PERMACULTURE FAMILY  —   SOIGNER LA TERRE SOIGNER LES HOMMES
#19# BOLIVIE, du Salar de Uyuni en Amazonie

#19# BOLIVIE, du Salar de Uyuni en Amazonie

Le 19 mars 2019

#19# BOLIVIE, du Salar de Uyuni en Amazonie

Surprise !!! La vidéo du Trek du Salar de Uyuni de la Permaculture Family à la fin de l’article 😉 !!!

LE mythique Salar de Uyuni
Des centaines de touristes sont sur la route du trek ce lundi matin à 6H00 ! Des 4X4 sillonnent ce désert du Far West. Tout le monde dans la voiture retient son souffle…. On attend le désert de sel ! Et puis c’est une explosion de lumière spectaculaire, tout le monde hurle dans la voiture, l’océan de sel déploit toute sa beauté sous nos yeux hallucinés. Les portières des 4X4 claquent toutes en même temps. Le ballet des photos va commencer, c’est un peu cliché, un peu touristique mais nous sommes obligés d’immortaliser le moment.
Nous sommes émus car nous sommes un des seuls groupes à traverser tout le Salar pour accéder au bel hôtel de sel ! L’agence d’Uyuni nous a mis en garde lorsque nous avons fait notre réservation : « Nous pouvons vous emmener jusqu’à Notre hôtel de sel, mais il a beaucoup plu et le niveau des eaux a peut-être monté, si c’est le cas, le 4X4 ne pourra pas passer mais aucun souci, vous ferez demi-tour et prendrez un autre chemin !». Nous décidons de tenter le tout pour le tout, l’aventure c’est l’aventure ! Pas question de reculer.
Premier arrêt : le premier hôtel de sel reconverti en restaurant. L’endroit est majestueux, tous les murs sont en sel, et puis l’on trouve le monument du Dakar (et oui, depuis quelques années le Dakar se déroule en Amérique du Sud). Les touristes ont construit une plateforme sur laquelle ils plantent les drapeaux de leurs pays, oh… surprise, nous avons trouvé celui de la Bretagne ! Esteban a longuement cherché celui de Madagascar, mais celui-ci est resté introuvable :-(.
La route reprend de plus belle à fond dans le Salar. Le paysage est maculé de lumière. Le deuxième arrêt photo se fera les pieds dans l’eau, les cristaux de sel nous piquent mais le moment est inoubliable. Tout le groupe improvise une chorégraphie filmée, on se croit au cinéma et on se prend un peu pour des stars, mais bon … pas pour longtemps ! Nous roulons encore 4H (de 15H à 19H). Le Salar de Uyuni n’en finit plus, une drôle d’impression nous envahit : « plus on roule, plus on s’éloigne ». Au loin, nous apercevons une voiture enlisée dans l’eau. Et oui, l’eau ne cesse de monter, elle arrive maintenant au marche pied de la voiture ! C’est juste dingue, on ne peut même plus ouvrir les portières ! Mais bon, on continue à avancer et le puis le chauffeur n’a pas l’air inquiet, alors pas de soucis…

Mais aussi le cauchemar de Uyuni !!!
Et puis, c’est la panne, le 4X4 s’arrête brutalement, enlisé dans le sel, il a fini par s’embourber ! Certains dans le 4X4 proposent de rejoindre la terre à pied car l’eau nous arrive seulement aux genoux. « Pourquoi quitter la voiture dans laquelle nous sommes en sécurité me direz-vous ? », et bien la nuit tombe ! Dans moins de 20 minutes, l’obscurité sera totale. Sans parler du froid glaçant qui pointe le bout de son nez. On est quand même à plus de 4000 m. d’altitude !!! Flûte, vraiment pas de chance, ce n’est pas croyable. Maintenant que nous écrivons, nous réalisons que nous avons eu peur. Le chauffeur refuse que nous sortions du 4X4. Il nous assure qu’un tracteur va venir nous tracter d’ici 20 minutes, nous sommes alors confiants.

Et puis après 1H d’attente, il faut bien se rendre à l’évidence personne ne viendra tracter la voiture. D’ailleurs, le chauffeur semble prendre conscience que le temps presse, à cause du froid et du vent. Alors, il va prononcer cette phrase dont on se souviendra toute notre vie : « Vamos a caminar !?! » autrement dit : « nous allons marcher !?!». On fait répéter plusieurs fois le chauffeur pour être sûr d’avoir bien compris :-(.

Alors, nous voilà partis dans la nuit et l’eau froide et surtout avec nos 30kg de bagages sur le dos, on réalise à peine ce qu’il se passe… on marche, c’est tout ! Le guide répète plusieurs fois qu’il n’y a aucun danger, mais il dit aussi qu’il faut avancer plus vite car le vent se lève ! Alors nous marchons tête baissée avec la lampe du téléphone pour 4 pour ne pas tomber. 30 minutes, 1 heure, ça n’en fini plus et on ne voit toujours pas la berge. On est perdu tout comme le guide aussi qui nous presse toujours…mais pour aller où ? On aperçoit les phares d’une voiture au loin mais plus on marche, plus on a l’impression qu’elle s’éloigne…Le guide nous avait dit 500 mètres à parcourir mais ça fait plus d’une heure et demi que nous marchons dans l’eau glacée. On ne réfléchit plus…Le silence s’installe dans le groupe, et chacun réalise que l’eau ne cesse de monter, elle nous arrive maintenant aux cuisses ! Esteban commence à pleurer, pas évident de rassurer un enfant lorsque l’on est soi-même très inquiet… pas facile !
Un peu d’espoir quand même, lorsque nous apercevons les secours à moins de cinquante mètres, on a presque gagné !! mais le tronçon d’eau pour rejoindre la fameuse voiture sur la berge est bien trop profond et le courant est trop puissant, nous sommes sidérés. Il faut se rendre à l’évidence, on est bloqué, on ne peut pas traverser. Notre guide ne se décourage pas et il tente le tout pour le tout. Il serre Esteban dans ses bras et décide de traverser malgré tout ! L’eau lui arrive au ventre, il est déséquilibré par le gros sac à dos qui flotte et manque d’être emporté ! Obligé de faire demi-tour, il nous rejoint ! Esteban hurle …nous devons rester calmes pour autant et confiants, malgré la peur. Les secours sur la rive nous font signe d’avancer tout en sachant que traverser serait dangereux. Alexa craque, Louis la serre dans ses bras, et c’est réconfortant ! Stéphane doit maintenir tous les bagages et chaussures hors de l’eau… Notre guide est un homme vaillant et avec Esteban dans les bras, il continue de chercher une issue, il n’abandonne pas. Dans la stupeur générale, il trouve un passage, beaucoup d’eau mais pas de courant, nous sommes sauvés !!! Nous nous engouffrons dans la voiture au pas de course, besoin de chaleur ! L’épreuve est derrière nous et déjà nous sourions, nous sommes tous les 4 ensemble, unis plus que jamais par l’amour que nous nous portons ! Bravo à Louis et Estéban qui ont démontré un courage exemplaire dans cette épreuve !

Nous arrivons vers 23H00 à l’hôtel de sel. Epuisés et heureux, nous avons atteint notre objectif, le fameux hôtel de sel ! Tout est blanc, épuré, les murs scintillent, nous allons dormir dans un décor de rêve ! Avant de s’endormir, le guide vient nous voir : « si vous êtes d’accord pour continuer avec moi, le lever demain matin a lieu à 6H00 ». Il y a eu un temps de silence dans le groupe. Une légère hésitation était palpable et puis finalement on a tous répondu « mais bien sûr, on continue, le trek commence à peine ! on sera tous en forme demain matin ! ».

Pour ceux qui se pose des questions sur cette mésaventure, il est en effet très rare de s’embourber dans le Salar d’Uyuni inondé et si c’est le cas, un autre véhicule vient en sauvetage en moins d’une heure…malheureusement, le véhicule n’était pas disponible de suite et est venu tracter notre 4X4 que vers 2h du matin !!! La marche de nuit dans le Salar est donc une procédure exceptionnelle surtout avec des enfants !!!

Les déserts de pierre
7H du matin, direction le désert pour découvrir un endroit incroyable avec d’impressionnantes formations rocheuses : « on n’a jamais vu ça de notre vie ». Nous escaladons, nous sautons de rocher en rocher. On se balade entre les rochers, avec ce volcan au loin et en quelques instants, on se sent seul au monde. Plus de bruit, personne ne parle, juste le vent au milieu de ce désert hallucinant. Pendant 3 heures, nous avons eu l’impression d’être sur une autre planète.
Le fort vent qui souffle ici a forgé de surprenantes formations rocheuses qui rappellent les tableaux des grands maîtres espagnols. Après avoir parcouru une centaine de kilomètres, nous déjeunons au milieu des rochers qui nous rappellent celles du Grand Canyon.

Les lagunes de toutes les couleurs
Puis nous reprenons la route en direction les lagunes. Nous débarquons devant la Laguna blanca, une fois encore, le paysage est simplement magnifique. L’eau, les flamants roses, les reflets des volcans et montagnes, tout ça ressemble à une œuvre d’art, un tableau de Flandres, peut-être. Difficile de rester insensible face à ces paysages et le calme qu’il s’en dégage. C’est une ode à la méditation, nous sommes impressionnés devant tant de beauté, alors on regarde encore et encore. Décidément Uyuni et les déserts environnants ont beaucoup à offrir. Nous avons mangé au milieu de ce décor féérique entourés de nouveaux amis, les flamands roses bien paisibles.

Les lagunes ont élu domicile dans le sud du Salar de Uyuni. Ici, débute la région du Sud-Lípez, pratiquement vide de toute présence humaine. Les conditions climatiques (jusqu’à -30°C en hiver) et l’altitude ont découragé toute culture, toute installation. Nous dirions des lagunes que ce sont des sortes d’oasis au milieu de paysages tourmentés. Les lagunes sont les sites les plus marquants de la région. Ces lacs de montagne d’origine volcanique, aux eaux soufrées et salées, ont la particularité d’être colorées.

