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VIDEO PEROU # La Permaculture Family chez NORANDINO, coopérative de producteurs de café, cacao et panela bio et équitable

VIDEO PEROU # La Permaculture Family chez NORANDINO, coopérative de producteurs de café, cacao et panela bio et équitable

Hola,

Le mois dernier, la Permaculture Family était en visite chez NORANDINO, une coopérative de producteurs de café, cacao et canne à sucre créée à la fin des années 90. Grâce au développement des marchés biologique et commerce équitable, NORANDINO compte désormais 6500 producteurs autour de la Sierra de Piura au Nord du Pérou.

Nous avons eu la chance de participer aux activités des 3 grandes filières.

CAFE : de la parcelle de Secundo GUERRERO, un des fondateurs de la coopérative, à Montero jusqu’à l’usine de préparation du café de Piura pour la dégustation des meilleures cafés bio et équitable.

CACAO : des cacaoyers de Victor du village de Païmas et du local de Victoria et l’association des femmes entrepreneuses San Lorenzo jusqu’à l’usine de fabrication des pâtes de cacao de Piura pour une dégustation sans sucre (!) à la grande surprise des enfants 😉.

PANELA : des parcelles de canne à sucre de Bonifacia et de son atelier de fabrication du sucre complet artisanal de Montero jusqu’à l’usine d’emballage de la panela à Piura pour la SCOP Ethiquable.

Merci à toutes les équipes de Norandino pour leur accueil chaleureux.

Bon visionnage

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La Permaculture Family

#17# PEROU, du Machu Picchu au lac Titicaca

#17# PEROU, du Machu Picchu au lac Titicaca

Le 2 mars 2019

#17# PEROU, du Machu Picchu au lac Titicaca

Depuis Piura, nous nous envolons via Lima vers Cusco de l’autre côté du Pérou car une surprise nous attend, les parents de Stéphane qui ont fait le voyage depuis la Bretagne pour passer une semaine avec leurs petits enfants qu’ils n’ont pas vus depuis 6 mois !

Cusco, le centre du monde !

Avec près de 500 000 habitants, c’est la ville la plus touristique du Pérou perchée à 3400 mètres d’altitude en pleine cordillère des Andes. Cusco fût la capitale de l’empire Incas et c’est aussi le « centre du monde » que l’on peut admirer dans le musée des Incas. Toute la ville est inscrite au Patrimoine Mondiale de l’UNESCO depuis 1983. Logés non loin de la célèbre place des armes, nous déambulons dans les rues du centre-ville dont la plupart ont gardé les murs originels en pierre taillées imbriquées de l’époque Incas. Impossible d’échapper aux nombreux vendeurs ambulants proposant les fameux portes clés lamas qui amusent beaucoup les enfants. Nous avons visité l’intérieur de la prestigieuse cathédrale Notre Dame de l’Assomption achevée en 1669 après 110 ans de travaux et plusieurs tremblements de terre qui l’ont épargnée. On retrouve un peu partout la statue de Tupac Amaru, un indien qui mena une campagne de rébellion contre les Espagnols dès le début de leur arrivée. Malheureusement, il fût exécuté en 1572 avec sa femme, ses enfants et ces principaux partisans. Il reste néanmoins le premier révolutionnaire, tout un symbole. Cusco est une ville riche sur le plan culturel où les spectacles de danses traditionnelles sont permanents.

Le riche patrimoine autour de Cusco

Nous partons tous ensemble en bus dans la Vallée Sacrée des Incas. C’est la saison des pluies (heureusement nous n’aurons pas une goutte durant notre séjour !) et les paysages de montagne sont très verdoyants : maïs, quinoa et surtout les pommes de terre en fleurs de toutes les couleurs. Premier stop à Pisac, un site archéologique démontrant le génie des Incas : construction ingénieuse à flanc de montagne, finesse de la taille des blocs de pierre immenses, interminables cultures en terrasse et styles architecturaux des temples et quartiers de la ville. Plus loin, c’est visite de la ville Ollyantaytambo et de sa forteresse militaire impressionnante ainsi que les greniers à pomme de terre et les sculptures gigantesques gravées à même la montagne. Puis sur les hauteurs de Cusco, visite du site de Sacsayhuaman, la forteresse cyclopéenne qui protégeait la ville.

