceau de la civilisation Inca : le premier Inca, Manco Capac, aurait surgi des eaux du lac sur les ordres du dieu Soleil pour fonder l’empire Inca. C’est un lieu sacré pour de nombreux peuples andins.

La légende du lac raconte « qu’il y avait une vallée fertile où les hommes vivaient heureux. La vallée était protégée par les « Apus » (dieux de la montagne). Les Apus avaient juste une restriction : ne pas aller au sommet de la montagne, là où brûlait le feu sacré et où se trouvait le diable. Le seul but du diable était de diviser les hommes afin qu’ils se retrouvent dans la pauvreté et la misère. Il les mit alors au défi et leur demanda d’aller chercher le feu sacré pour prouver leur courage. Mais les hommes se firent prendre par les Apus qui, furieux, décidèrent d’envoyer des milliers de pumas pour les punir. « Inti », le dieu du soleil, fût tellement triste, qu’il pleura pendant 40 jours et 40 nuits sans s’arrêter et inonda alors la vallée. Seulement un homme et une femme survécurent et trouvèrent refuge dans une barque. Quand le soleil se mit à briller de nouveau, les deux survivants ont découvert qu’ils étaient au milieu d’un lac très grand où flottaient les cadavres des pumas transformés en pierre. C’est pourquoi ils donnèrent le nom de « lac des pumas de pierre ».

Notre première escale en bateau : les îles flottantes Uros. Celles-ci ont été créées au XIIIème siècle par le peuple du même nom pour échapper aux Incas, la tribu rivale. Le peuple des Uros a complètement disparu au cours des années 1950 et les îles sont désormais habitées par des indiens Aymaras. Les Uros forment un archipel d’une quarantaine d’îles flottantes, artificielles, composées de totora, une sorte de jonc qui pousse abondamment dans le lac. Une couche d’environ 80 cm de totora est nécessaire pour former l’île, cette couche devant être régulièrement renouvelée à cause de la dégradation du jonc au contact de l’eau. Les îles sont amarrées à des poteaux d’eucalyptus au moyen de cordages et de pierres afin qu’elles ne dérivent pas sur le lac. Les habitations et le mobilier sont également fabriqués avec ce roseau.

Deux heures de bateau plus tard, nous arrivons sur l’île d’Amantani, la légende dit que c’est la Perle du lac Titicaca ! En effet, elle brille de mille feux, nous sommes fascinés ! Du haut de ses 9 kilomètres de large, l’île d’Amantani est une petite terre ronde qui émerge avec grâce des eaux du célèbre lac Titicaca. 800 familles, du bétail et des centaines de parcelles agricoles aux teintes variées se partagent l’île. Sur les chemins de pierres, aucun véhicule ne vient perturber la circulation des ânes et des habitants. A peine posé le pied sur l’ile, nous nous élançons sur les chemins de pierre pour réaliser une ascension à 4150 mètres d’altitude. Les paysages sont hallucinants et nous rappellent ceux de l’île de Bréhat en Bretagne. Pas évident de grimper, nous avons le souffle court ! A cette altitude, difficile de respirer correctement. Arrivés au sommet de l’île, le paysage marin nous émerveille, l’émotion est à son comble ! La vue à 360 degrés sur le lac Titicaca est imprenable. Deux temples incas protègent l’île : Pachatata et Pachamama.

Le soir, nous avons tous dormi et mangé chez l’habitant. Ces deniers ne parlaient pas l’Espagnol, ils ont choisi de conserver la langue de leurs ancêtres le Quecha. Nous avons vécu en immersion chez une famille péruvienne, coupés du monde, le temps s’est suspendu. Merci à eux pour ce moment magique et mystique ! Les paysages étaient une ode à la méditation. Mis à part le froid glacial de l’île, tout nous a réchauffé le cœur. Après une nuit propice au rêve, nous sommes repartis sur bateau pour visiter l’ile de Taquile avant de retrouver l’agitation bruyante de Puno déjà en plein carnaval.