En fin de journée, nous arrivons à la dernière lagune. Entourée de volcans à plus de 5000 m d’altitude, la Laguna Colorada offre le spectacle d’une étendue liquide, allant du marron au rouge sang, en passant par le rose. Des teintes provoquées par les sédiments de couleur rouge et des algues microscopiques. Un paysage irréel, ponctué de flamants roses qui pataugent dans les eaux basses.
Nous avons dormi dans une auberge rustique au bord de la Laguna Colorada. Il fait moins 5 degrés, on se met dans nos duvets, transis de froid, on ne bouge plus ! La journée qui s’annonce malgré le froid glacial va nous offrir l’autre splendeur de la région, la Laguna Verde dont la couleur est due à la forte concentration en magnésium de l’eau. Un rêve de photographe, à plus de 4 500 m d’altitude, dominé par la silhouette altière du volcan Licancabur. D’ailleurs, la Nasa a immortalisé sa couleur unique depuis la navette spatiale. Nous sommes arrivés au bout de la route : derrière la frontière, voici le Chili et le désert de l’Atacama. C’est sublime !

Les eaux thermales à 0°C !
3ème et dernier jour, levé à 4h30 pour aller observer les geysers dans le cratère d’un volcan à 5300 mètres d’altitude. La température extérieure est de -5°C lorsqu’il faut sortir de la voiture pour aller cheminer entre les jets d’eaux de vapeur et les boues brulantes qui dérobent le sol volcanique. Six minutes d’exposition dans les fumées de souffre nous suffisent pour bien se rendre compte de ce milieu hostile. Nous reprenons la route pour descendre du cratère et reprendre notre souffle. Oufff
Vingt minutes plus tard (6h30), nous nous arrêtons au pied du volcan pour la douche matinale ou plutôt le bain en plein air. On hésite d’abord car la température extérieure matinale à 4300 m. d’altitude ne dépasse toujours pas 0°C mais le soleil radieux nous encourage à tremper les pieds puis tout le corps. Et oui 37°C c’est la température de l’eau. Les enfants sont ravis et il faudra user de ruses pour les déloger de cette piscine providence !

L’après-midi nous remontons jusqu’à Uyuni, à 350 km de là soit environ 6h de piste. Nous traversons la région de Rio Grande qui abrite beaucoup de vigognes et de nandous (cousins de l’autruche) ! Avant d’arriver à Uyuni, nous nous arrêtons dans le village de San Cristobal, connu pour sa riche église coloniale. Voilà fin du trek à 18H !

Dix jours plus tard, nous sommes toujours envahis par le Trek du Salar souvenir génial, enivrant malgré le froid et la peur…

Voici la vidéo du Trek du Salar de Uyuni de la Permaculture Family en ligne 🙂

Cochabamba
Il est temps de mettre le cap vers l’Est désormais, vers le Brésil mais une longue route nous attend pour traverser le continent sud-américain. On le fera donc par étape. A 4 h de bus, nous nous arrêtons quelques jours à Cochabamba (2500 m.) pour souffler de nos aventures uyunesque et pour reprendre les devoirs des enfants. La 3ème plus grande ville bolivienne est vraiment agréable. Après la visite du centre historique et de la cathédrale, on embarque pour le téléphérique qui nous mène sur les hauteurs de la ville, au pied de la plus haute statue du Christ au monde (40 mètres et des poussières). Comme nous, vous pensiez que c’était celle de Rio de Janeiro au Brésil et bien non 😉.

Santa Cruz de la Sierra
Ce soir, nous prenons le bus de nuit pour rejoindre la 2ème plus grande ville bolivienne, Santa Cruz de la Sierra à 350 km mais 10 heures de bus sont nécessaires car la route est composée de centaines de lacets, ça descend, ça monte et ça redescend jusqu’à la destination finale à 420 m. d’altitude. C’est samedi soir, il est 21h dans la gare bondée de Cochabamba qui visiblement est beaucoup trop petite pour accueillir le flux de bus qui se garent les uns derrière les autres jusqu’à 4 rangées. Il faut alors partir à la recherche de son bus dans la pénombre…au bout de 30 minutes d’investigation, notre bus n’est toujours pas là. Finalement on apprend qu’un pont s’est effondré sur la nouvelle route qui mène à Santa Cruz. Bilan : il faut changer d’itinéraire et passer par « l’ancienne route » de la montagne. Mais voilà, les grands bus ne peuvent pas y passer, seulement les petits et ceux qui ont déjà pas mal de kilomètres au compteur…on hésite et puis finalement on monte dans le bus de minuit. C’est parti pour une nuit et une matinée bien secouée. On arrivera à Santa Cruz à 15h bien éprouvés par le voyage. Heureusement notre petite location bien située viendra redonner de l’énergie aux enfants.

La suite de nos aventures en bus dans la traversée du Chaco jusqu’au Paraguay dans le prochain épisode ! Encore de l’agitation en prévision!

N’hésitez pas à laisser vos commentaires,
Saludos

La Permaculture Family

#18# BOLIVIE, voyage sur l’altiplano, de Copacabana à Uyuni

#18# BOLIVIE, voyage sur l’altiplano, de Copacabana à Uyuni

Le 10 mars 2019

#18# BOLIVIE, voyage sur l’altiplano, de Copacabana à Uyuni

Le passage de frontière entre le Pérou et la Bolivie s’est bien passé : simples formalités comme une lettre à la poste 😊. Après quelques photos souvenirs, le bus continue mais voilà que la route s’arrête brutalement juste après Copacabana. Tout le monde descend ! Pendant que nous montons sur une vedette avec d’autres passagers, notre bus s’embarque sur une barge en bois pour quelques minutes de navigation dans les vagues du lac Titicaca. Un spectacle toujours aussi insolite même pour Stéphane qui avait déjà effectué cette traversée en vélo en 2002 ! Rien a changé et c’est tant mieux car la construction d’un pont (plusieurs fois envisagé) mettrait à mal les emplois de centaines de locaux. Après avoir traversés longuement la ville de El Alto perchée à 4150 m. d’altitude, nous plongeons finalement dans La Paz.

La Paz, la capitale de la Bolivie ¿
Et non, La Paz (2,3 millions d’habitants) n’est pas la capitale de la Bolivie ☹. C’est bien Sucre (500 000 habitants), la capitale administrative. C’est le dernier weekend du carnaval dans les rues de La Paz avec de nombreux défilés et danses locales. Difficile de ne pas se faire arroser ☹ à la grande surprise des enfants 😊. Le spectacle est féérique surtout la nuit lorsque la cuvette s’illumine de milles feux. Les enfants profitent de cette halte pour avancer leurs devoirs qu’ils avaient un peu « mis de côté » depuis notre arrivée en Amérique du Sud fin janvier. La Bolivie c’est aussi le pays où Ernesto Guevara (Le Che) réalisa ses dernières activités mais qui finira malheureusement exécuté en 1967…

Oruro, les mines d’argent et le train
Nous reprenons la route de l’altiplano en bus vers Oruro (3710 m alt.) où le 2ème plus grand carnaval d’Amérique du Sud (300 000 visiteurs) vient de se terminer. Il faut comprendre que la ville de Oruro est située en plein milieu du désert en terre hostile et que la ville, fondée en 1606, fût également connue pour ces mines d’argent puis pour ces mines d’étain fin du 19ème siècle. Désormais, les filons sont épuisés et c’est le carnaval, reconnu patrimoine culturel de l’humanité par l’UNESCO, qui redynamise désormais la ville en déclin. N’oublions pas une autre attraction de taille : la plus grande statue de la Vierge Marie (45 mètres de haut) qui se visite en téléphérique !
Oruro, c’est aussi le point de départ du train qui la relie à la fameuse ville de Uyuni plus au Sud à 370 km. On embarque donc pour ce train mythique qui « vole » au-dessus des grandes étendues salées. Insolite, le trajet reste un grand souvenir pour Louis qui a pu continuer ses devoirs jusqu’au coucher du soleil 😊. C’est l’occasion de discuter avec de nombreux backpackers francophones : des tourdumondistes qui réalisent eux aussi leurs rêves à leur manière 😊.

Uyuni, renaissance d’une ville minière
21h, le petit train nous dépose à la magnifique gare de Uyuni. Sortie de la gare, de nombreux hôtels s’offrent à nous mais comble du sort ils sont tous pleins ou bien à des prix exorbitants hors budget 😉. Il nous faudra plus d’une heure à errer dans les rues pour dégoter le bon plan de la ville pour le logis et le couvert ! Oufff
C’est encore le carnaval ici. La journée, les lamas vivent leur dernières heures ☹ ! Les animations de la ville réchauffent l’air glacé des soirées. Séance photos avec les locomotives à vapeur et les géants du carnaval.

CECAOT, coopérative de producteurs de quinoa real
Le lendemain, nous partons à la rencontre de la coopérative CECAOT qui regroupe plus de 350 producteurs de quinoa real de la région de Uyuni à 3670 m. d’altitude et cela depuis 45 ans ! Après la visite de l’usine de préparation de la petite graine et de sa mise en boîte pour la Scop Ethiquable où travaille Stéphane, les producteurs s’adonnent à la séance photos/vidéos de promotion du label de commerce équitable SPP (Simbolo de Pequenos Productores) ! C’est toujours l’occasion d’échanger ses points de vue 😊. Une petite séance de drone nous rappelle également l’aridité de la zone et on se demande bien comment font les producteurs pour faire pousser leur quinoa dans ce désert où il pleut moins de 180 mm/an sous forme de gros orages.
Rappelons que la Bolivie était le premier producteur mondial de quinoa jusqu’en 2013, l’année internationale du quinoa (décrétée par la FAO pour son rôle dans la sécurité alimentaire des peuples andins) qui a fait flamber le prix à la tonne de 1500 euros à 8000 euros !!! Certains producteurs se sont mis à cultiver la « pépite d’or » à grands moyens d’engrais/de tracteurs contaminant et fragilisant les sols de la puna de l’altiplano. Avec la chute des prix deux ans plus tard, les pratiques sont re-devenues raisonnables. C’est désormais le Pérou qui est le premier exportateur mondial de quinoa conventionnel alors que la Bolivie reste la référence en bio avec son quinoa real.