Le programme préparé par les parents de Stéphane est chargé mais très intéressant 😉. On enchaine donc les visites : Tampumachay, les bains des Incas ; Q’enqo, le centre cérémonial dédié à la fertilité ; le village de Maras et ses salines en terrasses encore exploitées qui offrent un spectacle insolite ; Moray et le laboratoire agronomique des Incas -construit dans une cuvette sur des terrasses concentriques atteignant 150 m de profondeur pour faire varier les températures – qui avait pour objectif d’améliorer les céréales et pommes de terre pour obtenir des variétés plus résistantes aux fléaux et au climat. Enfin, à 28 km de Cusco, nous visitons le village de Chinchero, connu pour son église et ses foires aux textiles colorés. C’est l’occasion de discuter avec les dames aux chapeaux typiques de la région. Les ruelles sont jonchées de vendeurs de maïs géant bouilli dont nous nous délectons. Nous terminons la visite par un déjeuner dans un restaurant qui propose du cochon d’inde mais les enfants n’ont pas le courage de voir ces petits animaux naïfs, confortablement installés dans leur château, finir dans leur assiette 😉.

Le Machu Picchu

Pour accéder à la merveille du Machu Picchu, pas d’autres choix pour nous d’emprunter le train mythique INCA RAIL jusqu’au village de Aguas Calientes traversé par le rio Urubamba, celui qui entoure l’imprenable montagne légendaire. Après une courte nuit et 30 minutes de bus en lacet, nous voilà à l’entrée des mégastructures de légende ! Le rêve est là face à nous, sûrement la plus belle merveille de l’histoire (avec les pyramides, évidemment !). Oui, ce sont des constructions qui défient le temps et l’imagination.

Cette visite ultra touristique (désormais limitée à 6000 entrées/jour) nous a permis de revivre l’histoire de ces hommes qui ont défié leur époque. « Le Machu Picchu est une ancienne cité inca du XVe siècle, perchée sur un promontoire rocheux qui unit les monts Machu Picchu et Huayna Picchu sur le versant oriental des Andes centrales ». Cette cité sacrée a été oubliée pendant des siècles ! Aujourd’hui, elle est considérée comme une œuvre maîtresse de l’architecture inca.

Nous avons eu la chance immense d’observer les caractéristiques architecturales du Machu Picchu et un voile de mystère a envahi la visite… Découvert en 1911, le site du Machu Picchu n’a cessé de faire parler de lui depuis. Aujourd’hui encore personne ne saurait dire s’il s’agit d’une forteresse ou d’une ville, toujours pas d’explication définitive. Le guide qui nous accompagne tout au long des 4 heures de visite nous dit avec émotion : « vous avez face à vous le travail d’une civilisation à son apogée ». Beaucoup d’historiens s’accordent à dire qu’il serait pratiquement impossible de reproduire un ouvrage d’une telle envergure, à 2400 mètres d’altitude. Alors une question demeure, et c’est la même que pour celle des pyramides : comment ces hommes ont-ils fait ?

Et c’est vrai, nous avons devant nous une merveille architecturale auréolée de mystère. Cette cité a été abandonnée par les Incas au XVIe siècle juste avant l’arrivée des conquistadores. Ainsi, la ville sacrée tomba dans l’oubli. Elle fut « redécouverte » en juillet 1911 par l’explorateur américain Hiram Bingham et continue d’être étudiée. En 1983, elle est inscrite au Patrimoine Mondial de l UNESCO.