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Jusqu’à la frontière avec la Bolivie

Après une bonne nuit de repos à Puno, il est temps de dire aurevoir aux parents de Stéphane qui continuent leur périple péruvien vers Colca, Arequipa et les lignes de Nasca sur la côte. De notre côté, nous restons sur l’altiplano en direction de la frontière bolivienne. Nous longeons le lac Titicaca. Hasta luego Peru.

C’est le tour du monde qui reprend sur les starting blocks !!!!

La suite dans le prochain épisode de la Permaculture Family

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La Permaculture Family

#16# PEROU, des Andes à la côte désertique de Piura

#16# PEROU, des Andes à la côte désertique de Piura

Le 21 février 2019

#16# PEROU, des Andes à la côte désertique de Piura

Bienvenido à Peru !!! Nous y entrons par la petite frontière de la cordillère des Andes. Passé le rio Canchis, le bus nous emmène après d’interminables lacets dans la ville de Jaén tout au Nord du Pérou. La ville est en effervescence car c’est le « dia de la amistad » ou « dia del amor » autrement dit la Saint Valentin du 14 février. Une occasion de rappeler que l’Amour est notre force et que notre projet Permaculture Family est un challenge quotidien, un rêve qui vaut la peine d’être vécu ensemble !

Jaén, la capitale du café péruvien

Notre arrivée est marquée par le soleil et la chaleur (25 degrés) que nous avions perdus en Equateur !!  C’est Lénine, l’assistant du responsable commercial de la coopérative Sol y Cafe qui nous accueille avec une gentillesse infinie à la descente du bus. Il va faire de notre séjour à Jaén un pur moment de bonheur.

Jaén est la deuxième ville en termes d’habitants de la région de Cajamarca. Fondée en 1549 par l’Espagnol Diego Palomino, l’origine de la ville remonte entre 1000 et 1500 ans avant J-C où d’importants établissements humains furent localisés dans les vallées des actuelles provinces de Jaén, Bagua y San Ignacio. Jaén se situe à proximité du Marañón, un des composants de l’Amazone.

Un des objectifs pour nous est de réaliser l’interview des différents acteurs de la coopérative. Comme à chaque fois, la rencontre débute par une dégustation du café. L’équipe de Sol y Cafe nous attend. Comme dans toutes les coopératives, les catadors (dégustateurs) diplômés pratiquent l’art de la dégustation depuis plusieurs années. Nous commençons nous aussi à maîtriser les étapes d’une dégustation de café. Pour autant, il n’est pas simple de remplir la fameuse fiche méricaine d’évaluation SCAA. Celle-ci requiert des compétences particulières que Stéphane a acquises grâce à son expérience et son diplôme de catador ! Louis semble suivre le même chemin et réalise l’exercice avec beaucoup d’intérêt et de professionnalisme !

Pour réussir une dégustation du café, il faut respecter plusieurs étapes. Tout d’abord, il faut sélectionner les échantillons de café vert que l’on va déguster en fonction des arrivages. Voici les étapes à suivre…

1- Utilisez un moulin pour réaliser une mouture moyenne et versez le café moulu dans une tasse. Nettoyez le moulin et répétez cette opération pour chaque échantillon.
2- Sentez le café moulu pour évaluer la fragrance de chaque tasse et notez les différences aromatiques entre les cafés. C’est le commencement de la dégustation !
3- Portez de l’eau à ébullition puis versez la à la température de 96°C sur le café moulu en vous assurant qu’il soit totalement imbibé. Laissez le café infuser pendant 6 minutes.
4- Remuez délicatement la surface du café. Ça s’appelle « cassez la croûte » et mélangez doucement le marc flottant pour humer l’odeur.

5- Écumez la mousse et le marc flottant à l’aide de deux cuillères spéciales (pensez à utiliser une cuillère différente pour chaque tasse).

Lorsque le café est à la bonne température, plongez-y délicatement votre cuillère et aspirez le café avec un peu d’air. Cela permettra une meilleure diffusion des arômes. Prenez le temps d’analyser les sensations que les cafés vous évoquent, leur goût, leur texture ainsi que leurs différents arômes.