Le cimetière de trains
A la sortie de la ville d’Uyuni, des anciennes locomotives à vapeur témoignent d’une activité minière de longue date. Comme Oruro, Uyuni est aussi une ville minière qui a connu sa période faste.
Le petit village s’est énormément développé. Il accueille désormais depuis 2 décennies le départ en trek 4X4 des touristes venus du monde entier pour découvrir le plus grand désert de sel au monde, le salar de Uyuni, 11 000 km carré de sel et bien d’autres merveilles ! Une aventure à suivre dans le prochain épisode non sans surprise !!!

N’hésitez pas à laisser vos commentaires,
Saludos

La Permaculture Family

VIDEO PEROU # La Permaculture Family chez NORANDINO, coopérative de producteurs de café, cacao et panela bio et équitable

VIDEO PEROU # La Permaculture Family chez NORANDINO, coopérative de producteurs de café, cacao et panela bio et équitable

Hola,

Le mois dernier, la Permaculture Family était en visite chez NORANDINO, une coopérative de producteurs de café, cacao et canne à sucre créée à la fin des années 90. Grâce au développement des marchés biologique et commerce équitable, NORANDINO compte désormais 6500 producteurs autour de la Sierra de Piura au Nord du Pérou.

Nous avons eu la chance de participer aux activités des 3 grandes filières.

CAFE : de la parcelle de Secundo GUERRERO, un des fondateurs de la coopérative, à Montero jusqu’à l’usine de préparation du café de Piura pour la dégustation des meilleures cafés bio et équitable.

CACAO : des cacaoyers de Victor du village de Païmas et du local de Victoria et l’association des femmes entrepreneuses San Lorenzo jusqu’à l’usine de fabrication des pâtes de cacao de Piura pour une dégustation sans sucre (!) à la grande surprise des enfants 😉.

PANELA : des parcelles de canne à sucre de Bonifacia et de son atelier de fabrication du sucre complet artisanal de Montero jusqu’à l’usine d’emballage de la panela à Piura pour la SCOP Ethiquable.

Merci à toutes les équipes de Norandino pour leur accueil chaleureux.

Bon visionnage

N’hésitez pas à laisser un commentaire.

La Permaculture Family

#17# PEROU, du Machu Picchu au lac Titicaca

#17# PEROU, du Machu Picchu au lac Titicaca

Le 2 mars 2019

#17# PEROU, du Machu Picchu au lac Titicaca

Depuis Piura, nous nous envolons via Lima vers Cusco de l’autre côté du Pérou car une surprise nous attend, les parents de Stéphane qui ont fait le voyage depuis la Bretagne pour passer une semaine avec leurs petits enfants qu’ils n’ont pas vus depuis 6 mois !

Cusco, le centre du monde !

Avec près de 500 000 habitants, c’est la ville la plus touristique du Pérou perchée à 3400 mètres d’altitude en pleine cordillère des Andes. Cusco fût la capitale de l’empire Incas et c’est aussi le « centre du monde » que l’on peut admirer dans le musée des Incas. Toute la ville est inscrite au Patrimoine Mondiale de l’UNESCO depuis 1983. Logés non loin de la célèbre place des armes, nous déambulons dans les rues du centre-ville dont la plupart ont gardé les murs originels en pierre taillées imbriquées de l’époque Incas. Impossible d’échapper aux nombreux vendeurs ambulants proposant les fameux portes clés lamas qui amusent beaucoup les enfants. Nous avons visité l’intérieur de la prestigieuse cathédrale Notre Dame de l’Assomption achevée en 1669 après 110 ans de travaux et plusieurs tremblements de terre qui l’ont épargnée. On retrouve un peu partout la statue de Tupac Amaru, un indien qui mena une campagne de rébellion contre les Espagnols dès le début de leur arrivée. Malheureusement, il fût exécuté en 1572 avec sa femme, ses enfants et ces principaux partisans. Il reste néanmoins le premier révolutionnaire, tout un symbole. Cusco est une ville riche sur le plan culturel où les spectacles de danses traditionnelles sont permanents.

Le riche patrimoine autour de Cusco

Nous partons tous ensemble en bus dans la Vallée Sacrée des Incas. C’est la saison des pluies (heureusement nous n’aurons pas une goutte durant notre séjour !) et les paysages de montagne sont très verdoyants : maïs, quinoa et surtout les pommes de terre en fleurs de toutes les couleurs. Premier stop à Pisac, un site archéologique démontrant le génie des Incas : construction ingénieuse à flanc de montagne, finesse de la taille des blocs de pierre immenses, interminables cultures en terrasse et styles architecturaux des temples et quartiers de la ville. Plus loin, c’est visite de la ville Ollyantaytambo et de sa forteresse militaire impressionnante ainsi que les greniers à pomme de terre et les sculptures gigantesques gravées à même la montagne. Puis sur les hauteurs de Cusco, visite du site de Sacsayhuaman, la forteresse cyclopéenne qui protégeait la ville.

Le programme préparé par les parents de Stéphane est chargé mais très intéressant 😉. On enchaine donc les visites : Tampumachay, les bains des Incas ; Q’enqo, le centre cérémonial dédié à la fertilité ; le village de Maras et ses salines en terrasses encore exploitées qui offrent un spectacle insolite ; Moray et le laboratoire agronomique des Incas -construit dans une cuvette sur des terrasses concentriques atteignant 150 m de profondeur pour faire varier les températures – qui avait pour objectif d’améliorer les céréales et pommes de terre pour obtenir des variétés plus résistantes aux fléaux et au climat. Enfin, à 28 km de Cusco, nous visitons le village de Chinchero, connu pour son église et ses foires aux textiles colorés. C’est l’occasion de discuter avec les dames aux chapeaux typiques de la région. Les ruelles sont jonchées de vendeurs de maïs géant bouilli dont nous nous délectons. Nous terminons la visite par un déjeuner dans un restaurant qui propose du cochon d’inde mais les enfants n’ont pas le courage de voir ces petits animaux naïfs, confortablement installés dans leur château, finir dans leur assiette 😉.

Le Machu Picchu

Pour accéder à la merveille du Machu Picchu, pas d’autres choix pour nous d’emprunter le train mythique INCA RAIL jusqu’au village de Aguas Calientes traversé par le rio Urubamba, celui qui entoure l’imprenable montagne légendaire. Après une courte nuit et 30 minutes de bus en lacet, nous voilà à l’entrée des mégastructures de légende ! Le rêve est là face à nous, sûrement la plus belle merveille de l’histoire (avec les pyramides, évidemment !). Oui, ce sont des constructions qui défient le temps et l’imagination.

Cette visite ultra touristique (désormais limitée à 6000 entrées/jour) nous a permis de revivre l’histoire de ces hommes qui ont défié leur époque. « Le Machu Picchu est une ancienne cité inca du XVe siècle, perchée sur un promontoire rocheux qui unit les monts Machu Picchu et Huayna Picchu sur le versant oriental des Andes centrales ». Cette cité sacrée a été oubliée pendant des siècles ! Aujourd’hui, elle est considérée comme une œuvre maîtresse de l’architecture inca.

Nous avons eu la chance immense d’observer les caractéristiques architecturales du Machu Picchu et un voile de mystère a envahi la visite… Découvert en 1911, le site du Machu Picchu n’a cessé de faire parler de lui depuis. Aujourd’hui encore personne ne saurait dire s’il s’agit d’une forteresse ou d’une ville, toujours pas d’explication définitive. Le guide qui nous accompagne tout au long des 4 heures de visite nous dit avec émotion : « vous avez face à vous le travail d’une civilisation à son apogée ». Beaucoup d’historiens s’accordent à dire qu’il serait pratiquement impossible de reproduire un ouvrage d’une telle envergure, à 2400 mètres d’altitude. Alors une question demeure, et c’est la même que pour celle des pyramides : comment ces hommes ont-ils fait ?

Et c’est vrai, nous avons devant nous une merveille architecturale auréolée de mystère. Cette cité a été abandonnée par les Incas au XVIe siècle juste avant l’arrivée des conquistadores. Ainsi, la ville sacrée tomba dans l’oubli. Elle fut « redécouverte » en juillet 1911 par l’explorateur américain Hiram Bingham et continue d’être étudiée. En 1983, elle est inscrite au Patrimoine Mondial de l UNESCO.

L’histoire raconte que le Machu Picchu aurait été construit sous le règne de l’empereur Pachacutec. Il y aurait d’ailleurs résidé. Le site se compose de quelques 200 constructions et est divisé en deux parties : la haute et la basse ville. On y découvre des terrasses destinées au travail agricole. La cité était traversée de canaux d’irrigation. Les Incas étaient parvenus à acheminer de l’eau à plus de 2000 mètres d’altitude !  Aucune explication à ce jour. L’un des premiers vestiges découverts par Bingham en 1911 est un temple semi-circulaire, dont l’explorateur lui trouvait une ressemblance avec le Temple du Soleil de Cuzco.

Malgré l’architecture imposante, elle s’harmonise pourtant parfaitement avec la nature alentour. On lui compte donc trois fonctions : résidentielle, agricole et religieuse. C’est une construction impressionnante et notre guide nous explique : « rendez-vous compte, les bâtisseurs de l’époque n’ont utilisé ni mortier ni métal. Et pourtant, les pierres sont parfaitement imbriquées les unes avec les autres ! ». Comme pour les pyramides, « on ne pourrait insérer la moindre aiguille entre les monolithes », c’est ce qu’écrivait Hiram Bingham. Il s’agirait d’un sanctuaire inca, mais également de la « principale ville de la province ». Pour l’explorateur, le Machu Picchu serait en fait les vestiges de la cité perdue de Vilcabamba la Vieja, dernière capitale inca.

Laissez-vous porter par nos photos, en espérant que vous ressentirez le moment fabuleux que nous avons vécu !