L’histoire raconte que le Machu Picchu aurait été construit sous le règne de l’empereur Pachacutec. Il y aurait d’ailleurs résidé. Le site se compose de quelques 200 constructions et est divisé en deux parties : la haute et la basse ville. On y découvre des terrasses destinées au travail agricole. La cité était traversée de canaux d’irrigation. Les Incas étaient parvenus à acheminer de l’eau à plus de 2000 mètres d’altitude !  Aucune explication à ce jour. L’un des premiers vestiges découverts par Bingham en 1911 est un temple semi-circulaire, dont l’explorateur lui trouvait une ressemblance avec le Temple du Soleil de Cuzco.

Malgré l’architecture imposante, elle s’harmonise pourtant parfaitement avec la nature alentour. On lui compte donc trois fonctions : résidentielle, agricole et religieuse. C’est une construction impressionnante et notre guide nous explique : « rendez-vous compte, les bâtisseurs de l’époque n’ont utilisé ni mortier ni métal. Et pourtant, les pierres sont parfaitement imbriquées les unes avec les autres ! ». Comme pour les pyramides, « on ne pourrait insérer la moindre aiguille entre les monolithes », c’est ce qu’écrivait Hiram Bingham. Il s’agirait d’un sanctuaire inca, mais également de la « principale ville de la province ». Pour l’explorateur, le Machu Picchu serait en fait les vestiges de la cité perdue de Vilcabamba la Vieja, dernière capitale inca.

Laissez-vous porter par nos photos, en espérant que vous ressentirez le moment fabuleux que nous avons vécu !

De Cusco à Puno sur les bords du Lac Titicaca

Six heures de bus séparent Cusco de Puno. Sur la route, au village de Raqchi, nous découvrons le site archéologique composé d’une muraille en pierre de lave avec deux entrées pour le Chemin des Incas qui mène au Machu Picchu. Plus loin, nous avons la chance de visiter l’intérieur de la « Chapelle sixtine des Andes » à Andahuayllilas. Cette église jésuite du 16ème siècle dispose d’une décoration intérieure étonnante avec une explosion d’or, de sculptures et de peintures qui avaient pour but d’impressionner les populations indigènes de l‘époque pour faciliter leur conversion…

Plus loin, un arrêt au col à 4335 m qui sépare la région de Cusco et celle Puno, nous entrons sur l’altiplano péruvien, un immense plateau de verdure entouré de montagnes enneigées pour le bonheur des immenses troupeaux de moutons et de lamas. A la pause déjeuner au milieu de nulle part, le restaurateur nous propose de goûter le café d’un ami de l’Amazonie pour la somme de 2 euros la tasse !?! Mais pourquoi est-il si cher ? en fait c’est un Kopi Luwak, un café récolté dans les excréments de civettes apprivoisées qui digèrent la pulpe de la cerise du café mais pas le noyau 😉 Mummmm, un des meilleurs cafés au monde 😉.

Le lac Titicaca et ses îles Uros, Amantani et Taquile : voguer au gré du vent

Après Cuzco et les merveilles de la Vallée Sacrée, nous voilà en route pour le lac Titicaca. Nous rêvons de ce lac depuis notre arrivée au Pérou : une étendue d’eau mythique perchée à 3812 m au cœur de la cordillère des Andes. Nous avons hâte de découvrir quelques-unes de la quarantaine d’îles dont certaines sont habitées. Certains disent que c’est « le plus haut lac navigable du monde ». Le lac représente pour les indiens des Andes le berceau de la civilisation Inca : le premier Inca, Manco Capac, aurait surgi des eaux du lac sur les ordres du dieu Soleil pour fonder l’empire Inca. C’est un lieu sacré pour de nombreux peuples andins.