Pas évident mais l’expérience est unique ! Chaque coopérative visitée en Amérique Latine possède une pièce dédiée à la dégustation et chacune pratique cet art avec beaucoup de noblesse. Ces quelques lignes étaient nécessaires pour remercier ceux et celles qui ont pris le temps de nous initier à la culture du café.

L’après-midi, Stéphane part visiter le laboratoire de biofabrication de Sol y Cafe, lieu de fabrication des engrais biologiques. Nous en avons souvent parlé, ces laboratoires sont présents dans tous les pays visités. La plupart des paysans connaissent et utilisent les biofertilisants qu’ils fabriquent également directement chez eux.  Ils semblent convaincus : « ils n’abîment pas la terre et assurent un rendement de qualité » nous dit-on à chaque fois !

Les biofertilisants sont des préparations solides ou liquides fermentées qui permettront de nourrir le sol et les plantes. Elles sont composées d’éléments nutritifs, de minéraux, de bactéries, de champignons et de levures comme les fameux microorganismes de montagne (MM). En fonction des recettes, la mixture a un rôle de stimulation de croissance, de floraisons, de fructifications et de défenses naturelles des plantes contre les maladies et les ravageurs. Les producteurs de Jaén ont eux aussi intégré ces préparations dans leurs pratiques agricoles de manière permanente.

Lors de notre tour du monde, nous prenons conscience que l’utilisation massive de pesticides et d’engrais chimiques est néfaste. En Amérique Latine, nous découvrons émerveillés le développement de nouvelles stratégies agricoles visant à la préservation de la qualité des sols (agriculture durable) tout en maintenant une haute productivité (éco-intensification).

Ces produits naturels sont utilisés pour une agriculture biologique durable présentant un impact environnemental et sanitaire moindre et préservant la biodiversité naturelle. Nous remercions ici tous ceux qui nous ont fait découvrir une autre façon de cultiver les sols, plus saine et moins agressive permettant aux coopératives d’exporter toujours plus de café !

Piura, fief de la coopérative NORANDINO

Après une nuit de bus en première classe 😉 (pour 2 euros de plus !) depuis Jaén, nous dégringolons la cordillère des Andes pour arriver à Piura sur la côte nord désertique péruvienne. Un grand merci à Javier, le responsable commercial de Sol y Café qui nous hébergera pendant 4 jours chez lui.

Piura est la capitale de la région du même nom située tout au Nord du Pérou à 950 km de la capitale Lima. Le nom de la ville est dérivé du mot quechua pirhua, signifiant abondance. Elle est surnommée ciudad del eterno calor, qui peut être traduit par la « ville de la chaleur permanente ».

Piura, c’est aussi le fief de la grande coopérative NORANDINO dont les origines remontent à la fin des années 90 et qui est aussi le premier partenaire commercial en 2003 de la Scop ETHIQUABLE où travaille Stéphane. NORANDINO représente désormais 6500 producteurs de café, cacao, panela (sucre complet artisanal). Nous avons donc eu l’opportunité de visiter les producteurs et gouter aux produits de ses 3 filières 😊.

Le café des Andes

Comme d’habitude, on commence tous par la traditionnelle dégustation de café avec le maitre dégustateur Rodolfo. Aujourd’hui, 3 échantillons sont déjà sur la table mais un seul correspond au profil aromatique habituel destiné à Ethiquable. C’est un test à l’aveugle pour tous. A la fin de la dégustation, Louis et Stéphane ont réussi le test 😊. Bravo !!!

Nous irons aussi rendre visite à la famille GUERRERO du village de Montero situé à 3h de route de Piura dans la Sierra. Nous aurons la chance de discuter avec Secundo GUERRERO, le fondateur de la coopérative et aussi avec son fils, Hugo, qui torrifie le café de la famille directement au village : un café premium excellent que nous dégusterons sur place 😊. Le secret ? ce sont les microorganismes de montages (MM) comme toujours. Un petit tour à la biofabrique de fertilisants naturels s’impose 😊. Mummm, on en mangerait !

Des fèves de cacao au chocolat

C’est dans le village de Las Lomas que nous rencontrerons l’association des femmes productrices de cacao et même de chocolat. A la fin de la discussion, dégustation des chocolats fins pralinés : un pur délice ! Nous irons aussi visiter Victor qui produit son cacao dans le village de Païmas au milieu des nombreuses rizières de la région.