De Cusco à Puno sur les bords du Lac Titicaca

Six heures de bus séparent Cusco de Puno. Sur la route, au village de Raqchi, nous découvrons le site archéologique composé d’une muraille en pierre de lave avec deux entrées pour le Chemin des Incas qui mène au Machu Picchu. Plus loin, nous avons la chance de visiter l’intérieur de la « Chapelle sixtine des Andes » à Andahuayllilas. Cette église jésuite du 16ème siècle dispose d’une décoration intérieure étonnante avec une explosion d’or, de sculptures et de peintures qui avaient pour but d’impressionner les populations indigènes de l‘époque pour faciliter leur conversion…

Plus loin, un arrêt au col à 4335 m qui sépare la région de Cusco et celle Puno, nous entrons sur l’altiplano péruvien, un immense plateau de verdure entouré de montagnes enneigées pour le bonheur des immenses troupeaux de moutons et de lamas. A la pause déjeuner au milieu de nulle part, le restaurateur nous propose de goûter le café d’un ami de l’Amazonie pour la somme de 2 euros la tasse !?! Mais pourquoi est-il si cher ? en fait c’est un Kopi Luwak, un café récolté dans les excréments de civettes apprivoisées qui digèrent la pulpe de la cerise du café mais pas le noyau 😉 Mummmm, un des meilleurs cafés au monde 😉.

Le lac Titicaca et ses îles Uros, Amantani et Taquile : voguer au gré du vent

Après Cuzco et les merveilles de la Vallée Sacrée, nous voilà en route pour le lac Titicaca. Nous rêvons de ce lac depuis notre arrivée au Pérou : une étendue d’eau mythique perchée à 3812 m au cœur de la cordillère des Andes. Nous avons hâte de découvrir quelques-unes de la quarantaine d’îles dont certaines sont habitées. Certains disent que c’est « le plus haut lac navigable du monde ». Le lac représente pour les indiens des Andes le berceau de la civilisation Inca : le premier Inca, Manco Capac, aurait surgi des eaux du lac sur les ordres du dieu Soleil pour fonder l’empire Inca. C’est un lieu sacré pour de nombreux peuples andins.

La légende du lac raconte « qu’il y avait une vallée fertile où les hommes vivaient heureux. La vallée était protégée par les « Apus » (dieux de la montagne). Les Apus avaient juste une restriction : ne pas aller au sommet de la montagne, là où brûlait le feu sacré et où se trouvait le diable. Le seul but du diable était de diviser les hommes afin qu’ils se retrouvent dans la pauvreté et la misère. Il les mit alors au défi et leur demanda d’aller chercher le feu sacré pour prouver leur courage. Mais les hommes se firent prendre par les Apus qui, furieux, décidèrent d’envoyer des milliers de pumas pour les punir. « Inti », le dieu du soleil, fût tellement triste, qu’il pleura pendant 40 jours et 40 nuits sans s’arrêter et inonda alors la vallée. Seulement un homme et une femme survécurent et trouvèrent refuge dans une barque. Quand le soleil se mit à briller de nouveau, les deux survivants ont découvert qu’ils étaient au milieu d’un lac très grand où flottaient les cadavres des pumas transformés en pierre. C’est pourquoi ils donnèrent le nom de « lac des pumas de pierre ».

Notre première escale en bateau : les îles flottantes Uros. Celles-ci ont été créées au XIIIème siècle par le peuple du même nom pour échapper aux Incas, la tribu rivale. Le peuple des Uros a complètement disparu au cours des années 1950 et les îles sont désormais habitées par des indiens Aymaras. Les Uros forment un archipel d’une quarantaine d’îles flottantes, artificielles, composées de totora, une sorte de jonc qui pousse abondamment dans le lac. Une couche d’environ 80 cm de totora est nécessaire pour former l’île, cette couche devant être régulièrement renouvelée à cause de la dégradation du jonc au contact de l’eau. Les îles sont amarrées à des poteaux d’eucalyptus au moyen de cordages et de pierres afin qu’elles ne dérivent pas sur le lac. Les habitations et le mobilier sont également fabriqués avec ce roseau.

Deux heures de bateau plus tard, nous arrivons sur l’île d’Amantani, la légende dit que c’est la Perle du lac Titicaca ! En effet, elle brille de mille feux, nous sommes fascinés ! Du haut de ses 9 kilomètres de large, l’île d’Amantani est une petite terre ronde qui émerge avec grâce des eaux du célèbre lac Titicaca. 800 familles, du bétail et des centaines de parcelles agricoles aux teintes variées se partagent l’île. Sur les chemins de pierres, aucun véhicule ne vient perturber la circulation des ânes et des habitants. A peine posé le pied sur l’ile, nous nous élançons sur les chemins de pierre pour réaliser une ascension à 4150 mètres d’altitude. Les paysages sont hallucinants et nous rappellent ceux de l’île de Bréhat en Bretagne. Pas évident de grimper, nous avons le souffle court ! A cette altitude, difficile de respirer correctement. Arrivés au sommet de l’île, le paysage marin nous émerveille, l’émotion est à son comble ! La vue à 360 degrés sur le lac Titicaca est imprenable. Deux temples incas protègent l’île : Pachatata et Pachamama.

Le soir, nous avons tous dormi et mangé chez l’habitant. Ces deniers ne parlaient pas l’Espagnol, ils ont choisi de conserver la langue de leurs ancêtres le Quecha. Nous avons vécu en immersion chez une famille péruvienne, coupés du monde, le temps s’est suspendu. Merci à eux pour ce moment magique et mystique ! Les paysages étaient une ode à la méditation. Mis à part le froid glacial de l’île, tout nous a réchauffé le cœur. Après une nuit propice au rêve, nous sommes repartis sur bateau pour visiter l’ile de Taquile avant de retrouver l’agitation bruyante de Puno déjà en plein carnaval.

« 1 de 2 »

Jusqu’à la frontière avec la Bolivie

Après une bonne nuit de repos à Puno, il est temps de dire aurevoir aux parents de Stéphane qui continuent leur périple péruvien vers Colca, Arequipa et les lignes de Nasca sur la côte. De notre côté, nous restons sur l’altiplano en direction de la frontière bolivienne. Nous longeons le lac Titicaca. Hasta luego Peru.

C’est le tour du monde qui reprend sur les starting blocks !!!!

La suite dans le prochain épisode de la Permaculture Family

N’hésitez pas à laisser vos commentaires,

Saludos

 

La Permaculture Family

#16# PEROU, des Andes à la côte désertique de Piura

#16# PEROU, des Andes à la côte désertique de Piura

Le 21 février 2019

#16# PEROU, des Andes à la côte désertique de Piura

Bienvenido à Peru !!! Nous y entrons par la petite frontière de la cordillère des Andes. Passé le rio Canchis, le bus nous emmène après d’interminables lacets dans la ville de Jaén tout au Nord du Pérou. La ville est en effervescence car c’est le « dia de la amistad » ou « dia del amor » autrement dit la Saint Valentin du 14 février. Une occasion de rappeler que l’Amour est notre force et que notre projet Permaculture Family est un challenge quotidien, un rêve qui vaut la peine d’être vécu ensemble !

Jaén, la capitale du café péruvien

Notre arrivée est marquée par le soleil et la chaleur (25 degrés) que nous avions perdus en Equateur !!  C’est Lénine, l’assistant du responsable commercial de la coopérative Sol y Cafe qui nous accueille avec une gentillesse infinie à la descente du bus. Il va faire de notre séjour à Jaén un pur moment de bonheur.

Jaén est la deuxième ville en termes d’habitants de la région de Cajamarca. Fondée en 1549 par l’Espagnol Diego Palomino, l’origine de la ville remonte entre 1000 et 1500 ans avant J-C où d’importants établissements humains furent localisés dans les vallées des actuelles provinces de Jaén, Bagua y San Ignacio. Jaén se situe à proximité du Marañón, un des composants de l’Amazone.

Un des objectifs pour nous est de réaliser l’interview des différents acteurs de la coopérative. Comme à chaque fois, la rencontre débute par une dégustation du café. L’équipe de Sol y Cafe nous attend. Comme dans toutes les coopératives, les catadors (dégustateurs) diplômés pratiquent l’art de la dégustation depuis plusieurs années. Nous commençons nous aussi à maîtriser les étapes d’une dégustation de café. Pour autant, il n’est pas simple de remplir la fameuse fiche méricaine d’évaluation SCAA. Celle-ci requiert des compétences particulières que Stéphane a acquises grâce à son expérience et son diplôme de catador ! Louis semble suivre le même chemin et réalise l’exercice avec beaucoup d’intérêt et de professionnalisme !

Pour réussir une dégustation du café, il faut respecter plusieurs étapes. Tout d’abord, il faut sélectionner les échantillons de café vert que l’on va déguster en fonction des arrivages. Voici les étapes à suivre…

1- Utilisez un moulin pour réaliser une mouture moyenne et versez le café moulu dans une tasse. Nettoyez le moulin et répétez cette opération pour chaque échantillon.
2- Sentez le café moulu pour évaluer la fragrance de chaque tasse et notez les différences aromatiques entre les cafés. C’est le commencement de la dégustation !
3- Portez de l’eau à ébullition puis versez la à la température de 96°C sur le café moulu en vous assurant qu’il soit totalement imbibé. Laissez le café infuser pendant 6 minutes.
4- Remuez délicatement la surface du café. Ça s’appelle « cassez la croûte » et mélangez doucement le marc flottant pour humer l’odeur.

5- Écumez la mousse et le marc flottant à l’aide de deux cuillères spéciales (pensez à utiliser une cuillère différente pour chaque tasse).

Lorsque le café est à la bonne température, plongez-y délicatement votre cuillère et aspirez le café avec un peu d’air. Cela permettra une meilleure diffusion des arômes. Prenez le temps d’analyser les sensations que les cafés vous évoquent, leur goût, leur texture ainsi que leurs différents arômes.

Pas évident mais l’expérience est unique ! Chaque coopérative visitée en Amérique Latine possède une pièce dédiée à la dégustation et chacune pratique cet art avec beaucoup de noblesse. Ces quelques lignes étaient nécessaires pour remercier ceux et celles qui ont pris le temps de nous initier à la culture du café.

L’après-midi, Stéphane part visiter le laboratoire de biofabrication de Sol y Cafe, lieu de fabrication des engrais biologiques. Nous en avons souvent parlé, ces laboratoires sont présents dans tous les pays visités. La plupart des paysans connaissent et utilisent les biofertilisants qu’ils fabriquent également directement chez eux.  Ils semblent convaincus : « ils n’abîment pas la terre et assurent un rendement de qualité » nous dit-on à chaque fois !