La légende du lac raconte « qu’il y avait une vallée fertile où les hommes vivaient heureux. La vallée était protégée par les « Apus » (dieux de la montagne). Les Apus avaient juste une restriction : ne pas aller au sommet de la montagne, là où brûlait le feu sacré et où se trouvait le diable. Le seul but du diable était de diviser les hommes afin qu’ils se retrouvent dans la pauvreté et la misère. Il les mit alors au défi et leur demanda d’aller chercher le feu sacré pour prouver leur courage. Mais les hommes se firent prendre par les Apus qui, furieux, décidèrent d’envoyer des milliers de pumas pour les punir. « Inti », le dieu du soleil, fût tellement triste, qu’il pleura pendant 40 jours et 40 nuits sans s’arrêter et inonda alors la vallée. Seulement un homme et une femme survécurent et trouvèrent refuge dans une barque. Quand le soleil se mit à briller de nouveau, les deux survivants ont découvert qu’ils étaient au milieu d’un lac très grand où flottaient les cadavres des pumas transformés en pierre. C’est pourquoi ils donnèrent le nom de « lac des pumas de pierre ».

Notre première escale en bateau : les îles flottantes Uros. Celles-ci ont été créées au XIIIème siècle par le peuple du même nom pour échapper aux Incas, la tribu rivale. Le peuple des Uros a complètement disparu au cours des années 1950 et les îles sont désormais habitées par des indiens Aymaras. Les Uros forment un archipel d’une quarantaine d’îles flottantes, artificielles, composées de totora, une sorte de jonc qui pousse abondamment dans le lac. Une couche d’environ 80 cm de totora est nécessaire pour former l’île, cette couche devant être régulièrement renouvelée à cause de la dégradation du jonc au contact de l’eau. Les îles sont amarrées à des poteaux d’eucalyptus au moyen de cordages et de pierres afin qu’elles ne dérivent pas sur le lac. Les habitations et le mobilier sont également fabriqués avec ce roseau.

Deux heures de bateau plus tard, nous arrivons sur l’île d’Amantani, la légende dit que c’est la Perle du lac Titicaca ! En effet, elle brille de mille feux, nous sommes fascinés ! Du haut de ses 9 kilomètres de large, l’île d’Amantani est une petite terre ronde qui émerge avec grâce des eaux du célèbre lac Titicaca. 800 familles, du bétail et des centaines de parcelles agricoles aux teintes variées se partagent l’île. Sur les chemins de pierres, aucun véhicule ne vient perturber la circulation des ânes et des habitants. A peine posé le pied sur l’ile, nous nous élançons sur les chemins de pierre pour réaliser une ascension à 4150 mètres d’altitude. Les paysages sont hallucinants et nous rappellent ceux de l’île de Bréhat en Bretagne. Pas évident de grimper, nous avons le souffle court ! A cette altitude, difficile de respirer correctement. Arrivés au sommet de l’île, le paysage marin nous émerveille, l’émotion est à son comble ! La vue à 360 degrés sur le lac Titicaca est imprenable. Deux temples incas protègent l’île : Pachatata et Pachamama.

Le soir, nous avons tous dormi et mangé chez l’habitant. Ces deniers ne parlaient pas l’Espagnol, ils ont choisi de conserver la langue de leurs ancêtres le Quecha. Nous avons vécu en immersion chez une famille péruvienne, coupés du monde, le temps s’est suspendu. Merci à eux pour ce moment magique et mystique ! Les paysages étaient une ode à la méditation. Mis à part le froid glacial de l’île, tout nous a réchauffé le cœur. Après une nuit propice au rêve, nous sommes repartis sur bateau pour visiter l’ile de Taquile avant de retrouver l’agitation bruyante de Puno déjà en plein carnaval.

« 2 de 2 »

Jusqu’à la frontière avec la Bolivie

Après une bonne nuit de repos à Puno, il est temps de dire aurevoir aux parents de Stéphane qui continuent leur périple péruvien vers Colca, Arequipa et les lignes de Nasca sur la côte. De notre côté, nous restons sur l’altiplano en direction de la frontière bolivienne. Nous longeons le lac Titicaca. Hasta luego Peru.