Retour à Piura dans le laboratoire d’analyse des pâtes de cacao de Norandino : les enfants attendent avec impatience depuis plusieurs jours la dégustation de chocolat !!! L’exercice consiste à différencier le goût des pâtes de cacao en fonction des zones de production !!!! oulalala, pas évident à priori même pour les experts 😊. Mais le plus surprenant dès la première cuillerée de chocolat fût la grimace des enfants et d’Alexa !!! Et oui, la dégustation est réalisée sans sucre !!! Les pâtes de cacao sont en fait des fèves de cacao séchées, torréfiées et écrasées grossièrement. La dégustation sera tout de même un grand succès qui causera un petit mal de ventre à Esteban ! Mais qui sera finalement de courte durée grâce à l’absorption de la mixture de Papa à base de microorganismes de montagne qu’il emporte toujours avec lui depuis le Honduras ! Gracias les MM 😊.

De la canne à sucre à la panela (sucre complet artisanal)

Nous passerons une journée dans le village de Montero où est produit la fameuse panela péruvienne qui n’est autre que le sucre complet artisanal fabriqué par les producteurs de canne à sucre dans des petites unités aux normes pour l’exportation. Bonifacia, productrice de canne à sucre du village de Santa Rosa, nous explique le mode de culture biologique de sa production dans ses parcelles. Lors de la visite de l’unité artisanal, on comprend bien l’importance de la valeur ajoutée pour les habitants du village. Elle nous explique que la production de panela  a changé les mentalités il y a 30 ans car avant cela, la canne à sucre était transformée principalement en alcool qui était consommé trop largement et causait des désagréments à toute la population. Désormais, la panela est la principale source de revenu de ce petit village.

Retour à Piura chez Norandino : nous faisons la visite de l’unité d’emballage de panela avec la souriante Yeny, la responsable de l’usine. Pas si simple de mettre le fameux produit en sachet car il colle à cause de son taux d’humidité à 2,5%, plus élevé que le sucre blanc ! Mais au fait, quel est l’intérêt de la panela par rapport au sucre blanc raffiné ? La panela est un sucre non raffiné, c’est-à-dire qu’on ne lui retire pas la mélasse qui contient 40 fois plus de minéraux et de vitamines que le sucre blanc !!! Nous encourageons donc la consommation de la panela biologique qui est meilleur pour le producteur et pour le consommateur 😊. Dans l’usine, les enfants sont surpris de la différence de couleur entre les différents lots de panela. La visite commence donc par le mélangeur/homogénéisateur pour que la panela ait à peu près la même couleur dans les sachets ! Ensuite, on passe dans la grande salle de mise en sachet de 500g où travaille une 20aine de personnes. Coïncidence, c’est la marque Ethiquable qui est en production aujourd’hui ;-). Louis et Esteban sont impressionnés de voir toute cette chaine d’emballage mais surtout de comprendre que c’est le même sachet que l’on retrouve dans les supermarchés en France !

Plus d’infos sur NORANDINO :

http://www.coopnorandino.com.pe/

http://www.ethiquable.coop/fiche-producteur/norandino-commerce-equitable-perou-cacao-cafe-fruits

http://www.ethiquable.coop/fiche-producteur/norandino-commerce-equitable-perou-sucre-canne

Nous remercions toute l’équipe de Norandino avant de prendre l’avion pour Cusco, une toute autre région du Sud Pérou où d’autres aventures et surprises nous attendent 😉.

La suite dans le prochain épisode de la Permaculture Family

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#15# EQUATEUR, de Cuenca, la cordillère des Andes à l’Amazonie

#15# EQUATEUR, de Cuenca, la cordillère des Andes à l’Amazonie

Le 13 février 2019

#15# EQUATEUR, de Cuenca, la cordillère des Andes à l’Amazonie

Nous quittons Riobamba et le volcan Chimborazo sous la pluie et le froid, c’est la saison 😊. Huit heures de bus plus tard en pleine cordillère des Andes, nous arrivons à Cuenca.