Les biofertilisants sont des préparations solides ou liquides fermentées qui permettront de nourrir le sol et les plantes. Elles sont composées d’éléments nutritifs, de minéraux, de bactéries, de champignons et de levures comme les fameux microorganismes de montagne (MM). En fonction des recettes, la mixture a un rôle de stimulation de croissance, de floraisons, de fructifications et de défenses naturelles des plantes contre les maladies et les ravageurs. Les producteurs de Jaén ont eux aussi intégré ces préparations dans leurs pratiques agricoles de manière permanente.

Lors de notre tour du monde, nous prenons conscience que l’utilisation massive de pesticides et d’engrais chimiques est néfaste. En Amérique Latine, nous découvrons émerveillés le développement de nouvelles stratégies agricoles visant à la préservation de la qualité des sols (agriculture durable) tout en maintenant une haute productivité (éco-intensification).

Ces produits naturels sont utilisés pour une agriculture biologique durable présentant un impact environnemental et sanitaire moindre et préservant la biodiversité naturelle. Nous remercions ici tous ceux qui nous ont fait découvrir une autre façon de cultiver les sols, plus saine et moins agressive permettant aux coopératives d’exporter toujours plus de café !

Piura, fief de la coopérative NORANDINO

Après une nuit de bus en première classe 😉 (pour 2 euros de plus !) depuis Jaén, nous dégringolons la cordillère des Andes pour arriver à Piura sur la côte nord désertique péruvienne. Un grand merci à Javier, le responsable commercial de Sol y Café qui nous hébergera pendant 4 jours chez lui.

Piura est la capitale de la région du même nom située tout au Nord du Pérou à 950 km de la capitale Lima. Le nom de la ville est dérivé du mot quechua pirhua, signifiant abondance. Elle est surnommée ciudad del eterno calor, qui peut être traduit par la « ville de la chaleur permanente ».

Piura, c’est aussi le fief de la grande coopérative NORANDINO dont les origines remontent à la fin des années 90 et qui est aussi le premier partenaire commercial en 2003 de la Scop ETHIQUABLE où travaille Stéphane. NORANDINO représente désormais 6500 producteurs de café, cacao, panela (sucre complet artisanal). Nous avons donc eu l’opportunité de visiter les producteurs et gouter aux produits de ses 3 filières 😊.

Le café des Andes

Comme d’habitude, on commence tous par la traditionnelle dégustation de café avec le maitre dégustateur Rodolfo. Aujourd’hui, 3 échantillons sont déjà sur la table mais un seul correspond au profil aromatique habituel destiné à Ethiquable. C’est un test à l’aveugle pour tous. A la fin de la dégustation, Louis et Stéphane ont réussi le test 😊. Bravo !!!

Nous irons aussi rendre visite à la famille GUERRERO du village de Montero situé à 3h de route de Piura dans la Sierra. Nous aurons la chance de discuter avec Secundo GUERRERO, le fondateur de la coopérative et aussi avec son fils, Hugo, qui torrifie le café de la famille directement au village : un café premium excellent que nous dégusterons sur place 😊. Le secret ? ce sont les microorganismes de montages (MM) comme toujours. Un petit tour à la biofabrique de fertilisants naturels s’impose 😊. Mummm, on en mangerait !

Des fèves de cacao au chocolat

C’est dans le village de Las Lomas que nous rencontrerons l’association des femmes productrices de cacao et même de chocolat. A la fin de la discussion, dégustation des chocolats fins pralinés : un pur délice ! Nous irons aussi visiter Victor qui produit son cacao dans le village de Païmas au milieu des nombreuses rizières de la région.

Retour à Piura dans le laboratoire d’analyse des pâtes de cacao de Norandino : les enfants attendent avec impatience depuis plusieurs jours la dégustation de chocolat !!! L’exercice consiste à différencier le goût des pâtes de cacao en fonction des zones de production !!!! oulalala, pas évident à priori même pour les experts 😊. Mais le plus surprenant dès la première cuillerée de chocolat fût la grimace des enfants et d’Alexa !!! Et oui, la dégustation est réalisée sans sucre !!! Les pâtes de cacao sont en fait des fèves de cacao séchées, torréfiées et écrasées grossièrement. La dégustation sera tout de même un grand succès qui causera un petit mal de ventre à Esteban ! Mais qui sera finalement de courte durée grâce à l’absorption de la mixture de Papa à base de microorganismes de montagne qu’il emporte toujours avec lui depuis le Honduras ! Gracias les MM 😊.

De la canne à sucre à la panela (sucre complet artisanal)

Nous passerons une journée dans le village de Montero où est produit la fameuse panela péruvienne qui n’est autre que le sucre complet artisanal fabriqué par les producteurs de canne à sucre dans des petites unités aux normes pour l’exportation. Bonifacia, productrice de canne à sucre du village de Santa Rosa, nous explique le mode de culture biologique de sa production dans ses parcelles. Lors de la visite de l’unité artisanal, on comprend bien l’importance de la valeur ajoutée pour les habitants du village. Elle nous explique que la production de panela  a changé les mentalités il y a 30 ans car avant cela, la canne à sucre était transformée principalement en alcool qui était consommé trop largement et causait des désagréments à toute la population. Désormais, la panela est la principale source de revenu de ce petit village.

Retour à Piura chez Norandino : nous faisons la visite de l’unité d’emballage de panela avec la souriante Yeny, la responsable de l’usine. Pas si simple de mettre le fameux produit en sachet car il colle à cause de son taux d’humidité à 2,5%, plus élevé que le sucre blanc ! Mais au fait, quel est l’intérêt de la panela par rapport au sucre blanc raffiné ? La panela est un sucre non raffiné, c’est-à-dire qu’on ne lui retire pas la mélasse qui contient 40 fois plus de minéraux et de vitamines que le sucre blanc !!! Nous encourageons donc la consommation de la panela biologique qui est meilleur pour le producteur et pour le consommateur 😊. Dans l’usine, les enfants sont surpris de la différence de couleur entre les différents lots de panela. La visite commence donc par le mélangeur/homogénéisateur pour que la panela ait à peu près la même couleur dans les sachets ! Ensuite, on passe dans la grande salle de mise en sachet de 500g où travaille une 20aine de personnes. Coïncidence, c’est la marque Ethiquable qui est en production aujourd’hui ;-). Louis et Esteban sont impressionnés de voir toute cette chaine d’emballage mais surtout de comprendre que c’est le même sachet que l’on retrouve dans les supermarchés en France !

Plus d’infos sur NORANDINO :

http://www.coopnorandino.com.pe/

http://www.ethiquable.coop/fiche-producteur/norandino-commerce-equitable-perou-cacao-cafe-fruits

http://www.ethiquable.coop/fiche-producteur/norandino-commerce-equitable-perou-sucre-canne

Nous remercions toute l’équipe de Norandino avant de prendre l’avion pour Cusco, une toute autre région du Sud Pérou où d’autres aventures et surprises nous attendent 😉.

La suite dans le prochain épisode de la Permaculture Family

N’hésitez pas à laisser vos commentaires,

Saludos

 

La Permaculture Family

#15# EQUATEUR, de Cuenca, la cordillère des Andes à l’Amazonie

#15# EQUATEUR, de Cuenca, la cordillère des Andes à l’Amazonie

Le 13 février 2019

#15# EQUATEUR, de Cuenca, la cordillère des Andes à l’Amazonie

Nous quittons Riobamba et le volcan Chimborazo sous la pluie et le froid, c’est la saison 😊. Huit heures de bus plus tard en pleine cordillère des Andes, nous arrivons à Cuenca.

Cuenca, la ville coloniale

C’est la troisième ville d’Equateur, elle est située à 2 500 mètres d’altitude. Nous arrivons également sous une pluie battante ! Sortie de la gare routière, aucun taxi ne veut nous escorter au motif que nous sommes bien trop chargés. Nous n’en parlons pas souvent mais le tour du monde est fait aussi de moments difficiles où nous sommes fatigués et où tout se complique ! L’arrivée à Cuenca se teinte d’agacement et on pense à la chanson de Barbara : il pleut sur Nantes !

Arrivés à l’appartement que nous avons réservé, les choses s’arrangent et le soleil revient ! Fredy, notre hôte, nous accueille avec un grand sourire : « je suis heureux de vous rencontrer ! ». Il veut absolument nous présenter à sa famille et plus précisément à sa mère. Nous le connaissons à peine, nous sommes épuisés et pourtant nous acceptons, pourquoi ? Vivre un tour du monde c’est vivre à fond tous ces moments de rencontres précieuses avec tous ces gens qui nous hébergent, avec qui on partage leur repas, un café. Nous rencontrons d’autres cultures, d’autres croyances, d’autres peuples, d’autres familles, d’autres sociétés ! Bien souvent, nous devons répondre à cette question : « Mais pourquoi faire un tour du monde ? », pas toujours facile d’expliquer. Mais là – à brûle pour point- on dirait pour l’espoir et pour la rencontre de l’Autre !

Un peu d’histoire…

Cuenca est une ville à l’architecture coloniale. Cependant, son histoire remonte à bien avant la conquête de la ville par les Espagnols, au XVIème siècle. Au VIème siècle, c’est la civilisation cañari, des Amérindiens, qui a fondé ce qui allait devenir plus tard la grande ville de Cuenca. A cette époque, Cuenca n’était encore qu’un village, du nom de Guapondeleg, ce qui signifie dans la langue cañari que ce territoire serait « aussi grand que le paradis ». Ensuite, cette terre a été conquise par les Incas qui ont renommé la ville « Tomebamba », en la faisant devenir la deuxième capitale de leur empire.

Après la conquête par les Espagnols, la ville a obtenu son indépendance en 1820. En 1999, la ville devient patrimoine mondial de l’Humanité grâce à l’UNESCO. Cette ville a été le berceau de nombreux écrivains, poètes et intellectuels équatoriens.