C’est le tour du monde qui reprend sur les starting blocks !!!!

La suite dans le prochain épisode de la Permaculture Family

N’hésitez pas à laisser vos commentaires,

Saludos

 

La Permaculture Family

#16# PEROU, des Andes à la côte désertique de Piura

#16# PEROU, des Andes à la côte désertique de Piura

Le 21 février 2019

#16# PEROU, des Andes à la côte désertique de Piura

Bienvenido à Peru !!! Nous y entrons par la petite frontière de la cordillère des Andes. Passé le rio Canchis, le bus nous emmène après d’interminables lacets dans la ville de Jaén tout au Nord du Pérou. La ville est en effervescence car c’est le « dia de la amistad » ou « dia del amor » autrement dit la Saint Valentin du 14 février. Une occasion de rappeler que l’Amour est notre force et que notre projet Permaculture Family est un challenge quotidien, un rêve qui vaut la peine d’être vécu ensemble !

Jaén, la capitale du café péruvien

Notre arrivée est marquée par le soleil et la chaleur (25 degrés) que nous avions perdus en Equateur !!  C’est Lénine, l’assistant du responsable commercial de la coopérative Sol y Cafe qui nous accueille avec une gentillesse infinie à la descente du bus. Il va faire de notre séjour à Jaén un pur moment de bonheur.

Jaén est la deuxième ville en termes d’habitants de la région de Cajamarca. Fondée en 1549 par l’Espagnol Diego Palomino, l’origine de la ville remonte entre 1000 et 1500 ans avant J-C où d’importants établissements humains furent localisés dans les vallées des actuelles provinces de Jaén, Bagua y San Ignacio. Jaén se situe à proximité du Marañón, un des composants de l’Amazone.

Un des objectifs pour nous est de réaliser l’interview des différents acteurs de la coopérative. Comme à chaque fois, la rencontre débute par une dégustation du café. L’équipe de Sol y Cafe nous attend. Comme dans toutes les coopératives, les catadors (dégustateurs) diplômés pratiquent l’art de la dégustation depuis plusieurs années. Nous commençons nous aussi à maîtriser les étapes d’une dégustation de café. Pour autant, il n’est pas simple de remplir la fameuse fiche méricaine d’évaluation SCAA. Celle-ci requiert des compétences particulières que Stéphane a acquises grâce à son expérience et son diplôme de catador ! Louis semble suivre le même chemin et réalise l’exercice avec beaucoup d’intérêt et de professionnalisme !

Pour réussir une dégustation du café, il faut respecter plusieurs étapes. Tout d’abord, il faut sélectionner les échantillons de café vert que l’on va déguster en fonction des arrivages. Voici les étapes à suivre…

1- Utilisez un moulin pour réaliser une mouture moyenne et versez le café moulu dans une tasse. Nettoyez le moulin et répétez cette opération pour chaque échantillon.
2- Sentez le café moulu pour évaluer la fragrance de chaque tasse et notez les différences aromatiques entre les cafés. C’est le commencement de la dégustation !
3- Portez de l’eau à ébullition puis versez la à la température de 96°C sur le café moulu en vous assurant qu’il soit totalement imbibé. Laissez le café infuser pendant 6 minutes.
4- Remuez délicatement la surface du café. Ça s’appelle « cassez la croûte » et mélangez doucement le marc flottant pour humer l’odeur.

5- Écumez la mousse et le marc flottant à l’aide de deux cuillères spéciales (pensez à utiliser une cuillère différente pour chaque tasse).

Lorsque le café est à la bonne température, plongez-y délicatement votre cuillère et aspirez le café avec un peu d’air. Cela permettra une meilleure diffusion des arômes. Prenez le temps d’analyser les sensations que les cafés vous évoquent, leur goût, leur texture ainsi que leurs différents arômes.