Cuenca, la ville coloniale

C’est la troisième ville d’Equateur, elle est située à 2 500 mètres d’altitude. Nous arrivons également sous une pluie battante ! Sortie de la gare routière, aucun taxi ne veut nous escorter au motif que nous sommes bien trop chargés. Nous n’en parlons pas souvent mais le tour du monde est fait aussi de moments difficiles où nous sommes fatigués et où tout se complique ! L’arrivée à Cuenca se teinte d’agacement et on pense à la chanson de Barbara : il pleut sur Nantes !

Arrivés à l’appartement que nous avons réservé, les choses s’arrangent et le soleil revient ! Fredy, notre hôte, nous accueille avec un grand sourire : « je suis heureux de vous rencontrer ! ». Il veut absolument nous présenter à sa famille et plus précisément à sa mère. Nous le connaissons à peine, nous sommes épuisés et pourtant nous acceptons, pourquoi ? Vivre un tour du monde c’est vivre à fond tous ces moments de rencontres précieuses avec tous ces gens qui nous hébergent, avec qui on partage leur repas, un café. Nous rencontrons d’autres cultures, d’autres croyances, d’autres peuples, d’autres familles, d’autres sociétés ! Bien souvent, nous devons répondre à cette question : « Mais pourquoi faire un tour du monde ? », pas toujours facile d’expliquer. Mais là – à brûle pour point- on dirait pour l’espoir et pour la rencontre de l’Autre !

Un peu d’histoire…

Cuenca est une ville à l’architecture coloniale. Cependant, son histoire remonte à bien avant la conquête de la ville par les Espagnols, au XVIème siècle. Au VIème siècle, c’est la civilisation cañari, des Amérindiens, qui a fondé ce qui allait devenir plus tard la grande ville de Cuenca. A cette époque, Cuenca n’était encore qu’un village, du nom de Guapondeleg, ce qui signifie dans la langue cañari que ce territoire serait « aussi grand que le paradis ». Ensuite, cette terre a été conquise par les Incas qui ont renommé la ville « Tomebamba », en la faisant devenir la deuxième capitale de leur empire.

Après la conquête par les Espagnols, la ville a obtenu son indépendance en 1820. En 1999, la ville devient patrimoine mondial de l’Humanité grâce à l’UNESCO. Cette ville a été le berceau de nombreux écrivains, poètes et intellectuels équatoriens.

Les belles façades coloniales, dominées par la couleur blanche ont été construites en marbre. Au détour des rues pavées, nous avons découvert de belles cathédrales, et avons basculé quelques siècles en arrière. Cette ville regorge d’églises, de style colonial dont la Iglesia Carmen de la Asuncion, la Iglesia Corazon de Jesus, la Iglesia San Francisco et celle de San Alfonso. Nous reconnaissons la beauté de l’architecture coloniale. Les édifices religieux de Cuenca sont les plus beaux que nous ayons visités depuis le début du voyage !

Notons tout de même que l’évangélisation pratiquée par les Espagnols s’est faite au détriment des croyances animistes des peuples indiens. Avec la colonisation l’Amérique devient espagnole ! La présence missionnaire fait partie intégrante de la conquête de l’Amérique centrale et méridionale : les Espagnols ne conçoivent pas la mise en place d’une administration espagnole sans y inclure les institutions cléricales. Il s’agit des franciscains en 1502, puis des dominicains et enfin des jésuites en 1568. L’évêque de Lima, Turibio de Mongrovejo, préside en 1583 un concile qui définit les grandes lignes de la pastorale missionnaire et de l’organisation de l’Église dans les possessions espagnoles de l’Amérique du Sud. On y décide de traduire le catéchisme en quechua et en aymara.

On interdit alors aux indiens tout retour à leurs croyances antérieures, animistes sous peine de sanction ! On a parlé de politique de table rase pour signifier que les missionnaires espagnols ont à la fois ignoré et éradiqué toute manifestation religieuse antérieure à leur arrivée. Notons tout de même que le prêtre Bartolomé de Las Casas en 1512 s’est opposé aux exactions des colons vis-à-vis des indiens dès 1514.