Les belles façades coloniales, dominées par la couleur blanche ont été construites en marbre. Au détour des rues pavées, nous avons découvert de belles cathédrales, et avons basculé quelques siècles en arrière. Cette ville regorge d’églises, de style colonial dont la Iglesia Carmen de la Asuncion, la Iglesia Corazon de Jesus, la Iglesia San Francisco et celle de San Alfonso. Nous reconnaissons la beauté de l’architecture coloniale. Les édifices religieux de Cuenca sont les plus beaux que nous ayons visités depuis le début du voyage !

Notons tout de même que l’évangélisation pratiquée par les Espagnols s’est faite au détriment des croyances animistes des peuples indiens. Avec la colonisation l’Amérique devient espagnole ! La présence missionnaire fait partie intégrante de la conquête de l’Amérique centrale et méridionale : les Espagnols ne conçoivent pas la mise en place d’une administration espagnole sans y inclure les institutions cléricales. Il s’agit des franciscains en 1502, puis des dominicains et enfin des jésuites en 1568. L’évêque de Lima, Turibio de Mongrovejo, préside en 1583 un concile qui définit les grandes lignes de la pastorale missionnaire et de l’organisation de l’Église dans les possessions espagnoles de l’Amérique du Sud. On y décide de traduire le catéchisme en quechua et en aymara.

On interdit alors aux indiens tout retour à leurs croyances antérieures, animistes sous peine de sanction ! On a parlé de politique de table rase pour signifier que les missionnaires espagnols ont à la fois ignoré et éradiqué toute manifestation religieuse antérieure à leur arrivée. Notons tout de même que le prêtre Bartolomé de Las Casas en 1512 s’est opposé aux exactions des colons vis-à-vis des indiens dès 1514.

 

Yantzaza

10 heures de bus depuis Cuenca et nous voilà au bord de la forêt amazonienne à Yantzaza. Quel drôle de nom ? Nous découvrons ce grand village rural en plein développement traversé par l’impressionnant rio Zamora qui rejoint plus loin l’Amazone. Ici nous sommes les seuls touristes. Dimanche, le gérant de notre hotel nous emmène faire le tour des environs et tout spécialement dans la nouvelle parcelle qu’il vient d’acheter. On découvre qu’il utilise aussi les bienfaits des microorganismes de montagne qu’il cultive dans des grands fûts. Encore un de plus dans le club 😉. Les petites boutiques de la ville vendent à peu près tout même des têtes rétrécies en peau de singe, tradition des shuars, les communautés de l’Amazonie. Yantzaza, c’est aussi le moment de se faire une petite coupe pour Louis et surtout Stéphane qui prendra le modèle dessiné sur le mur de la peluqueria 😊.

Balade en Amazonie

Ce matin, il pluviote mais nous sommes bien motivés à marcher en Amazonie, depuis le temps qu’on attend ça. Nous commençons la randonnée avec nos imperméables sillonnant entre les gigantesques arbres. Nous traversons de nombreuses cascades et grottes où s’abritaient jadis les communautés. Le chemin est parfois très rétréci et ça glisse pas mal aussi 😊. La fin de la randonnée est récompensée par une banane plantain braisé au fromage !?! Surprenant mais ça cale bien !

Apeosae, la coopérative des producteurs de bananes, à Yantzaza

Yantzaza, c’est aussi la base de la coopérative APEOSAE, qui rassemble 160 producteurs de bananes plantains de la région. La coopérative a investi dans une usine pour fabriquer des chips de banane emballées dans des sachets qu’elle vend essentiellement en France à la Scop Ethiquable où travaille Stéphane. Après une présentation mutuelle, toute la famille s’équipe de masque et charlotte pour la visite de l’usine. C’est une découverte pour les enfants qui suivent tout le processus de la fabrication des chips : contrôle du taux de sucre des bananes à réception à l’aide d’un réfractomètre (Esteban a désormais une bonne expérience 😊), pelage des bananes, découpage en tranche fine, lavage à l’eau, cuisson à l’huile, séchage dans un tunnel, ensachage…pas si simple ! Désormais ils regardent chaque chips différemment avant de la grignoter ! Merci à toute l’équipe d’Apeosae pour leur accueil chaleureux 😊.

Apecap, la coopérative des producteurs de café, à Palanda

Le lendemain, 6h de bus plus tard, on arrive au village de Palanda au Sud de l’Equateur pour visiter Apecap, une coopérative de producteurs de café partenaire de la Scop Ethiquable depuis 10 ans. Comme l’habitude, notre petite séance vidéos et photos pour la promotion du label de commerce équitable SPP (Symbole des Producteurs Paysans) a beaucoup de succès. Chacun veut témoigner des avantages procurés par le SPP. Nous arpentons les parcelles de café en pente dans la boue pour trouver la meilleure prise de vue ! De bonnes parties de fous rires à raconter !

Jusqu’à la frontière du Pérou

Depuis quelques jours, nous nous dirigeons vers le Pérou. Nous souhaitons passer par une frontière alternative, celle de la cordillère via des pistes en terre. Nous y sommes déjà bien engagés alors que des pluies diluviennes s’abattent en chemin provoquant des nombreux éboulements parfois très impressionnants. La route est bloquée à plusieurs reprises : il faut soit pousser le bus qui s’est embourbé, soit attendre un moment que les bulldozers retirent les rochers et la terre, soit faire demi-tour au village le plus proche et repartir le lendemain. Pendant les attentes aux stations de bus, les écolières veulent toutes se prendre en photo avec Louis et Esteban 😉 qui se prêtent à l’exercice. Finalement, au bout de quelques jours et pas mal d’heures de bus, on arrive enfin à la mini frontière avec le Pérou. On traverse à pied le pont surplombant le majestueux rio Canchis qui sépare les deux pays…

La suite dans le prochain épisode de la Permaculture Family

N’hésitez pas à laisser vos commentaires,

Saludos

 

La Permaculture Family

#14# EQUATEUR, Quito et les Andes

#14# EQUATEUR, Quito et les Andes

Le 07 février 2019

#14# EQUATEUR, Quito et les Andes

Le 27 janvier, nous quittons le Costa Rica par la capitale San José. Le premier vol nous emporte à Panama City, juste le temps d’admirer le canal de Panama depuis le hublot puis l’impressionnante série de gratte-ciels de la capitale du Panama.

Quito, la capitale de l’Equateur
Bienvenue en Amérique du Sud !!! C’est le choc des températures, ici c’est l’hiver : 15°C de moins qu’au Costa Rica. On passe d’un pays à l’autre et en quelques heures on change de saison. C’est aussi l’altitude! Quito est perchée à 2800 mètres : un peu mal à la tête les premiers jours et du mal à respirer, après on s’habitue 😊.

Nous sommes accueillis à l’aéroport par le collègue de Stéphane, Nicolas, également Agronome, basé à Quito et qui travaille aussi pour la Scop Ethiquable. Merci à Nicolas, sa femme Renata, et leurs deux filles Amélia et Manuela pour leur accueil durant une semaine dans leur grande maison au milieu de la forêt d’eucalyptus sans oublier botas, le petit chat aux pattes blanches !!!! Louis et Esteban vont beaucoup jouer avec Manuela qui est du même âge. Il est important pour nos fils de rencontrer des enfants pendant notre tour du monde et de tisser des liens d’amitié, ce qui fût le cas avec Manuela.

Nous avons décidé de dédier notre séjour à Quito à la culture. Nous visitons tout d’abord le magnifique centre historique : Plaza Grande, le Centro Cultural Metropolitano, Plaza San Fransisco, la Cathédrale de Quito,…vestiges de la colonisation !

Musée Guayasamín : le plus célèbre peintre d’Equateur

Nous découvrons avec émotion l’un des plus grands peintres et artistes équatoriens Oswaldo Guayasamín (1919-1999). C’est dans la fondation, son ancienne demeure, qu’une partie de ses œuvres sont exposées. Guayasamín a milité contre la violence et pour la paix. Il condamne les régimes totalitaristes qui ont massacré leur peuple. Ses toiles expressionnistes montrent la souffrance humaine sous des traits appuyés et amplifiés. Les mains sont bien présentes dans ses peintures : elles traduisent la douleur endurée par le peuple équatorien ainsi que la révolte. Ses œuvres dénoncent la situation déplorable des peuples indigènes d’Amérique du Sud ! Ses tableaux sont une lutte poignante contre le racisme. Un des plus imposants travaux de l’artiste est la série de peintures dédiées aux mains, intitulée « Las Manos » qui fait partie de la collection « La edad de la Ira » (l’Age de la colère). « Douze peintures à l’huile représentent des portraits torturés où les mains, longues, sont dessinées pour représenter un sentiment bien précis comme la terreur, le silence, la protestation ou la prière. » extrait du site de l’Unesco.
Chacun de nous a ressenti une vive émotion en parcourant les salles du musée. Alexa se souvient d’une phrase écrite par le peintre dont la traduction ceci: « Je pleurais parce que je n’avais pas de chaussures jusqu’à ce que je rencontre un enfant qui n’avait pas de pieds ».
Guayasamín est décédé le 10 mars 1999, et comme un hommage à son travail, à ses recherches pour la sauvegarde du patrimoine de son pays, et pour le remercier de l’amour qu’il portait aux autres, le peuple indien se mit en grève et tout le monde pris conscience que le pays venait de perdre un grand homme.
Quelques jours plus tard, notre choix se porte sur le musée des arts précolombiens Casa del Alabado. Pourquoi ? Il est important de noter que l’Amérique existait avant Christophe Colomb ! Ce navigateur a découvert ce continent aux yeux des Européens. Des peuples (les indiens) y vivaient en paix avec leur culture, leur croyance, leur artisanat, avant d’être massacrés. Ce musée de l’art précolombien est une reconnaissance de l’œuvre des indiens. Louis et Esteban ont bien compris le message du musée : la culture et l’art de ces peuples regorgent de richesses, de beauté, de magie et elles ont toute légitimité à être exposée aux yeux du public !

Apuela, Intag Café

Nous partons 2 jours dans le petit village d’Apuela au Nord de Quito pour rendre visite aux producteurs de café de Intag Café. Cette coopérative est déjà bien avancée dans la maitrise des biofertilisants à base des microorganismes de montagnes (MM) que nous avons rencontrés dans tous les pays d’Amérique Centrale ! Les résultats sont très satisfaisants puisque les rendements sont en constante augmentation suite à l’utilisation des précieuses potions magiques 😊. Comme d’habitude, la visite se termine par une dégustation de café : après la chemex, cette fois-ci, c’est le siphon japonais ! Sous l’œil ébahi des enfants, le catador prépare la mixture avec le matériel spécifique venu du Japon. Impressionnant ! Un pur délice 😉.