Pas évident mais l’expérience est unique ! Chaque coopérative visitée en Amérique Latine possède une pièce dédiée à la dégustation et chacune pratique cet art avec beaucoup de noblesse. Ces quelques lignes étaient nécessaires pour remercier ceux et celles qui ont pris le temps de nous initier à la culture du café.

L’après-midi, Stéphane part visiter le laboratoire de biofabrication de Sol y Cafe, lieu de fabrication des engrais biologiques. Nous en avons souvent parlé, ces laboratoires sont présents dans tous les pays visités. La plupart des paysans connaissent et utilisent les biofertilisants qu’ils fabriquent également directement chez eux.  Ils semblent convaincus : « ils n’abîment pas la terre et assurent un rendement de qualité » nous dit-on à chaque fois !

Les biofertilisants sont des préparations solides ou liquides fermentées qui permettront de nourrir le sol et les plantes. Elles sont composées d’éléments nutritifs, de minéraux, de bactéries, de champignons et de levures comme les fameux microorganismes de montagne (MM). En fonction des recettes, la mixture a un rôle de stimulation de croissance, de floraisons, de fructifications et de défenses naturelles des plantes contre les maladies et les ravageurs. Les producteurs de Jaén ont eux aussi intégré ces préparations dans leurs pratiques agricoles de manière permanente.

Lors de notre tour du monde, nous prenons conscience que l’utilisation massive de pesticides et d’engrais chimiques est néfaste. En Amérique Latine, nous découvrons émerveillés le développement de nouvelles stratégies agricoles visant à la préservation de la qualité des sols (agriculture durable) tout en maintenant une haute productivité (éco-intensification).

Ces produits naturels sont utilisés pour une agriculture biologique durable présentant un impact environnemental et sanitaire moindre et préservant la biodiversité naturelle. Nous remercions ici tous ceux qui nous ont fait découvrir une autre façon de cultiver les sols, plus saine et moins agressive permettant aux coopératives d’exporter toujours plus de café !

Piura, fief de la coopérative NORANDINO

Après une nuit de bus en première classe 😉 (pour 2 euros de plus !) depuis Jaén, nous dégringolons la cordillère des Andes pour arriver à Piura sur la côte nord désertique péruvienne. Un grand merci à Javier, le responsable commercial de Sol y Café qui nous hébergera pendant 4 jours chez lui.

Piura est la capitale de la région du même nom située tout au Nord du Pérou à 950 km de la capitale Lima. Le nom de la ville est dérivé du mot quechua pirhua, signifiant abondance. Elle est surnommée ciudad del eterno calor, qui peut être traduit par la « ville de la chaleur permanente ».

Piura, c’est aussi le fief de la grande coopérative NORANDINO dont les origines remontent à la fin des années 90 et qui est aussi le premier partenaire commercial en 2003 de la Scop ETHIQUABLE où travaille Stéphane. NORANDINO représente désormais 6500 producteurs de café, cacao, panela (sucre complet artisanal). Nous avons donc eu l’opportunité de visiter les producteurs et gouter aux produits de ses 3 filières 😊.

Le café des Andes

Comme d’habitude, on commence tous par la traditionnelle dégustation de café avec le maitre dégustateur Rodolfo. Aujourd’hui, 3 échantillons sont déjà sur la table mais un seul correspond au profil aromatique habituel destiné à Ethiquable. C’est un test à l’aveugle pour tous. A la fin de la dégustation, Louis et Stéphane ont réussi le test 😊. Bravo !!!

Nous irons aussi rendre visite à la famille GUERRERO du village de Montero situé à 3h de route de Piura dans la Sierra. Nous aurons la chance de discuter avec Secundo GUERRERO, le fondateur de la coopérative et aussi avec son fils, Hugo, qui torrifie le café de la famille directement au village : un café premium excellent que nous dégusterons sur place 😊. Le secret ? ce sont les microorganismes de montages (MM) comme toujours. Un petit tour à la biofabrique de fertilisants naturels s’impose 😊. Mummm, on en mangerait !