 

Yantzaza

10 heures de bus depuis Cuenca et nous voilà au bord de la forêt amazonienne à Yantzaza. Quel drôle de nom ? Nous découvrons ce grand village rural en plein développement traversé par l’impressionnant rio Zamora qui rejoint plus loin l’Amazone. Ici nous sommes les seuls touristes. Dimanche, le gérant de notre hotel nous emmène faire le tour des environs et tout spécialement dans la nouvelle parcelle qu’il vient d’acheter. On découvre qu’il utilise aussi les bienfaits des microorganismes de montagne qu’il cultive dans des grands fûts. Encore un de plus dans le club 😉. Les petites boutiques de la ville vendent à peu près tout même des têtes rétrécies en peau de singe, tradition des shuars, les communautés de l’Amazonie. Yantzaza, c’est aussi le moment de se faire une petite coupe pour Louis et surtout Stéphane qui prendra le modèle dessiné sur le mur de la peluqueria 😊.

Balade en Amazonie

Ce matin, il pluviote mais nous sommes bien motivés à marcher en Amazonie, depuis le temps qu’on attend ça. Nous commençons la randonnée avec nos imperméables sillonnant entre les gigantesques arbres. Nous traversons de nombreuses cascades et grottes où s’abritaient jadis les communautés. Le chemin est parfois très rétréci et ça glisse pas mal aussi 😊. La fin de la randonnée est récompensée par une banane plantain braisé au fromage !?! Surprenant mais ça cale bien !

Apeosae, la coopérative des producteurs de bananes, à Yantzaza

Yantzaza, c’est aussi la base de la coopérative APEOSAE, qui rassemble 160 producteurs de bananes plantains de la région. La coopérative a investi dans une usine pour fabriquer des chips de banane emballées dans des sachets qu’elle vend essentiellement en France à la Scop Ethiquable où travaille Stéphane. Après une présentation mutuelle, toute la famille s’équipe de masque et charlotte pour la visite de l’usine. C’est une découverte pour les enfants qui suivent tout le processus de la fabrication des chips : contrôle du taux de sucre des bananes à réception à l’aide d’un réfractomètre (Esteban a désormais une bonne expérience 😊), pelage des bananes, découpage en tranche fine, lavage à l’eau, cuisson à l’huile, séchage dans un tunnel, ensachage…pas si simple ! Désormais ils regardent chaque chips différemment avant de la grignoter ! Merci à toute l’équipe d’Apeosae pour leur accueil chaleureux 😊.

Apecap, la coopérative des producteurs de café, à Palanda

Le lendemain, 6h de bus plus tard, on arrive au village de Palanda au Sud de l’Equateur pour visiter Apecap, une coopérative de producteurs de café partenaire de la Scop Ethiquable depuis 10 ans. Comme l’habitude, notre petite séance vidéos et photos pour la promotion du label de commerce équitable SPP (Symbole des Producteurs Paysans) a beaucoup de succès. Chacun veut témoigner des avantages procurés par le SPP. Nous arpentons les parcelles de café en pente dans la boue pour trouver la meilleure prise de vue ! De bonnes parties de fous rires à raconter !

Jusqu’à la frontière du Pérou

Depuis quelques jours, nous nous dirigeons vers le Pérou. Nous souhaitons passer par une frontière alternative, celle de la cordillère via des pistes en terre. Nous y sommes déjà bien engagés alors que des pluies diluviennes s’abattent en chemin provoquant des nombreux éboulements parfois très impressionnants. La route est bloquée à plusieurs reprises : il faut soit pousser le bus qui s’est embourbé, soit attendre un moment que les bulldozers retirent les rochers et la terre, soit faire demi-tour au village le plus proche et repartir le lendemain. Pendant les attentes aux stations de bus, les écolières veulent toutes se prendre en photo avec Louis et Esteban 😉 qui se prêtent à l’exercice. Finalement, au bout de quelques jours et pas mal d’heures de bus, on arrive enfin à la mini frontière avec le Pérou. On traverse à pied le pont surplombant le majestueux rio Canchis qui sépare les deux pays…

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