Mitad del Mundo / la moitié du monde

La mitad del mundo marque la fin de notre séjour à Quito. Il s’agit du célèbre monument construit à 13 km de Quito qui matérialise la ligne imaginaire de l’équateur. Ainsi, nous avons pu mettre un pied dans chaque hémisphère en se plaçant sur la grande ligne jaune qui traverse tout le site.
Quito n’est pas la seule ville au monde traversée par la ligne de l’équateur, mais elle en est l’exemple le plus célèbre. Le site a été précisément construit sur le site historique où la première mission géodésique française calcula la position de la ligne en 1736. Pour information, les nouvelles technologies ont permis de situer la ligne de l’équateur de façon plus précise à 240 mètres au nord de la ligne actuelle, mais le monument est unique et nous avons passé un moment magique ! A son sommet : vue panoramique sur la région avec, de part et d’autre, les hémisphères nord et sud de la planète bleue.
Dans le bâtiment principal, les enfants ont découvert la série d’expériences ainsi que le musée d’ethnographie. Ils ont appris davantage sur l’histoire des peuples indigènes de la région et la colonisation du pays, thème important de notre voyage !! Louis et Esteban vivent l’Histoire de l’Amérique Latine. En parcourant les musées, ils apprennent tellement, chaque jour un peu plus ! C’est une expérience unique, nous le savons. Ainsi avec eux, nous avons médité devant le petit sépulcre commémoratif érigé en l’honneur des soldats équatoriens qui ont perdu la vie durant la guerre.
Cette dernière sortie à la capitale est l’occasion pour nous de remercier Nicolas pour son investissement et pour l’intérêt qu’il a porté à notre projet ! Cette halte à Quito nous a permis de nous ressourcer dans une vraie maison au calme, loin de l’agitation des bus, des hôtels, des avions, de se cultiver, échanger, écrire, bien manger et travailler la scolarité avec nos fils. Merci à Nicolas et à sa famille d’avoir pris le temps.

Otavalo, le plus grand marché d’Equateur

Otavalo est une petite ville coloniale à 1 heure au Nord de Quito à 2500 mètres d’altitude, situé sur la route la moins en altitude de cette partie des Andes permettant une communication plus facile entre la côte pacifique et l’Amazonie. Otavalo, c’est aussi le nom d’un des peuples indigènes d’Equateur appartement à la nationalité Quechua. L’économie des Otavalenos repose sur le commerce des produits artisanaux, la musique et le tourisme. Nous avons visité la ville et plus particulièrement la plaza de los ponchos qui est le plus grand marché d’Equateur. Traditionnellement, tous les producteurs des environs se réunissaient sur cette place pour échanger leurs biens et plus que tout, les habits tissés dont les célèbres ponchos ! De nombreux ateliers artisanaux ainsi que de petites usines produisent des vêtements qu’ils exportent partout dans le monde. Les Otavalenos sont passées maitre dans l’art.

San Fransisco de Cunuhuachay !

Mais d’où peut bien sortir ce nom ? c’est un très petit village à 20 minutes de la ville de Riobamba situé au milieu de la cordillère des Andes à 6h de bus au Sud de Quito. Nous passerons 3 jours dans une maison communautaire Ahuana créé par le père français Pierrick il y a 30 ans. Nous dormons dans des petites chaumières bien aménagées mais sans isolation et sans chauffage. Avec une température de 5°C la nuit, les 3 couvertures sont les bienvenues 😊. C’est aussi l’occasion de rencontrer les habitants sur la route accompagnés de leurs troupeaux de lamas, ânes, moutons et vaches ! A la nuit tombante, la communauté se réunie pour manger tous ensemble le bon repas chaud préparée par Lucy qui habite le village. La soirée se termine par des parties de Uno autour du feu dans le salon où toutes les générations sont réunies !

Nous aurons l’occasion de déguster le succulent plat typique : le cuy autrement dit le cochon d’inde grillé ! Mummmm, les enfants ont été assez surpris au début surtout lorsqu’ils ont vu les bêtes rôtir à la broche devant le restaurant 😊. Ça change du poulet mais bon le succès n’est pas vraiment au rendez-vous. C’est Papa et Maman qui finiront l’animal sauf la tête évidemment 😊.

Le paysage est magnifique pour réaliser les photos des garçons en action. Quelle joie de vivre, pour le bonheur de tous 😊.

Ascencion du volcan Chimborazo (6263 m), le sommet le plus proche du soleil

Depuis San Fransisco de Cunuhuachay, un taxi nous emmène au pied du plus haut sommet d’Equateur, le volcan éteint du Chimborazo qui culmine à 6263 mètres d’altitude. C’est aussi le somment le plus proche du soleil de par la forme ellipsoïde de la Terre (…). Papa Chimborazo, c’est ainsi que les Quechuas surnommaient le volcan. Toute une mythologie entoure les volcans équatoriens, et le Chimborazo est le plus vénérable de tous. Nos hôtes nous expliquent d’ailleurs très sérieusement que le volcan mérite un profond respect et qu’il faut se montrer respectueux de sa force et de sa suprématie sur ses flancs ! De notre petite auberge, nous l’apercevons à peine tant il y a de brouillard ! Allons-nous parvenir à l’approcher ? Le froid est saisissant alors nous hésitons ! Les résidents de l’auberge nous déconseillent l’ascension : « Il fait bien trop froid, la pluie est glacée, et il a même neigé hier, la vue ne sera pas dégagée ! »

Le lendemain 😊, le taxi nous dépose à l’entrée du parc national, à 4100m d’altitude et là le miracle se produit, le temps est dégagé, le ciel est bleu et on aperçoit même les neiges éternelles tout en haut du volcan, la chance serait-elle de notre côté 😉. Nous peinons déjà à respirer, mais nous sommes bien décidés alors nous nous élançons !
Nous entamons l’ascension du Chimborazo, très lentement. À cette altitude, la plus haute de toutes nos randonnées en famille, la pente douce nous semble insurmontable. Pourtant nous avançons facilement, mais notre cœur s’emballe et nos poumons tournent à plein régime. Emmitouflés sous nos 6 couches de vêtements, nous avons l’impression de nous déconnecter de la réalité ! Le paysage est lunaire, sublime… à couper le souffle ! Tels des explorateurs, nous foulons une autre planète. Premier pallier 5000 mètres, on s’arrête, la pause s’avère nécessaire pour tous les marcheurs. Chacun reprend son souffle, s’assoit et finalement repart ! Nous voilà tous à 5100 mètres autour de la laguna Condor Cocha: exploit réussi 😊!

Le froid est saisissant maintenant, Estéban, Louis et Alexa préfèrent redescendre au pas de course dans la brume qui s’abat sur le petit chemin de randonnée. Quant à Stéphane, il poursuit plus haut une bonne demi-heure pour tenter de toucher la neige à 5500 mètres. Inquiets, nous l’attendons en bas au refuge plus d’une heure… Soudain, nous l’apercevons, il nous a ramené un cadeau : un peu de neiges éternelles, juste de quoi faire une bataille de neige qu’Estéban n’avait pas pu réaliser depuis 4 ans lorsque nous vivions à Madagascar 😊!

Visite des producteurs de quinoa : coopérative COPROBICH

A quelques kilomètres du Chimborazo, nous rencontrons les producteurs de quinoa de la coopérative COPROBICH qui vend une partie de son quinoa certifié biologique et commerce équitable SPP à la Scop Ethiquable où travaille Stéphane. Nous sommes bien accueillis par l’équipe notamment par Manuel, le président et Daniel, le gérant commercial.

Nous avons d’abord visité l’usine qui réceptionne le quinoa des producteurs, le lave à l’eau puis le sèche, le tri dans différentes machines avant de l’emballer dans les boîtes en carton étiquetées à la marque Ethiquable. Les enfants sont impressionnés de voir ce produit fabriqué entièrement ici au fin fond de l’Equateur puis de le voir resurgir dans les rayons des supermarchés en France !!! Ensuite, on passe à la séance vidéo et photos pour le label de commerce équitable SPP (Simbolo Pequenos Productores ou Symbole Producteur Paysan) avec les deux Manuels et Fransisca avec qui nous avons bien rigolé 😊.

La suite dans le prochain épisode de la Permaculture Family en Amazonie…
N’hésitez pas à laisser vos commentaires,
Saludos

La Permaculture Family

VIDEO COSTA RICA # FINCA TIERRA, ferme 100% autosuffisante et design, Puerto Viejo, Jungle Caraïbes

VIDEO COSTA RICA # FINCA TIERRA, ferme 100% autosuffisante et design, Puerto Viejo, Jungle Caraïbes

Hola

Comme promis, voici la VIDEO de FINCA TIERRA, une ferme permaculturelle, 100% autosuffisante située dans la jungle des Caraïbes près de Puerto Viejo au Costa Rica. Stéphane (Permaculture Family) y a passé 15 jours pour obtenir le Permaculture Design Certificate (PDC) basé sur le cours de 72 heures de théorie et de pratique imaginé par le père fondateur de la permaculture, l’Australien Bill Mollison (1928-2016).

En 2007, le jeune couple Ian Macaulay (USA) et Ana Gaspar (Costaricienne) achètent un ancien pâturage de vaches en pleine jungle. Dans un premier temps, ils construisent des bungalows pour accueillir les touristes. En parallèle, ils plantent des centaines d’arbres, d’arbustes, de plantes et de racines sur des lignes de niveau car le site est très vallonné. Si l’accueil des touristes constitue un revenu certain, là n’est pas vraiment le fondement du jeune couple qui souhaite désormais partager leur expérience avec un public plus averti et passionné comme eux.

Dans cette vidéo, Ian, le fondateur de Finca Tierra il y a 10 ans, nous raconte pourquoi il a mis en place son site permaculturel dans la jungle, quelles activités sont désormais dispensées et quelles sont les pistes de développement pour le futur de la ferme.