Des fèves de cacao au chocolat

C’est dans le village de Las Lomas que nous rencontrerons l’association des femmes productrices de cacao et même de chocolat. A la fin de la discussion, dégustation des chocolats fins pralinés : un pur délice ! Nous irons aussi visiter Victor qui produit son cacao dans le village de Païmas au milieu des nombreuses rizières de la région.

Retour à Piura dans le laboratoire d’analyse des pâtes de cacao de Norandino : les enfants attendent avec impatience depuis plusieurs jours la dégustation de chocolat !!! L’exercice consiste à différencier le goût des pâtes de cacao en fonction des zones de production !!!! oulalala, pas évident à priori même pour les experts 😊. Mais le plus surprenant dès la première cuillerée de chocolat fût la grimace des enfants et d’Alexa !!! Et oui, la dégustation est réalisée sans sucre !!! Les pâtes de cacao sont en fait des fèves de cacao séchées, torréfiées et écrasées grossièrement. La dégustation sera tout de même un grand succès qui causera un petit mal de ventre à Esteban ! Mais qui sera finalement de courte durée grâce à l’absorption de la mixture de Papa à base de microorganismes de montagne qu’il emporte toujours avec lui depuis le Honduras ! Gracias les MM 😊.

De la canne à sucre à la panela (sucre complet artisanal)

Nous passerons une journée dans le village de Montero où est produit la fameuse panela péruvienne qui n’est autre que le sucre complet artisanal fabriqué par les producteurs de canne à sucre dans des petites unités aux normes pour l’exportation. Bonifacia, productrice de canne à sucre du village de Santa Rosa, nous explique le mode de culture biologique de sa production dans ses parcelles. Lors de la visite de l’unité artisanal, on comprend bien l’importance de la valeur ajoutée pour les habitants du village. Elle nous explique que la production de panela  a changé les mentalités il y a 30 ans car avant cela, la canne à sucre était transformée principalement en alcool qui était consommé trop largement et causait des désagréments à toute la population. Désormais, la panela est la principale source de revenu de ce petit village.

Retour à Piura chez Norandino : nous faisons la visite de l’unité d’emballage de panela avec la souriante Yeny, la responsable de l’usine. Pas si simple de mettre le fameux produit en sachet car il colle à cause de son taux d’humidité à 2,5%, plus élevé que le sucre blanc ! Mais au fait, quel est l’intérêt de la panela par rapport au sucre blanc raffiné ? La panela est un sucre non raffiné, c’est-à-dire qu’on ne lui retire pas la mélasse qui contient 40 fois plus de minéraux et de vitamines que le sucre blanc !!! Nous encourageons donc la consommation de la panela biologique qui est meilleur pour le producteur et pour le consommateur 😊. Dans l’usine, les enfants sont surpris de la différence de couleur entre les différents lots de panela. La visite commence donc par le mélangeur/homogénéisateur pour que la panela ait à peu près la même couleur dans les sachets ! Ensuite, on passe dans la grande salle de mise en sachet de 500g où travaille une 20aine de personnes. Coïncidence, c’est la marque Ethiquable qui est en production aujourd’hui ;-). Louis et Esteban sont impressionnés de voir toute cette chaine d’emballage mais surtout de comprendre que c’est le même sachet que l’on retrouve dans les supermarchés en France !

Plus d’infos sur NORANDINO :

http://www.coopnorandino.com.pe/

http://www.ethiquable.coop/fiche-producteur/norandino-commerce-equitable-perou-cacao-cafe-fruits

http://www.ethiquable.coop/fiche-producteur/norandino-commerce-equitable-perou-sucre-canne

Nous remercions toute l’équipe de Norandino avant de prendre l’avion pour Cusco, une toute autre région du Sud Pérou où d’autres aventures et surprises nous attendent 😉.

La suite dans le prochain épisode de la Permaculture Family

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