Merci à tous les élèves venus des 4 coins du globe pour leur participation à la session PDC de janvier 2019.

Bon visionnage.
N’hésitez pas à partager et à laisser un commentaire.
La Permaculture Family.

La Gazette Centre Morbihan : le rendez-vous mensuel des aventures de la Permaculture Family – le COSTA RICA

La Gazette Centre Morbihan : le rendez-vous mensuel des aventures de la Permaculture Family – le COSTA RICA

Holà,
Le rendez-vous mensuel des aventures de la Permaculture Family dans La Gazette du Centre Morbihan (01.02.19).
Retour sur notre passage au Costa Rica en décembre 18 et janvier 19, des moments forts en émotions !

Hasta pronto,
La Permaculture Family

#13# COSTA RICA, de la péninsule de Nicoya à la jungle des Caraïbes

#13# COSTA RICA, de la péninsule de Nicoya à la jungle des Caraïbes

Le 27 janvier 2019

#13# COSTA RICA, de la péninsule de Nicoya à la jungle des Caraïbes

Nouvel an à Samara
Feliz año nuevo à todos y a todas ¡ Nous avons fêté le passage de la nouvelle année avec nos nouveaux amis de Samara et Louis et Esteban avec leurs nouveaux camarades de la P’tite Ecole. Après la soirée chez Amanda et Ridley, nous nous sommes tous dirigés vers la plage de Samara pour le décompte final !

Sortie dauphins, baleines, tortues
Pour bien démarrer l’année 2019, nous avons organisé une sortie en mer à plusieurs familles avec tous les enfants. Durant la première demi-heure, rien à l’horizon ! Les enfants s’impatientent puis de l’eau jaillit à bâbord ! C’est le souffle d’une baleine à bosse ! On s’approche doucement pour observer le spectacle, puis c’est au tour des dauphins qui sautent à la proue du bateau. Les cris de joie se propagent dans toute la baie. Nous aurons aussi la chance d’observer des accouplements de tortues en pleine mer, des raies, des poissons volants et de nombreux pélicans en pleine séance de pêche. Avant de rejoindre la plage, une baignade en pleine mer avec masque et tuba nous a bien rafraichi 😊. Une très belle sortie donc où les enfants (et les adultes !) ont en eu plein les yeux 😊.

San José, la capitale et la vallée centrale
Durant notre séjour à Samara, nous avons rencontré beaucoup de personnages très intéressants ! C’est le cas de Thomas, un tico descendant allemand, de sa femme tica descendante chinoise et de leurs deux enfants métisses. La famille est en vacances de passage à Samara. En discutant, Thomas me raconte les expérimentations qu’il réalise depuis 15 ans dans sa finca à Cerro de la muerte (le pic de la mort), un sommet à 2500 mètres d’altitude à 1 heure au Sud de la capitale San José. Encore un permaculteur malgré lui !
Ni une ni deux, Stéphane y passera deux jours pour visiter le site 100% autonome qui comporte de nombreuses installations autour de l’élevage de génisses (de 3 à 22 mois) et de chèvres : un biodigesteur (à partir des excréments des animaux) qui produit du gaz transformé en électricité, un lombricompost à partir des résidus du biodigesteur qui produit du terreau de haute qualité vendu dans les jardineries à la capitale ainsi qu’une fabrique de biofertilisants à partir des microorganismes de montagne (MM). Thomas s’est aussi lancé dans l’hydroponie : dans un container fermé, il fait germer des graines d’avoine qui composeront la ration alimentaire des animaux. En 11 jours, 1 tonne de graines sèches donne 7 tonnes de graines germées ! Thomas souhaite désormais ouvrir son site au tourisme pour faire partager son expérience ainsi que le site de 50 ha de forêts pluri centenaires où on peut observer 75% des espèces d’oiseaux du pays.

Finca Tierra : une ferme permaculturelle dans la jungle des Caraïbes
Pendant que Alexa travaille à la P’tite Ecole et que les enfants approfondissent leurs connaissances, Stéphane passera 2 semaines près de Puerto Viejo sur la côte Caraïbes de l’autre côté du pays, à 10h de bus de Samara.

C’est là qu’est située Finca Tierra, un site permaculturelle 100% autosuffisant à 4 km du village de Puerto Viejo. En 2007, le jeune couple Ian (USA) et Ana (Costaricienne) achètent un ancien pâturage de vaches en pleine jungle. Dans un premier temps, ils construisent des bungalows pour accueillir les touristes. En parallèle, ils plantent des centaines d’arbres, d’arbustes, de plantes et de racines sur des lignes de niveau car le site est très vallonné. Si l’accueil des touristes constitue un revenu certain, là n’est pas vraiment le fondement du jeune couple qui souhaite désormais partager leur expérience avec un public plus averti et passionné comme eux. Aussi depuis 2014, Ian et Ana dispensent le Permaculture Design Course autrement dit le cours international de 72 heures de théorie et de pratique imaginé par le père fondateur de la permaculture, l’Australien Bill Mollison (1928-2016). C’est dans ce cadre que Stéphane abordera le concept de design en permaculture avec un groupe de jeunes gens (entre 20 et 40 ans 😊) venus des USA, d’Angleterre et de Belgique.

Stéphane et ses compagnons passeront 15 jours en immersion au cœur de la jungle. Ils dorment sous une simple moustiquaire sur une plateforme en bambou protégée d’un toit pour la rosée du matin. Personne de dort vraiment la première nuit car les bruits des animaux de la jungle sont surprenants : singes hurleurs, toucans, agoutis, criquets et insectes en tout genre et peut être même le fameux jaguar 😉.

Les installations parfois expérimentales sont nombreuses : panneaux solaires, récupération et filtration de l’eau de pluie (2500 mm/an !), biodigesteur pour les toilettes humides, eau de la douche chauffée par un serpentin enroulé dans un bac à compost de feuille dont la température peut monter à 40°C ! Le site dispose de nombreuses bandes potagères (tomates, manioc, courge, hibiscus, patates douces,…), d’arbustes à feuilles et fleurs mangeables comme le moringa, de bananes et de nombreuses espèces aux vertus intéressantes. Des bassins de pisciculture autoalimentés fournissent du poisson chaque semaine. Différents essais de compost sont réalisés en bac ou en fût de 200 litres avec production de larves de mouche que l’on mangera au déjeuner plus tard. Un repas ultra protéiné, mum ! Enfin, le séchoir solaire permet de déshydrater les fruits et légumes coupés en tranche.

Les activités à Finca Tierra
Durant les 2 semaines, outre les cours théoriques du matin, les activités physiques sont nombreuses : aménagement d’un bas fond et d’une mini digue à la pelle, atelier marcottage des citronniers, début de construction d’un bungalow en bambou avec les techniques anciennes, défrichage de parcelles à la machette, aération de la terre à la bèche avant la plantation de moringa, de patates douces et de manioc.

Nous avons aussi passé une journée chez Jony, un indien bri-bri, qui nous a fait découvrir les plantes médicinales et leurs vertus. A plus de 70 ans, cet homme nous a fait partager sa passion pour la forêt dont il est le gardien. C’est une mine de connaissances impressionnantes sur les écosystèmes de la jungle au Costa Rica.

Nous avons participé à un atelier transformation des produits de la ferme : élaboration de rhum, de vins, d’huile essentielle de citronnelle, de savons à base d’huile de coco, de crème pour devenir 100% autonome et maitriser totalement les recettes, sans additif ni conservateur 😊.

Nous passerons les deux derniers jours à « designer » (dessiner) un périmètre réel de 100 mètres par 100 mètres dans une pente sur le site. L’exercice consiste à placer sur une feuille de dessin tous les éléments judicieusement en fonction des pentes, de l’orientation du soleil, des interactions entre les plantes, etc : habitat, atelier, arbres, jardin potager, activités. Suite à une présentation individuelle, nous avons tous reçu notre certificat de « Permaculture Design Course » ! Nous avons fêter cette victoire autour du vin de canne à sucre fait maison 😊.

La Permaculture chez Finca Tierra, c’est aussi bien manger !
Chaque jour, Grizella nous prépare de bons petits plats à base de feuilles, racines, fruits et légumes produits sur la ferme. Au petit déjeuner c’est salade d’ananas, papaye et pastèque avec yaourt de chèvre, graine de chia, pollen et fèves de cacao torréfiées. Au déjeuner c’est salade de feuilles de moringa, d’épinards brésiliens, de physalis, mures sauvages, noix de cajou avec des chips de manioc, taro et patates douces. Au diner, c’est purée de haricot rouge, beignet de banane plantain et empanadas de poulets aux champignons. Un réel délice !
Pour plus d’infos, https://fincatierra.com/

Fin de séjour à Samara
Nous passerons les 3 dernière semaines à Samara dans un cabanon tout près de la plage de Samara. La vie y est très agréable. La cuisine ouverte nous permet de profiter de la magnifique vue sur la mer. Tous les matins, on assiste au lever du soleil avant de courir sur la plage. Le 22 janvier, c’est l’anniversaire de Louis qui le fêtera dignement avec ses camarades de la P’tite Ecole. Le soir, c’est raclette party pour l’occasion, un repas original ici malgré les 35°C permanents !

Alexa termine son expérience à la P’tite Ecole : 6 semaines auprès des enfants qui lui font des dessins comme cadeaux de départ. Beaucoup de jolis souvenirs inoubliables. Merci encore à Marie et Fred pour leur accueil à Samara 😊.

Fin Costa Rica par San José
Avant de quitter le Costa Rica, nous allons embrasser « Mama Tica » qui habite à Heredia dans la banlieue nord de la capitale San José. Un moment plein d’émotion notamment pour Stéphane qui avait logé chez elle en 2004 lors de son stage pendant ses études d’agronomie. Puis nous passons notre dernière nuit chez Emilie, Peter et leurs deux enfants. Stéphane et Emilie avait travaillé ensemble en 2004 en Allemagne. Désormais, installée à San José depuis 10 ans, elle travaille pour un bureau d’étude qui évalue les revenus des petits producteurs en Amérique Latine.

La suite dans le prochain épisode de la Permaculture Family

Saludos

La Permaculture Family